L'an dernier, le leader de marché néerlandais du segment de l'équipement de production pour le secteur des semi-conducteurs a réalisé un chiffre d'affaires de 6,79 milliards d'euros, soit 8% de plus qu'il y a un an. Le bénéfice net, à 1,47 milliard d'euros, est aussi en hausse, de 6%. 2016 fut dès lors la sixième année consécutive de record. Les chiffres du quatrième trimestre sont également supérieurs aux prévisions, tant en matière de chiffre d'affaires que de bénéfice. La technologie EUV (à base d'ultraviolets extrêmes) est cruciale pour la croissance future d'ASML. Les technologies de production actuelles atteignent leurs limites pour rendre les semi-conducteurs pour ordinateurs, smartphones, tablettes et voitures autonomes encore plus petits, plus préci...

L'an dernier, le leader de marché néerlandais du segment de l'équipement de production pour le secteur des semi-conducteurs a réalisé un chiffre d'affaires de 6,79 milliards d'euros, soit 8% de plus qu'il y a un an. Le bénéfice net, à 1,47 milliard d'euros, est aussi en hausse, de 6%. 2016 fut dès lors la sixième année consécutive de record. Les chiffres du quatrième trimestre sont également supérieurs aux prévisions, tant en matière de chiffre d'affaires que de bénéfice. La technologie EUV (à base d'ultraviolets extrêmes) est cruciale pour la croissance future d'ASML. Les technologies de production actuelles atteignent leurs limites pour rendre les semi-conducteurs pour ordinateurs, smartphones, tablettes et voitures autonomes encore plus petits, plus précis et plus performants. Anticipant cette limite technologique, le groupe avait déjà commencé, autour du changement de siècle, à développer l'EUV. La conception et l'amélioration de la technologie ont duré près de deux décennies et exigé de nombreux milliards d'investissements en recherche. Ces coûts n'ont pas seulement été portés par ASML mais aussi par d'importants clients comme Intel. Les grands clients d'ASML veulent commencer la production de masse de machines EUV d'ici fin 2018, voire début 2019. Au rythme de production actuel, 18 mois s'écoulent environ entre une commande et sa livraison. Au quatrième trimestre, ASML a reçu des commandes pour 1,6 milliard d'euros, dont 6 machines EUV qui coûtent un peu plus de 100 millions d'euros pièce. La valeur totale du carnet de commandes s'élevait à la fin de l'an dernier à 3,96 milliards d'euros et incluait 18 machines EUV. ASML peut actuellement construire 12 machines par an, et est déjà à sa pleine capacité pour cette année et une partie de l'an prochain. Son objectif est d'accroître la cadence de production à 24 l'an prochain et 40 en 2019. L'an dernier, ASML a acheté le groupe taïwanais Hermes Microvision pour 2,75 milliards d'euros. Celui-ci est spécialisé dans les instruments de mesure avancés qui accroissent la performance du processus de production de l'EUV. Au printemps, ASML prendra une participation de 25% dans son fournisseur de lentilles Carl Zeiss SMT. La livraison de lentilles est encore un goulet d'étranglement actuellement dans la production de machines EUV. La participation coûtera à ASML 1,75 milliard d'euros. Les prévisions de chiffre d'affaires pour le trimestre courant, à 1,8 milliard d'euros, sont légèrement supérieures aux attentes. À l'horizon 2020, ASML table sur un chiffre d'affaires de 11 milliards d'euros. Précédemment, il parlait de 10 milliards d'euros. Le directeur Peter Wennink affirme que d'ici là, un bénéfice de 9 euros par action serait possible. ASML a relevé son dividende de 1,05 à 1,2 euro par action. En 2016, l'entreprise a versé pour 446 millions d'euros de dividendes. Mi-2016, elle avait interrompu le rachat d'actions propres du fait de l'acquisition de Hermes Microvision et compte bien reprendre l'opération, mais aucune date n'a été communiquée. À la fin de l'an dernier, ASML avait 4,06 milliards d'euros en caisse.ConclusionLe succès commercial de l'EUV est réel désormais, et ASML est salué en Bourse pour cette évolution. L'action semble très chère, mais c'est toujours le cas des entreprises qui affichent une telle croissance. Sur la base du bénéfice attendu pour 2020, cette valorisation semble déjà plus intéressante. Nous pensons qu'à court terme, les bonnes nouvelles sont déjà intégrées dans le cours, et conseillons dès lors d'attendre une fenêtre d'entrée plus favorable.Conseil : conserverRisque : faibleRating : 2ADevise : EURMarché : Euronext AmsterdamCapitalisation boursière : 50,1 milliards EURC/B 2016 : 33C/B attendu 2017 : 28Perf. cours sur 12 mois : + 38 %Perf. cours depuis le 01/01 : + 6,5 %Rendement du dividende : 1,1 %