Ces dernières semaines, les actionnaires du groupe de plantations anversois n'ont pas été particulièrement à la fête. Son cours a reculé de près de 20% depuis début juillet, soit autant que le cours de l'huile de palme sur la même période. En début d'année, le cours de l'huile de palme s'élevait encore à 900 USD la tonne, et il avait même atteint 992 USD en mars. Depuis lors pourtant, sa tendance est baissière, et son plancher (temporaire ?) a été atteint à 677 USD la tonne fin août, son plus faible niveau depuis 2009. Les causes de la baisse se situent dans les récoltes record d'huile de palme et d'huile de soja, produit de substitution d'une part, et dans une demande inférieure aux prévisions en pro...

Ces dernières semaines, les actionnaires du groupe de plantations anversois n'ont pas été particulièrement à la fête. Son cours a reculé de près de 20% depuis début juillet, soit autant que le cours de l'huile de palme sur la même période. En début d'année, le cours de l'huile de palme s'élevait encore à 900 USD la tonne, et il avait même atteint 992 USD en mars. Depuis lors pourtant, sa tendance est baissière, et son plancher (temporaire ?) a été atteint à 677 USD la tonne fin août, son plus faible niveau depuis 2009. Les causes de la baisse se situent dans les récoltes record d'huile de palme et d'huile de soja, produit de substitution d'une part, et dans une demande inférieure aux prévisions en provenance d'Inde, de Chine et de l'industrie du biodiesel (Indonésie) d'autre part. Depuis début septembre, le prix se stabilise autour de 700 USD. Le risque de baisse semble cependant limité à partir du niveau actuel. Notons cependant que l'Inde a importé en août une quantité record de 1,34 million de tonnes d'huile de palme et que l'Indonésie a supprimé temporairement la taxe à l'exportation de l'huile de palme. Sipef a entre-temps réalisé un 1er semestre très correct : son chiffre d'affaires (CA) s'est accru de 5,5%, à 157,7 millions USD. La production d'huile de palme s'est accrue de 8,95%, à 131.415 tonnes, grâce à l'augmentation de la production propre de 11,5%, à 106.408 tonnes. Le rachat aux tiers, pour 25.007 tonnes, a reculé de 0,6%. Une amélioration des conditions climatologiques et une superficie de plantations matures accrue - 44.684 hectares (ha) fin 2013 contre 42.200 ha fin 2012; +5,9% - en sont à l'origine. Qui plus est, le prix moyen du marché pour l'huile de palme était 5,5% plus élevé au 1er semestre par rapport à l'an dernier : 899 USD contre 852 USD la tonne (857 USD la tonne sur base annuelle en 2013). La production de caoutchouc, la deuxième plante plus importante pour Sipef, a augmenté de 5,1%. Le prix du caoutchouc est cependant encore sous pression en raison de stocks trop importants et du manque d'intérêt à l'achat, conséquence de signaux contradictoires en provenance de Chine. Au 1er semestre, le prix moyen a atteint 2187 USD la tonne, contre 3030 USD l'an dernier et 2795 USD sur base annuelle en 2013. Les coûts de production n'ont pas bougé malgré l'accroissement des volumes, grâce à une forte dévaluation des devises locales dans les pays de production : -20% en Indonésie et -20,4% en Papouasie-Nouvelle-Guinée. En conséquence, le bénéfice brut s'est accru de 22,4% et le bénéfice net - sans considérer la revalorisation des actifs biologiques - a même augmenté de 67,4% grâce à l'amélioration du résultat financier, à 29,8 millions USD. Le résultat net par action s'est hissé de 2,31 USD à 3,67 USD (+58,9%). Sipef a déjà vendu 79% de la production attendue d'huile de palme de 2014 à une moyenne de 976 USD la tonne. Le prix plus faible de l'huile de palme, si ce facteur n'évolue pas, pèsera donc surtout sur les résultats à partir de l'an prochain. Sipef a l'objectif ambitieux de passer de 55.000 à 100.000 hectares de plantations d'ici à 2020. ConclusionL'action a faibli vers son niveau de soutien (50 EUR) des dernières années. A court terme, il n'y a pas encore d'urgence, mais à 1,1 fois la valeur comptable, 10,8 fois le bénéfice escompté pour 2014 et une valeur d'entreprise (EV) de 8,1 fois le cash-flow opérationnel récurrent (REBITDA), nous entrevoyons de belles perspectives à plus long terme. Nous relevons donc le conseil.Conseil: digne d'achatRisque: moyenRating: 1B