Sans surprise, les résultats du 3e trimestre du groupe agro-industriel anversois Sipef ont montré une nouvelle fois que 2019 serait un cru abominable, avec une perte pour la première fois en 15 ans, pour deux grandes raisons. Tout d'abord, la production d'huile de palme à partir des plantations lui appartenant a déçu - alors qu'elle avait augmenté en moyenne de 5% chaque année depuis 10 ans grâce à l'extension de la superficie plantée (de 46.630 hectares fin 2008 à 71.722 hectares fin 2018) et que l'objectif pour la décennie à venir avait aussi été fixé à 4-5%, pour 100.000 hectares plantés. Or, Sipef est resté largement en deçà cette année.
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Sans surprise, les résultats du 3e trimestre du groupe agro-industriel anversois Sipef ont montré une nouvelle fois que 2019 serait un cru abominable, avec une perte pour la première fois en 15 ans, pour deux grandes raisons. Tout d'abord, la production d'huile de palme à partir des plantations lui appartenant a déçu - alors qu'elle avait augmenté en moyenne de 5% chaque année depuis 10 ans grâce à l'extension de la superficie plantée (de 46.630 hectares fin 2008 à 71.722 hectares fin 2018) et que l'objectif pour la décennie à venir avait aussi été fixé à 4-5%, pour 100.000 hectares plantés. Or, Sipef est resté largement en deçà cette année. En Indonésie, le principal pays de production (58.035 hectares de palmiers fin 2018), un printemps extrêmement humide a entraîné une baisse inattendue de la production de 3,8%, à 92.955 tonnes, entre janvier et juin. Le 3e trimestre n'a pas apporté l'amélioration escomptée (cette fois en raison d'une sécheresse exceptionnelle): la hausse de 3,3% a seulement permis de ramener le retard à 1,2%. En outre, après plusieurs années de production abondante, les palmiers ont connu une baisse de rendement. La croissance devrait reprendre l'an prochain.La situation en Papouasie-Nouvelle-Guinée (PNG) est encore plus problématique. En raison des pluies abondantes, la production avait déjà baissé de 12,7%, à 60.741 tonnes, au 1er semestre. Mais la triple éruption du volcan Ulawun a plombé le 3e trimestre. Environ 6.500 hectares (45% de la superficie plantée en PNG) ont été touchés; la production sera limitée pendant trois ans sur près de 5.000 hectares, un bilan plus lourd qu'estimé. La production a diminué de 48,6%, à 17.161 tonnes, au 3e trimestre. Après neuf mois, le repli s'établit à 24,4% et en base annuelle, Sipef table désormais sur une baisse de 30% (-19% attendus à la fin du 1er semestre). Au niveau du groupe, la baisse de la production entre janvier et fin septembre atteint 10,4%, à 234.505 tonnes. Un recul similaire est attendu pour l'exercice - alors que la direction tablait initialement sur une croissance de 8% par rapport aux 351.757 tonnes produites en 2018. Le deuxième facteur déterminant pour les résultats de Sipef est le prix de l'huile de palme. Sipef a pour l'instant vendu 88% de la production annuelle attendue à 571 dollars la tonne, contre 78% vendus à 694 dollars la tonne à la même période en 2018. Compte tenu de la fonte des réserves mondiales, de la guerre commerciale sino-américaine et d'une demande toujours soutenue en Chine, en Inde et dans l'industrie du biodiesel (Indonésie, Brésil et Etats-Unis), Sipef table sur une hausse du prix de l'huile au cours des mois à venir. La production mondiale ne devrait que légèrement augmenter en 2020, notamment parce que, en raison de la faiblesse des cours de l'huile de palme, les plantations sont moins fertilisées. Pour le 2e semestre, Sipef prévoit un résultat récurrent comparable au premier, soit une perte nette de 5,2 millions de dollars. Sipef ne distribuera donc pas de dividende en 2020. Fin 2019, sa dette nette atteindra au moins 150 millions de dollars, ou quelque 25% des fonds propres. L'extension de Musi Rawas et Dendymarker se poursuit, mais un redressement des cours à plus de 600 dollars la tonne est indispensable en 2020 pour que l'entreprise puisse maintenir le rythme d'investissement actuel. Elle devra sinon vendre des actifs non essentiels (plantations de thé, de bananes). L'action Sipef s'est quelque peu redressée après le décrochage de l'été. Le niveau de cours actuel correspond à environ 8.000 dollars par hectare planté, ce qui est très attrayant. Nous confirmons notre recommandation d'achat. Conseil: acheterRisque: moyenRating: 1BCours: 43 eurosTicker: SIP BBCode ISIN: BE0003898187 Marché: Euronext BruxellesCapit. boursière: 455 millions EURC/B 2018: 16C/B attendu 2019: -Perf. cours sur 12 mois: -17%Perf. cours depuis le 01/01: -12%Rendement du dividende: 1,4%