Depuis début 2022, les télécommunications surperforment généralement le marché. Malheureusement, ce n'est pas le cas dans notre pays, qui d'une part accueille un nouvel opérateur (Citymesh/Digi), alors que le nombre d'acteurs diminue ailleurs, et notamment aux Pays-Bas, et d'autre part accuse du retard dans le déploiement de la 5G et de la fibre optique, dans lesquelles il va falloir investir massivement. Soucieux de maîtriser leur endettement, les opérateurs font des économies, en premier lieu sur le dividende.
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Depuis début 2022, les télécommunications surperforment généralement le marché. Malheureusement, ce n'est pas le cas dans notre pays, qui d'une part accueille un nouvel opérateur (Citymesh/Digi), alors que le nombre d'acteurs diminue ailleurs, et notamment aux Pays-Bas, et d'autre part accuse du retard dans le déploiement de la 5G et de la fibre optique, dans lesquelles il va falloir investir massivement. Soucieux de maîtriser leur endettement, les opérateurs font des économies, en premier lieu sur le dividende. Après plus de deux années de négociations, Telenet a finalement annoncé, en juillet, la conclusion d'un accord (très complexe) avec l'intercommunale Fluvius pour la construction commune d'un réseau de fibre optique. Concrètement, une nouvelle société sera créée, dont Telenet détiendra 66,8% des parts et Fluvius le solde, avec pour objectif une couverture de 78% de la Flandre, d'ici 2038. Heureusement, Telenet profitera des premières phases avant cette date, avec un taux d'utilisation très élevé dès le départ. En outre, les deux entités apportent leur infrastructure existante de câbles et de fibre optique. Environ un tiers du réseau câblé de Telenet est aujourd'hui loué à Fluvius dans le cadre d'un bail emphytéotique conclu en 1996 et courant jusqu'en 2046. Sa résiliation réduira la dette nette de Telenet de 0,5 milliard d'euros. Au terme du premier semestre, cette dernière s'élevait à 5,2 milliards d'euros. Selon une nouvelle méthode de calcul (excluant les dettes de leasing), le ratio d'endettement (dette nette/résultat d'exploitation ou Ebitda) sera ramené à 3,9, voire 3,5, après la création de la nouvelle société. Les détails seront probablement précisés lors de la Journée des investisseurs, fin septembre. La construction du réseau de fibre optique coûtera 2 milliards d'euros, dont la majeure partie sera engagée d'ici 2030, grâce aux flux de trésorerie générés par la nouvelle entité, à un prêt intragroupe (transfert de 2,4 milliards d'euros de dettes de Telenet) et aux 745 millions d'euros qu'a obtenus Telenet pour la vente récente des tours de transmission à la société d'investissement américaine DigitalBridge. Les liquidités de Telenet s'élèvent à 1,4 milliard d'euros. Autre décision, qui affectera fortement les investisseurs: la réduction prévue du dividende, de 2,75 à 1 euro. Ce montant pourrait être relevé à terme, si la trésorerie le permet. Telenet ou Fluvius pourraient également céder une partie de leur participation dans la nouvelle société à des partenaires, ce qui leur offrirait une marge de manoeuvre supplémentaire. Sur le plan opérationnel, Telenet table toujours sur une croissance de 1% du chiffre d'affaires et de l'Ebitda pour 2022. A 670,6 millions d'euros, l'Ebitda a baissé de 2,5% au premier semestre; l'effet de la hausse des prix de juin (+4,7%) ne se fera sentir qu'au second semestre.L'annonce de la réduction du dividende a poussé de nombreux investisseurs à vendre l'action, qu'ils gardaient principalement pour son rendement élevé, à défaut de croissance. Ils se focalisent désormais sur les charges (gros investissements à venir). Mais tout n'est pas noir: les cash-flows pourraient augmenter plus vite qu'attendu et les mauvaises nouvelles sont déjà largement intégrées dans le cours. A la valorisation actuelle (5 fois l'Ebitda), le rendement est encore intéressant. Dans ce contexte déprimé, un positionnement à contre-courant est toutefois peu judicieux. Nous maintenons donc notre conseil neutre.Conseil: attendre/conserverRisque: moyenRating: 2BCours: 14,78 eurosTicker: TNET BBCode ISIN: BE0003826436Marché: Euronext BruxellesCapit. boursière: 1,7 milliard EURC/B 2021: 5C/B attendu 2022: 6Perf. cours sur 12 mois: -53%Perf. cours depuis le 01/01: -54%Rendement du dividende: 6,8%