Le 22 septembre, la direction du plus grand producteur de sucre d'Europe a surpris agréablement en relevant ses prévisions pour l'exercice courant 2015-2016 (date de clôture : 29/2) après les avoir abaissées à plusieurs reprises au cours des dernières années. L'an dernier encore, p. ex., les actionnaires ont dû encaisser un avertissement sur bénéfice important. Au point que le cours s'est effondré de 20% en une séance, ce qui ne s'était plus produit depuis l'introduction en Bourse de 1998. Le mois dernier cependant, le cours a rebondi de près de 13% après que la fourchette de prévision de chiffre d'affaires (CA) a été relevée de 6 - 6,3 millia...

Le 22 septembre, la direction du plus grand producteur de sucre d'Europe a surpris agréablement en relevant ses prévisions pour l'exercice courant 2015-2016 (date de clôture : 29/2) après les avoir abaissées à plusieurs reprises au cours des dernières années. L'an dernier encore, p. ex., les actionnaires ont dû encaisser un avertissement sur bénéfice important. Au point que le cours s'est effondré de 20% en une séance, ce qui ne s'était plus produit depuis l'introduction en Bourse de 1998. Le mois dernier cependant, le cours a rebondi de près de 13% après que la fourchette de prévision de chiffre d'affaires (CA) a été relevée de 6 - 6,3 milliards EUR à 6,2 - 6,4 milliards EUR (consensus des analystes à 6,35 milliards EUR) et les prévisions de bénéfice opérationnel (EBIT) de 50 - 150 millions EUR à 180 - 230 millions EUR. Ces prévisions ont été confirmées à l'annonce des résultats semestriels la semaine dernière. Les résultats des six premiers mois de l'exercice (période de mars à août) rendent compte d'un repli du CA de 4,3% (de 3,48 à 3,33 milliards EUR), d'un recul de l'EBIT de 8,6% (de 147 à 134 millions EUR) et d'une diminution plus sensible du résultat net de 119 à 85 millions EUR ou -28,4% (0,22 EUR par action). Comme prévu, la cause de la baisse du CA et du bénéfice réside dans le segment Sucre (CA : -10,3% et EBIT : +68% à -13 millions EUR). Cela dit, la direction de l'entreprise a indiqué qu'au 2etrimestre, le repli du CA avait été moins sensible et que l'EBIT s'était stabilisé. Le point d'inflexion semble donc atteint. Cependant, en 2017, la donne est appelée à changer (profondément). Aujourd'hui déjà, l'incidence du marché mondial est bien plus grande depuis que la politique européenne en matière de subsides a subi une profonde restructuration. L'élément essentiel de cette politique est l'élaboration de quotas de sucre. En outre, la Commission européenne décide des importations et exportations en dehors de ces quotas par saison. Le groupe, depuis toujours contrôlé par une coopération de quelque 30.000 cultivateurs de betteraves sucrières, s'est dès lors diversifié ces dix dernières années vers le bioéthanol (via la filiale cotée Crop Energies, l'un des plus grands acteurs en Europe), les préparations à base de fruits (numéro 1 dans le monde), les concentrés de fruits (numéro 1 en Europe) et les spécialités (notamment numéro 1 en Europe de la pizza surgelée). En termes de CA, la diversification est déjà bien avancée. Au 1er semestre écoulé de l'exercice 2015-2016, le segment du sucre représentait 45% du CA du groupe mais la rentabilité des autres activités, à 8,1% de marge d'EBIT, n'est pas élevée. La diversification est dès lors très proche des activités traditionnelles, contrairement à AB Foods par exemple, une action qui continue de frôler les sommets grâce à la diversification vers le retail, avec la chaîne Primark. ConclusionPour nous, il est important de voir de la lumière au bout du tunnel, et donc que le plancher soit atteint pour le prix du sucre et pour le résultat de Suedzucker. El Nino peut contribuer à doper le prix du sucre sur le marché mondial. L'action reste une action de turn-around à potentiel pour les douze prochains mois.Conseil: digne d'achatRisque: moyenRating: 1B