En octobre, le groupe de plantations anversois a vu son cours rebondir après l'offre de rachat du producteur malais d'huile de palme Sime Darby à hauteur de 1,74 milliard USD sur son pair New Britain Palm Oil (NBPO). Cette offre valorise les plantations de NBPO à 25.000 USD par hectare mature (ha), à comparer à 12.000 USD par ha sur la base de la capitalisation boursière de Sipef. Narurellement, les deux entreprises ne sont pas en tout point comparables - Sipef a également des plantations de caoutchouc, de thé et de bananes, tandis que NBPO gère deux raffineries et est actif dans le sucre et la viande bovine, mais ceci indique que la valeur intrinsèque de Sipef est supérieure à la capitalisation boursière. Les prix de reprise élevé...

En octobre, le groupe de plantations anversois a vu son cours rebondir après l'offre de rachat du producteur malais d'huile de palme Sime Darby à hauteur de 1,74 milliard USD sur son pair New Britain Palm Oil (NBPO). Cette offre valorise les plantations de NBPO à 25.000 USD par hectare mature (ha), à comparer à 12.000 USD par ha sur la base de la capitalisation boursière de Sipef. Narurellement, les deux entreprises ne sont pas en tout point comparables - Sipef a également des plantations de caoutchouc, de thé et de bananes, tandis que NBPO gère deux raffineries et est actif dans le sucre et la viande bovine, mais ceci indique que la valeur intrinsèque de Sipef est supérieure à la capitalisation boursière. Les prix de reprise élevés (souvent entre 15.000 et 20.000 USD par ha) sont une conséquence de la rareté accrue des terrains en Malaisie et en Indonésie. La croissance rapide n'est dès lors plus possible que moyennant des acquisitions. Le parcours d'expansion classique consistant à acquérir des terrains, obtenir les licences nécessaires, convenir de compensations avec des agriculteurs locaux, planter jusqu'aux récoltes, s'étale sur au moins cinq ans. De cette manière, Sipef est parvenu ces dernières années à étendre sa superficie de 1000 à 2000 ha annuellement, pour une superficie totale, fin 2013, de 54.531 ha. En 2014, 1600 ha seront plantés : 1000 ha en Indonésie et 600 ha en Papouasie-Nouvelle-Guinée. La flambée de cours fut cependant brève, car très rapidement, l'attention s'est recentrée sur la baisse du prix de l'huile de palme. Celui-ci s'élevait encore début 2014 à 900 USD la tonne, mais après un sommet en mars à 992 USD la tonne, le repli s'est amorcé, pour atteindre un plancher (temporaire ?) à 677 USD la tonne fin août (son plus faible niveau depuis 2009). Le repli s'explique par les récoltes record d'huile de palme et d'huile de soja, le produit de substitution et une demande inférieure aux prévisions en provenance d'Inde, de Chine et de l'industrie biodiesel (Indonésie). En octobre, on notera le redressement à 755 USD la tonne, grâce à la production inférieure aux prévisions d'huile de palme en septembre et en octobre, et à la levée temporaire de l'interdiction d'exportation de l'huile de palme en Malaisie (entretemps prolongée à fin décembre) et en Indonésie. Dix pour cent de l'huile de palme est cependant destinée au biodiesel et le récent repli sensible du cours du pétrole a une nouvelle fois tiré le prix à la baisse, à son niveau actuel de 690 USD la tonne. Sipef vend toujours une partie importante de sa récolte à l'avance. L'entreprise anticipait toutefois une hausse de prix à l'automne et pour 2015, il n'a pas encore vendu beaucoup de sa production. La récente baisse constitue dès lors un problème, car à 100 USD la tonne, le bénéfice net faiblit de 12,5 millions USD. Le bénéfice net récurrent s'est élevé en 2013 à 46,6 millions USD. Cette année, la stratégie de vente du groupe a encore joué en sa faveur, étant donné qu'après 9 mois, 89% de la production totale de 2014 était vendue à un prix moyen de 944 USD la tonne, ou, par tonne, 34 USD de plus que l'an dernier. En tenant compte de la production accrue (+9,3% après 9 mois), Sipef anticipe un bénéfice plus élevé qu'en 2013. Les prix du caoutchouc semblent pour leur part s'affranchir progressivement de leur plancher.ConclusionA un peu plus que sa valeur comptable et 12 fois une estimation prudente du bénéfice récurrent 2015, nous estimons que l'action présente une valorisation intéressante dans une perspective de long terme. A court terme cependant, on ignore si le niveau de soutien depuis 2010, à 50 EUR, se maintiendra.Conseil: digne d'achatRisque: moyenRating: 1B