La propagation rapide du Covid-19 avait mis l'action fortement sous pression en mars: elle a retouché ses planchers de fin 2018-début 2019. Depuis, le cours s'est toutefois bien repris. Alors que le prix du sucre semblait avoir atteint un étiage l'année dernière, la pandémie l'a fait chuter encore plus bas en avril; depuis, il a rebondi.
...

La propagation rapide du Covid-19 avait mis l'action fortement sous pression en mars: elle a retouché ses planchers de fin 2018-début 2019. Depuis, le cours s'est toutefois bien repris. Alors que le prix du sucre semblait avoir atteint un étiage l'année dernière, la pandémie l'a fait chuter encore plus bas en avril; depuis, il a rebondi. Sur les six premiers mois de l'exercice, le chiffre d'affaires (CA) de Suedzucker s'est légèrement redressé, passant de 3,314 à 3,349 milliards d'euros (+1%), grâce à une hausse de 2,7% au deuxième trimestre. Le CA s'est stabilisé dans le segment du sucre (de 1,12 à 1,11 milliard d'euros). La hausse du prix moyen a compensé la baisse de la surface cultivée (12% de moins) consécutive au confinement, lequel avait entraîné la fermeture de nombreuses sucreries, ainsi que la récolte légèrement moins bonne que l'année dernière, qu'explique la faiblesse des précipitations de cet été. Avec 23 sucreries et 2 raffineries, Suedzucker reste, de loin, le principal producteur de sucre d'Europe; l'entreprise est contrôlée depuis de nombreuses années par une coopérative de quelque 30.000 producteurs de betteraves (qui détiennent 59% des actions). Depuis 10 ans, elle s'est diversifiée dans le bioéthanol (via sa filiale cotée Crop Energies, l'un des leaders européens du secteur), les préparations et concentrés de fruits (numéro 1 en Europe) et les spécialités (numéro 1 en Europe de la pizza surgelée, notamment). Fait notable, la contribution au CA global de cette dernière branche, dont le CA est passé de 1,192 à 1,262 milliard d'euros, dépasse celle du sucre.Heureusement, la chute des résultats a pu être enrayée. Sur les six premiers mois de l'exercice 2020-2021, le cash-flow opérationnel (Ebitda) du groupe a augmenté de 28%, de 214 à 276 millions d'euros, et le bénéfice opérationnel (Ebit) a même bondi de 66%, de 71 à 118 millions d'euros, malgré une contribution négative du segment du sucre (-56 millions d'euros; -93 millions, sur la même période de l'exercice précédent). Ce recul de l'Ebit dans le segment du sucre a été plus que compensé par les spécialités (où l'Ebit est passé de 87 à 103 millions d'euros) et Crop Energies (Ebit en hausse, de 44 à 51 millions d'euros, malgré la baisse du CA). Les préparations et concentrés de fruits ont connu un sort moins favorable, avec un Ebit en baisse de 36 à 31 millions d'euros malgré un CA en légère hausse (de 596 à 602 millions d'euros). En dépit de la pandémie, la direction table sur une hausse annuelle du CA pour l'exercice courant, à 6,9-7,2 milliards d'euros (pronostic initial: 6,7 milliards). Contre toute attente, elle a en revanche revu à la baisse l'Ebit prévisionnel pour le segment du sucre: il se situera entre -100 et -50 millions d'euros (prévision initiale: entre -40 et +60 millions). Le segment reste dans la tourmente. L'Ebit du groupe reste attendu dans la fourchette de 300 à 400 millions d'euros (116 millions, à l'exercice précédent).Le segment du sucre ne parviendra pas à s'extraire du rouge lors de l'exercice en cours. Cette annonce décevante explique le dévissage de l'action après la publication des semestriels. Elle recèle toujours un beau potentiel d'appréciation à long terme, mais il faut s'attendre à un redressement cahoteux. Comme son cours vient de replonger sous la valeur comptable (14,2 euros par action), nous relevons le conseil, à "acheter". Conseil: acheterRisque: moyenRating: 1BCours: 13,99 eurosTicker: SZU GRCode ISIN: DE0007297004Marché: FrancfortCapit. boursière: 3,06 milliards EURC/B 2019-2020: -C/B attendu 2020-2021: 73Perf. cours sur 12 mois: +12%Perf. cours depuis le 01/01: -14% Rendement du dividende: 1,5%