Le 26 août dernier, le concurrent américain Monsanto a supprimé l'offre pourtant alléchante de 47 milliards USD ou 470 CHF par action sur Syngenta. La direction du géant suisse des semences et des produits phytosanitaires avait une nouvelle fois fermé la porte aux négociations. Les actionnaires déçus ont ensuite poussé le CEO Mike Mack vers la sortie. Pour autant, la tranquillité n'est pas revenue, et Syngenta fait toujours l'actualité. Monsanto envisage même de lancer une nouvelle offre (la troisième !) sur Syngenta, comme cela a été annoncé par la direction. Une réaction (de panique ?) à l'intérêt porté par des concurrents aux Suisses ?...

Le 26 août dernier, le concurrent américain Monsanto a supprimé l'offre pourtant alléchante de 47 milliards USD ou 470 CHF par action sur Syngenta. La direction du géant suisse des semences et des produits phytosanitaires avait une nouvelle fois fermé la porte aux négociations. Les actionnaires déçus ont ensuite poussé le CEO Mike Mack vers la sortie. Pour autant, la tranquillité n'est pas revenue, et Syngenta fait toujours l'actualité. Monsanto envisage même de lancer une nouvelle offre (la troisième !) sur Syngenta, comme cela a été annoncé par la direction. Une réaction (de panique ?) à l'intérêt porté par des concurrents aux Suisses ? Selon plusieurs sources en effet, China National Chemical Corp, que l'on connaît mieux ici sous le nom de ChemChina, aurait lancé une offre de 41,7 milliards USD ou 449 CHF par action. En mars, ChemChina a fait parler de lui en Europe, lorsqu'il a racheté sa part dans le spécialiste italien des pneumatiques Pirelli à son actionnaire de référence. Cette fois, des négociations seraient en cours qui pourraient déboucher sur un accord dans les prochaines semaines. Pour ChemChina, numéro 7 mondial de son secteur, ce rapprochement poserait moins de problèmes au niveau des autorités de la concurrence. ChemChina a une part de marché mondiale de 5%, contre 19% pour Syngenta et 8% pour Monsanto. Mais les Chinois n'ont pas encore emporté la mise pour autant, même si la croissance du secteur agricole est cruciale pour eux. Apparemment, plusieurs obstacles subsistent. Un autre grand groupe américain, du Pont de Nemours, intégré au top 100 des plus grandes entreprises mondiales, serait lui aussi intéressé. La plus grande acquisition réalisée par du Pont (7,7 milliards USD) en 1999 était précisément Pioneer Hi-Bred, qui appartient aux plus grands du secteur des semences et de la protection phytosanitaire aux côtés de Monsanto et de Syngenta. Après plusieurs années marquées par la faiblesse des prix des matières premières agricoles, les revenus des agriculteurs sont cependant sous pression, en témoignent les résultats de l'importante branche agriculture de du Pont. Récemment, ce constat a d'ailleurs coûté sa place à la CEO Ellen Kullman, qui dirigeait pourtant l'entreprise depuis longtemps. Son successeur Ed Breen semble ne pas se contenter de réduire les coûts. Selon le Wall Street Journal, des négociations seraient en cours entre du Pont et Syngenta au sujet d'une possible fusion de l'entreprise suisse avec la branche agricole de du Pont. Rien n'est fait, mais le récent départ des deux CEO, sous la pression des actionnaires, ouvre une porte sur une discussion au sujet d'une collaboration. Dans le secteur, il semblerait qu'une consolidation soit de plus en plus nécessaire.ConclusionLe cours a bien sûr réagi positivement, pour s'éloigner encore de son plus-bas annuel de septembre. Pour autant, l'euphorie n'est pas de rigueur ; les actionnaires ont déjà nourri d'importants espoirs sur la précédente transaction annoncée, et ont été déçus. Indépendamment d'un possible accord, nous nous félicitons d'avoir récemment relevé notre participation. Nous continuons d'anticiper une hausse de cours dans les prochains mois.Conseil: digne d'achatRisque: faibleRating: 1A