Le groupe agroalimentaire anversois vit une période agitée. Au 1er trimestre, la production d'huile de palme s'est tassée de 5,7% en glissement annuel, à 73.692 tonnes. Sipef tablait sur une croissance de 8% en base annuelle, à 380.000 tonnes environ (351.757 tonnes en 2018) mais dès avril (-11,8% en un an, à 25.398 tonnes), il fut clair que le 2e trimestre serait décevant lui aussi. La production d'huile de palme des plantations propres a reculé de 7,6%, à 65.868 tonnes (-7,1% en six mois). La baisse de la production issue des fruits achetés auprès de tiers s'établit à 15,4%, à 14.136 tonnes, après trois mois, et à 9,8% après six. Au niveau du groupe, le 2e trimestre a été marqué par un recul de 9,1%, à 80.004 tonnes, soit une baisse de 7,5% (153.696 tonnes) pour le semestre. En caus...

Le groupe agroalimentaire anversois vit une période agitée. Au 1er trimestre, la production d'huile de palme s'est tassée de 5,7% en glissement annuel, à 73.692 tonnes. Sipef tablait sur une croissance de 8% en base annuelle, à 380.000 tonnes environ (351.757 tonnes en 2018) mais dès avril (-11,8% en un an, à 25.398 tonnes), il fut clair que le 2e trimestre serait décevant lui aussi. La production d'huile de palme des plantations propres a reculé de 7,6%, à 65.868 tonnes (-7,1% en six mois). La baisse de la production issue des fruits achetés auprès de tiers s'établit à 15,4%, à 14.136 tonnes, après trois mois, et à 9,8% après six. Au niveau du groupe, le 2e trimestre a été marqué par un recul de 9,1%, à 80.004 tonnes, soit une baisse de 7,5% (153.696 tonnes) pour le semestre. En cause: le mauvais temps et la fructification décevante en Indonésie, après une année 2018 exceptionnelle, et les pluies diluviennes en Papouasie-Nouvelle-Guinée (-13,7%, à 37.069 tonnes), à quoi s'est ajoutée la double éruption du Mount Ulawun. Cette première éruption sérieuse en 50 ans a endommagé 3.000 hectares au moins, sur une superficie plantée de 13.700 hectares. Les palmiers n'auront sans doute pas à être remplacés, mais il leur faudra deux ans pour retrouver un niveau de production normal. Ces 3.000 hectares correspondent à quelque 5% de la part pleinement productive de la superficie dont dispose Sipef. Tout cela devrait amputer cette année de 14 millions de dollars le bénéfice avant impôts du groupe. La production annuelle prévisionnelle a été abaissée de 19% par rapport à 2018. En Indonésie, un 2e semestre que l'on espère meilleur devrait déboucher sur une légère croissance de la production par rapport à 2018. Le redressement du cours de l'huile de palme, résultat des récoltes records et des stocks élevés des principales huiles naturelles ainsi que du bras-de-fer sino-américain, reste lent.Le prix moyen de l'huile de palme s'est établi à 528 dollars la tonne au 1er semestre, contre 663 l'an dernier. Le chiffre d'affaires consolidé a cédé 19,2%, de 140 à 113,2 millions de dollars. Le bénéfice brut a chuté de 69,2%, à 14,3 millions. Sipef essuie une perte nette de 5,2 millions de dollars, contre un bénéfice net de 24,8 millions l'an dernier. Il table sur un résultat comparable au 2e semestre; conformément à sa politique, il ne devrait donc pas distribuer de dividende l'an prochain. La priorité reste d'étendre la superficie à 100.000 hectares, grâce au développement de Musi Rawas et de Dendy Marker. L'endettement net s'est alourdi de 14 millions de dollars, à 135 millions, au 1er semestre, et pourrait atteindre 150 millions en fin d'année. Le groupe mise pour 2020 sur un redressement du cours de l'huile de palme à plus de 600 dollars la tonne, un chiffre nécessaire au maintien du rythme d'investissement sans accroître l'endettement. Au besoin, les investissements seront allégés; la vente d'actifs non essentiels (thé, bananes) est envisageable également.L'action est tombée sous 36 euros, son plus bas niveau depuis 2010. Les quelques rachats réalisés par l'actionnaire de référence Ackermans & van Haaren lui ont permis d'amorcer un léger redressement récemment. Au cours actuel de 40 euros environ correspond un prix de 7.300 dollars l'hectare planté, alors que le prix d'achat "neuf" (installations de transformation incluses) se négocie entre 10.000 et 12.000 dollars. Soit un cours de 60-70 euros pour Sipef. Compte tenu des perspectives, qui restent très positives, pour l'huile de palme, nous considérons le creux actuel comme temporaire. Il y a deux ans, nous avions vendu des actions aux alentours de 63 euros; nous passons à présent un ordre d'achat (1B). Conseil: acheterRisque: moyenRating: 1BCours: 39,6 eurosTicker: SIP BBCode ISIN: BE0003898187 Marché: Euronext BruxellesCapit. boursière: 419 millions EURC/B 2018: 15C/B attendu 2019: -Perf. cours sur 12 mois: -28%Perf. cours depuis le 01/01: -18%Rendement du dividende: 1,3%