Bekaert doit ses beaux résultats semestriels - ils ont dépassé les attentes - à sa discipline stricte en matière de fixation des prix, à l'accent qu'il met sur les produits à forte valeur ajoutée et à son efficacité opérationnelle. Si son chiffre d'affaires (CA) a augmenté de 24% au cours du semestre, c'est surtout parce que le groupe a relevé ses prix. Il répercute méthodiquement la hausse des coûts sur ses prix finaux. On ne s'étonnera dès lors pas de lire, parfois, que les volumes baissent, ce qui exerce une pression sur la marge bénéficiaire sous-jacente (Ebit sous-jacent/CA), comme cela a été le cas au semestre écoulé. Mais la marge de 9,9% enregistrée est plus qu'honorable et se situe dans la fourchette de 9-11% que Bekaert vise sur l'ensemble du cycle. Le bénéfice...

Bekaert doit ses beaux résultats semestriels - ils ont dépassé les attentes - à sa discipline stricte en matière de fixation des prix, à l'accent qu'il met sur les produits à forte valeur ajoutée et à son efficacité opérationnelle. Si son chiffre d'affaires (CA) a augmenté de 24% au cours du semestre, c'est surtout parce que le groupe a relevé ses prix. Il répercute méthodiquement la hausse des coûts sur ses prix finaux. On ne s'étonnera dès lors pas de lire, parfois, que les volumes baissent, ce qui exerce une pression sur la marge bénéficiaire sous-jacente (Ebit sous-jacent/CA), comme cela a été le cas au semestre écoulé. Mais la marge de 9,9% enregistrée est plus qu'honorable et se situe dans la fourchette de 9-11% que Bekaert vise sur l'ensemble du cycle. Le bénéfice d'exploitation sous-jacent est quant à lui demeuré stable, à 283 millions d'euros. Vu le contexte macroéconomique et géopolitique, la direction continue d'émettre des perspectives prudentes. Pour l'exercice, nous estimons le bénéfice par action à 7 euros au bas mot. Cela implique un ratio cours (actuel)/bénéfice d'environ 5. Autrement dit, le marché sous-estime pour l'heure toujours l'énorme travail qu'a accompli Bekaert ces dernières années afin de pouvoir faire face à la conjoncture actuelle. Et néglige que s'ils sont bons aujourd'hui, ses résultats seront meilleurs encore quand les marchés chinois se porteront mieux.Si l'Ebit sous-jacent est à peine différent de celui du premier semestre de 2021, c'est essentiellement parce que les volumes de vente en Chine et en Amérique latine ont baissé. Les confinements ont pesé sur la demande chinoise. Une reprise, quoique timide, semble s'amorcer. En ne courant pas derrière les volumes, Bekaert a sciemment laissé sa part de marché se faire grignoter. "Nous ne visons pas à remplir nos usines, comme l'ont fait certains de nos concurrents, contraints ensuite d'émettre des avertissements sur leurs bénéfices. Nous préférons le bénéfice au chiffre d'affaires", a déclaré Oswald Schmid, le CEO du groupe, en marge de la présentation des chiffres semestriels. Les turbulences macroéconomiques ont affecté en particulier les volumes et le bénéfice sous-jacent des divisions dédiées au renforcement des pneus en caoutchouc et aux revêtements avancés. Specialty Products, elle, n'a pas à se plaindre: son CA a presque doublé et son Ebit comparable a augmenté de 38%, d'où sa magnifique marge de 18,1%. Avec un Ebit de 74 millions d'euros, sa part dans le résultat du groupe n'est pas négligeable. Elle pourrait même devenir la plus grande division de Bekaert, à long terme. "La croissance qu'elle a enregistrée au premier trimestre n'est pas un phénomène ponctuel. Elle est structurelle grâce à un certain nombre de mégatendances, telles l'électrification et la décarbonisation de l'économie", a précisé le CEO. Bekaert développe en effet des fibres à faible teneur en carbone pour renforcer le béton, des solutions de production d'hydrogène (par électrolyse de l'eau), etc. Le groupe compte donc parmi ses divisions une pépite verte en plein essor.L'action n'a pas échappé à la correction qu'ont subie les marchés ces derniers mois, mais cette baisse offre à l'investisseur une toute belle opportunité de l'acquérir. Bekaert se défendant très bien dans un climat agité, la croissance promet d'être au rendez-vous lorsque les marchés finaux en Chine se redresseront. Au cours actuel de l'action, les investisseurs ne paient que 5 fois le bénéfice et 4 fois le cash-flow opérationnel. C'est très peu pour une entreprise dont les fondamentaux sont sains. Nous maintenons notre recommandation d'achat. Conseil: acheterRisque: moyenRating: 1BCours: 35 eurosTicker: BEK BBCode ISIN: BE0974258874Marché: Euronext BruxellesCapit. boursière: 2,06 milliards EURC/B 2021: 6C/B attendu 2022: 5Perf. cours sur 12 mois: -11%Perf. cours depuis le 01/01 : -12 %Rendement du dividende: 4,2%