Le secteur européen des services pétroliers n'est pas à proprement parler dans les bonnes grâces des analystes depuis quelques mois (lire également notre Stratégie). Les multinationales pétrolières et gazières se montrent plus économes de leurs investissements que par le passé, ce qui comprime le nombre de commandes et érode les marges des fournisseurs de services. Les actionnaires de Technip ont également eu une année difficile. Dans le monde des services pétroliers, le groupe français Technip, avec ses 38.000 salariés, est un acteur déterminant qui possède d'importants atouts. Le premier est l'étendue de son champ d'activités. Technip possède en premier lieu une division Offshore/Onshore. La première a...

Le secteur européen des services pétroliers n'est pas à proprement parler dans les bonnes grâces des analystes depuis quelques mois (lire également notre Stratégie). Les multinationales pétrolières et gazières se montrent plus économes de leurs investissements que par le passé, ce qui comprime le nombre de commandes et érode les marges des fournisseurs de services. Les actionnaires de Technip ont également eu une année difficile. Dans le monde des services pétroliers, le groupe français Technip, avec ses 38.000 salariés, est un acteur déterminant qui possède d'importants atouts. Le premier est l'étendue de son champ d'activités. Technip possède en premier lieu une division Offshore/Onshore. La première activité consiste à installer des plateformes pétrolières en mer, la deuxième concerne surtout le GNL et le gaz de schiste. La division Subsea, de son côté, opère dans le domaine des conduites flexibles. Dans ce domaine, Technip compte parmi ce qui se fait de mieux au monde avec une intégration verticale unique de la conception de conduites flexibles utilisées pour les forages en haute mer. Presque tous les géants gaziers et pétroliers nationaux et internationaux sont d'ailleurs clients du fournisseur français de services pétroliers (Exxon Mobil, Total, BP, Petrobras...). Le deuxième atout de Technip est sa présence mondiale. Le groupe est actif sur tous les continents depuis des décennies. Il a autant d'employés en Asie, où il est présent depuis 1982, qu'en Europe (8900). En Amérique du Nord et du Sud, sa présence remonte aux années 1970 et le groupe est aussi bien représenté (3900 salariés en Amérique du Nord et 4300 en Amérique du Sud). Les résultats annuels 2013 n'ont pas comporté de surprise négative. Le chiffre d'affaires (CA) du groupe, de 9,3 milliards EUR (5,2 milliards pour Offshore/Onshore et 4,1 milliards pour Subsea), était conforme aux prévisions du groupe émises en octobre, tout comme les marges, de respectivement 6,7% pour la première et 14,3% pour la seconde. Cela dit, le cours a pu rattraper une partie de la perte consécutive à une mise en garde sur bénéfice du 4etrimestre 2013. Hélas les chiffres semestriels, publiés pendant les vacances d'été, ont à nouveau décevants, malgré un carnet de commandes record de 19,9 milliards EUR fin juin. La direction a cependant réaffirmé son objectif de marge de bénéfice opérationnel (EBIT) d'au moins 12% pour un CA compris entre 4,6 et 4,9 milliards EUR pour Subsea. Subsea assure environ 45% du CA mais 2/3 du bénéfice car les marges de l'autre division sont nettement inférieures. Pour Offshore/Onshore, les prévisions de CA pour cette année sont comprises entre 5,55 et 5,8 milliards EUR, mais la projection de marge d'EBIT annoncée aux chiffres semestriels a été abaissée, de 6 à 7%, à 5 à 6%. Le bénéfice 2014 se situera, selon les analystes, aux environs de 4,5 EUR par action. Pour 2015, Technip se montre optimiste à l'égard de Subsea, dont il anticipe une hausse des marges vers 15 à 17% et un CA supérieur à 5 milliards EUR. Pour Offshore/Onshore, les prévisions de CA ont cependant été relevées à environ 6 milliards EUR, mais avec des marges stables.ConclusionLe carnet de commandes est bien garni et ne pose donc pas de problème. A 14 fois le bénéfice attendu pour 2014 et 7 fois le rapport EV/EBITDA, l'action est encore relativement bon marché, surtout compte tenu de la croissance attendue du bénéfice en 2015. Nous envisageons une réintégration dans la Sélection et l'action devient candidate au portefeuille.Conseil: digne d'achatRisque: moyenneRating: 1B