Le plus grand producteur de sucre d'Europe procure à nouveau des satisfactions, contrairement à ce qu'il en était ces dernières années. Suedzucker (Südzucker en allemand) sait depuis longtemps que le prix du sucre connaît des hauts et des bas. Le groupe, depuis toujours contrôlé par une coopération de quelque 30.000cultivateurs de betteraves sucrières, s'est diversifié ces dix dernières années vers le bioéthanol (par le biais de la filiale cotée Crop Energies, l'un des plus grands acteurs en Europe), les préparations à base de fruits (numéro1 mondial), les concentrés de fruits (numéro1 en Europe) et les spécialités (notamment numéro1 en Europe de la p...

Le plus grand producteur de sucre d'Europe procure à nouveau des satisfactions, contrairement à ce qu'il en était ces dernières années. Suedzucker (Südzucker en allemand) sait depuis longtemps que le prix du sucre connaît des hauts et des bas. Le groupe, depuis toujours contrôlé par une coopération de quelque 30.000cultivateurs de betteraves sucrières, s'est diversifié ces dix dernières années vers le bioéthanol (par le biais de la filiale cotée Crop Energies, l'un des plus grands acteurs en Europe), les préparations à base de fruits (numéro1 mondial), les concentrés de fruits (numéro1 en Europe) et les spécialités (notamment numéro1 en Europe de la pizza surgelée). En termes de chiffre d'affaires, la diversification est déjà bien avancée. Au premier trimestre écoulé de l'exercice 2015-2016, 2016-2017 (clos le 31/3), le segment du sucre représentait 43% du chiffre d'affaires du groupe et 20% du bénéfice opérationnel (EBIT). La diversification s'est faite vers des activités à rentabilité (plus) faible et très proches des activités traditionnelles, contrairement à Associated British Foods par exemple, une action qui continue de frôler les sommets grâce à la diversification vers le retail, avec la chaîne de vêtements Primark. Lorsqu'une suroffre de sucre donne lieu à une forte baisse des prix au niveau mondial et qu'on exporte dès lors moins en dehors des quotas, l'impact est encore considérable sur le bénéfice du groupe allemand. Pour autant, le pire semble à présent révolu. Les résultats des trois premiers mois de l'exercice 2016-2017 rendent compte d'un repli du chiffre d'affaires de 1,3% (de 1,63 à 1,61milliard EUR, recul imputable surtout au repli de 17,6% du chiffre d'affaires de Crop Energies), alors que l'EBIT s'est accru de 93% (de 57 à 110millions EUR) car le bénéfice opérationnel s'est redressé dans le segment du sucre de -13 à 22millions EUR. Le turn-around est donc confirmé _ et ce, malgré un léger repli du chiffre d'affaires, de 712 à 694millions EUR (-2,4%)_, grâce notamment au fait que toutes les autres divisions sont parvenues à présenter une croissance supérieure à 10% de leur EBIT. En incluant Crop Energies (+42%; de 14 à 19millions EUR). On note donc une augmentation de la marge d'EBIT au niveau du groupe, de 3,5 à 6,8%, soit près du double. Le bénéfice net par action a totalisé 0,26EUR sur la période, contre encore 0,10EUR à l'exercice dernier. La période des avertissements sur bénéfices est clairement derrière nous. La direction prévoit à présent un EBIT compris entre 250 et 350millions EUR (contre 241millions EUR pour l'exercice écoulé 2015-2016; respectivement une progression de 4%, à 45% par rapport à l'année dernière) pour un objectif de chiffre d'affaires de 6,4 à 6,6milliards EUR (6,4 milliards EUR l'année dernière). Pour le sucre et les fruits surtout, la direction anticipe une amélioration du résultat à l'exercice en cours. Pour les produits spéciaux et les biocarburants, elle tient compte d'un résultat inférieur pour 2016-2017.ConclusionNous ne pouvons que conclure que nous avons sorti trop tôt le titre de notre portefeuille et que nous aurions dû nous en tenir à notre objectif initial de le conserver plusieurs années. À présent, nous attendons un repli.Conseil : conserver/attendreRisque : moyenRating : 2B