Ses résultats relatifs au premier trimestre démontrent que même pour le premier producteur de turbines éoliennes au monde, il faut un peu de temps pour digérer le nouveau mécanisme de marché. Son chiffre d'affaires (CA) accuse un recul de 10% et son bénéfice opérationnel a chuté de 40%, soit encore un peu plus que prévu. Outre l'évolution défavorable des cours de change, les mauvais résultats sont surtout imputables à l'augmentation de la pression tarifaire liée à une concurrence intense. La marge opérationnelle s'est ainsi contractée de 11,2 à 7,4%.
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Ses résultats relatifs au premier trimestre démontrent que même pour le premier producteur de turbines éoliennes au monde, il faut un peu de temps pour digérer le nouveau mécanisme de marché. Son chiffre d'affaires (CA) accuse un recul de 10% et son bénéfice opérationnel a chuté de 40%, soit encore un peu plus que prévu. Outre l'évolution défavorable des cours de change, les mauvais résultats sont surtout imputables à l'augmentation de la pression tarifaire liée à une concurrence intense. La marge opérationnelle s'est ainsi contractée de 11,2 à 7,4%. La belle époque où les producteurs pouvaient enregistrer des marges importantes sur de nouveaux projets est définitivement révolue. A présent que l'énergie éolienne a gagné en maturité et n'a plus besoin de subventions, l'industrie attribue les contrats aux enchères. Les grands acteurs comme Vestas et Siemens-Gamesa n'hésitent pas à réduire leurs tarifs pour engranger de nouvelles commandes, notamment parce qu'ils disposent de capacités de production suffisantes pour servir tout le monde. Le prix des éoliennes terrestres a baissé de 1,5 million d'euros au mégawatt (MW) de puissance en 2008 à un peu plus d'un million d'euros/MW aujourd'hui. L'action Vestas a pourtant bien résisté à ces résultats trimestriels décevants. L'augmentation de la pression tarifaire devrait se dissiper lorsque le marché se sera habitué au système d'enchères. Vestas maintient pour cette année une marge de 9 à 11% combinée à une légère hausse du CA, ce qui implique donc une nette amélioration de ses résultats durant la deuxième moitié de l'année. Le 2e semestre est traditionnellement le meilleur pour elle, et on observe effectivement les premiers signes de consolidation des prix des éoliennes. Les marges devraient se stabiliser autour de 10% à compter de l'an prochain. Une fois que l'inquiétude relative aux marges se sera dissipée, le marché pourra prendre acte de la hausse constante des ventes comme source de meilleurs résultats. L'arrivée du secteur à maturité est un processus douloureux à brève échéance, mais une excellente chose à long terme. L'énergie éolienne continuera à gagner en importance dans le mix énergétique dès lors qu'elle est compétitive sans subventions et peut donc jouer un rôle clé dans la lutte contre le réchauffement climatique. L'augmentation de la demande profitera tout particulièrement aux meilleurs du secteur, comme Vestas, qui, grâce à sa taille et son leadership technologique, peut proposer l'offre la plus compétitive. L'évolution du carnet de commandes de Vestas devra en apporter la démonstration au cours des trimestres à venir. Les commandes enregistrées au 1er trimestre étaient en net recul en glissement annuel, mais la valeur du carnet de commandes a atteint le plus haut niveau de l'histoire de l'entreprise, à 9,3 milliards d'euros. Par ailleurs, ces dernières semaines, Vestas a annoncé régulièrement la conclusion de nouveaux contrats. Vestas ne fournit pas seulement des turbines, elle propose également des contrats d'entretien, pour les éoliennes qu'elle ou des tiers produisent. Cette prestation de services ne souffre d'aucune pression sur les marges et contribue de plus en plus aux résultats de Vestas. L'activité a dégagé un bénéfice opérationnel de 98 millions d'euros au 1er trimestre de 2018 et à quelque 27%, la marge s'est révélée plus importante que sur la vente de turbines. Fin mars, Vestas avait conclu pour 12,3 milliards d'euros de contrats d'entretien, assortis d'une échéance moyenne de sept ans. L'entreprise affiche également un excellent bilan. Grâce à sa trésorerie nette de 2,6 milliards d'euros, elle peut distribuer un dividende équivalent à 30% du bénéfice et racheter régulièrement ses actions. A présent que les marges semblent se stabiliser, le marché peut à nouveau se concentrer sur la hausse de la demande, qui sera surtout favorable aux leaders du secteur, et donc à Vestas. Le rapport cours/bénéfice de 16 et la valeur de l'entreprise correspondant à près de sept fois les cash-flows opérationnels rendent la valorisation attrayante compte tenu des jolies perspectives de croissance. Conseil : acheterRisque : moyenRating : 1BCours : euroTicker : VWSCode ISIN : DK0010268606Marché : XetraCapit. boursière : 13,1 milliards EURC/B 2017 : 13C/B attendu 2018 : 14Perf. cours sur 12 mois : -25 %Perf. cours depuis le 01/01 : +1 %Rendement du dividende : 1,9 %