En raison du recul inattendu du cours de l'huile de palme ces derniers mois, les titres des sociétés productrices sont à la peine. La tonne d'huile de palme valait en moyenne 715 dollars en 2017, puis légèrement moins, 680 dollars, au premier trimestre de 2018, un cours qui intégrait les bonnes perspectives de production tant pour l'huile de palme que pour le soja. Mais en mars, l'Inde a imposé une taxe de 100 dollars la tonne sur les importations et ensuite le marché a pris ombrage des tensions commerciales entre les Etats-Unis et la Chine. Les droits d'importation sur le soja américain annoncés par Pékin ont donné lieu à des expéditions massives vers la Chine, qui ont plombé le cours du soja, puis celui de l'huile de palme, retombé à 528 dollars ...

En raison du recul inattendu du cours de l'huile de palme ces derniers mois, les titres des sociétés productrices sont à la peine. La tonne d'huile de palme valait en moyenne 715 dollars en 2017, puis légèrement moins, 680 dollars, au premier trimestre de 2018, un cours qui intégrait les bonnes perspectives de production tant pour l'huile de palme que pour le soja. Mais en mars, l'Inde a imposé une taxe de 100 dollars la tonne sur les importations et ensuite le marché a pris ombrage des tensions commerciales entre les Etats-Unis et la Chine. Les droits d'importation sur le soja américain annoncés par Pékin ont donné lieu à des expéditions massives vers la Chine, qui ont plombé le cours du soja, puis celui de l'huile de palme, retombé à 528 dollars la tonne. La baisse du cours de l'huile de palme ne nous semble toutefois pas structurelle. Les composantes structurelles de la croissance à long terme sont intactes: une hausse de la demande, liée à la croissance démographique mondiale et à l'essor de la classe moyenne, et une croissance limitée de l'offre en raison de la pénurie des terres agricoles. Le recul du cours de l'huile de palme affecte aussi le groupe de plantation anversois Sipef, dont l'action a perdu 17% depuis fin 2017 et 24% par rapport au sommet de 70 dollars atteint en juin 2017, après la double acquisition de la participation de MP Evans et de PT Dendy Marker dans Agro Muko. La croissance de la production issue des plantations du groupe s'élevait à 3,5% (66.509 tonnes) au premier trimestre, puis s'est accélérée à 6,7% sur le semestre (137.812 tonnes). Pour l'intégralité de l'exercice, Sipef table toujours sur une hausse de 9% en glissement annuel. Si l'on inclut la production provenant de fruits qu'il a achetés à des tiers, la croissance semestrielle s'établit à 2,9%, à 166.202 tonnes, dont +9,1% au deuxième trimestre (88.017 tonnes), un excellent résultat qui s'explique surtout par l'amélioration de la situation en Papouasie-Nouvelle-Guinée. Compte tenu de la baisse du cours moyen de l'huile de palme, de 734 à 662 dollars la tonne, le chiffre d'affaires (CA) provenant de l'huile de palme a reculé de 8,4% et le CA du groupe, de 10,9%, à 140 millions de dollars. Le bénéfice brut provenant de l'huile de palme est passé de 51,7 à 44,8 millions de dollars (-13,4%), alors que le recul au niveau du groupe atteignait 18,9%, à 46,6 millions, du fait d'une contribution négative du caoutchouc (-0,44 million). Le bénéfice net récurrent a chuté de 34,3 à 18,6 millions de dollars (-45,7%). Sipef a finalisé en juin la cession de sa participation de 50% dans BDM-ASCO, avec une plus-value de 7,38 millions de dollars. Fin août, le groupe avait vendu 66% de la production annuelle attendue à 715 dollars la tonne (contre 74% à 760 dollars un an plus tôt). Ses projets d'expansion se poursuivent. Il vise les 86.900 hectares de superficie cultivable pour 2022 (72.290 hectares fin juin), puis au minimum 100.000 hectares, à l'aide d'acquisitions. 2018 ne sera pas un millésime exceptionnel pour Sipef, mais la valeur de ses plantations continue à augmenter. La valorisation est retombée à une fois la valeur comptable et à moins de 10.000 dollars par hectare planté. Les récentes transactions dans le secteur se sont systématiquement opérées à des prix nettement supérieurs (jusqu'à 18.000 dollars l'hectare). Nous prévoyons peu d'amélioration à court terme, mais la faiblesse du cours constitue une bonne fenêtre d'entrée pour l'investisseur à long terme. Conseil : acheterRisque : moyenRating : 1BCours : 53,20 eurosTicker : SIP BBCode ISIN : BE0003898187 Marché : Euronext BruxellesCapit. boursière : 617,8 millions EURC/B 2017 : 11C/B attendu 2018 : 14Perf. cours sur 12 mois : -14 %Perf. cours depuis le 01/01 : -17 %Rendement du dividende : 3 %