Lors de la publication des chiffres du 2e trimestre, le CEO de Telenet, John Porter, avait déclaré : "La question n'est pas de savoir si les actionnaires seront indemnisés, la question est de savoir quand ils le seront". L'Australien avait laissé entendre que le scénario d'un dividende supplémentaire était très plausible. Le communiqué de presse de jeudi dernier, qui suggère qu'il n'y aura pas d'indemnité pour les actionnaires cette année, a donc eu l'effet d'une bombe sur les actionnaires. Il n'y aura donc pas de dividende régulier, pas de réduction de capital et pas de rachat d'actions propres. Telenet pointe du doigt le contexte opérationnel actuel. En fin de compte, Telenet n'a pas failli à un...

Lors de la publication des chiffres du 2e trimestre, le CEO de Telenet, John Porter, avait déclaré : "La question n'est pas de savoir si les actionnaires seront indemnisés, la question est de savoir quand ils le seront". L'Australien avait laissé entendre que le scénario d'un dividende supplémentaire était très plausible. Le communiqué de presse de jeudi dernier, qui suggère qu'il n'y aura pas d'indemnité pour les actionnaires cette année, a donc eu l'effet d'une bombe sur les actionnaires. Il n'y aura donc pas de dividende régulier, pas de réduction de capital et pas de rachat d'actions propres. Telenet pointe du doigt le contexte opérationnel actuel. En fin de compte, Telenet n'a pas failli à une promesse, dans la mesure où il n'avait jamais assuré qu'une indemnisation aurait lieu cette année. Inutile de dire que les investisseurs sont déçus, ce qui explique la correction du cours. Reste à savoir quelle stratégie est à la base de cette décision. Liberty Global détient près de 57% de Telenet et le groupe américain de câblage occupe dès lors une position dominante au sein du conseil d'administration, qui a pris la décision dont elle est donc elle-même la "victime". Telenet doit donc avoir une bonne raison pour conserver les liquidités au sein de l'entreprise. Les cash-flows libres sont estimés cette année à 230 - 240 millions EUR. Ce montant ne constitue cependant pas un plafond pour un versement éventuel, car Telenet a déjà exploité à plusieurs reprises ces dernières années la faiblesse des taux pour financer le versement de dividendes à partir de dettes. Le groupe a encore une latitude suffisante pour le faire, car son taux d'endettement par rapport au cash-flow opérationnel (EBITDA) a même baissé au 2e trimestre de 3,8 à 3,6. Dans le cadre des accords actuels avec ses créanciers, Telenet peut porter ce ratio à 4,5. Le fait que le groupe de câblage ne verse pas les moyens disponibles peut avoir plusieurs motivations. Ainsi Telenet peut-il avoir décidé d'être particulièrement prudent après l'arrivée du service de streaming Netflix et son impact prévisible sur les revenus de la télévision. Le groupe a déjà lancé une contre-offensive avec l'achat d'une participation de 50% dans De Vijver Media, un nouvel accord avec la maison de production HBO et le développement de productions propres. Le mois dernier, Telenet a encore confirmé les prévisions de croissance de l'EBITDA. Netflix peut dès lors être une partie de l'explication, mais pas la seule motivation. Un scénario plus plausible serait que Telenet prépare une acquisition. Mobistar pourrait être une proie possible. Ce n'est d'ailleurs pas la première fois qu'elle est citée, vu la complémentarité des deux groupes. Une telle transaction se justifierait d'autant plus que Telenet n'a pas de réseau mobile et doit louer de la capacité à Mobistar. L'argent que Telenet détient en caisse et sa capacité d'emprunt supplémentaire devraient en principe suffire pour arracher Mobistar à France Telecom. Peut-être que la société mère Liberty maintient consciemment le cours à un faible niveau pour pouvoir lancer une nouvelle offre d'achat à un cours plus bas. ConclusionDans l'attente de l'indemnité promise aux actionnaires, nous avons relevé il y a quelques semaines le conseil à "conserver". La situation a changé, cependant. Sans indemnité supplémentaire, la valorisation tendue pèse évidemment plus lourd. C'est pourquoi nous conseillons pour l'instant de ne pas prendre de nouvelles positions.Conseil: attendreRisque: moyenRating: 2B