A 4,7 milliards d'euros, contre 3,6 milliards pour la même période de l'année précédente, le résultat net était loin d'être mauvais - mais les analystes tablaient sur six milliards d'euros. L'écart s'explique par les effets de change et la baisse des marges de raffinage. Si le prix moyen de vente d'un baril de brut a augmenté de 45% par rapport au deuxième trimestre de 2017, les volumes ont en revanche diminué.
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A 4,7 milliards d'euros, contre 3,6 milliards pour la même période de l'année précédente, le résultat net était loin d'être mauvais - mais les analystes tablaient sur six milliards d'euros. L'écart s'explique par les effets de change et la baisse des marges de raffinage. Si le prix moyen de vente d'un baril de brut a augmenté de 45% par rapport au deuxième trimestre de 2017, les volumes ont en revanche diminué. Depuis 2016, le groupe a cédé 27 milliards d'euros d'actifs pour réduire son endettement, et approche de son objectif de désinvestissement, fixé à 30 milliards d'euros. La production a diminué de 7% sur un an, à 3,4 millions de barils par jour, mais va de nouveau augmenter au fil de la mise en production de nouveaux gisements. Entre 2018 et 2020, Royal Dutch Shell va lancer pas moins de 25 nouveaux projets. Le géant du secteur énergétique a dégagé une trésorerie disponible de 9,5 milliards d'euros, ce qui porte le montant total, sur le premier semestre de l'exercice courant, à 14,7 milliards d'euros - soit le même niveau que lorsqu'un baril de brut coûtait 100 dollars. Pour la période 2019-2021, Shell vise une trésorerie d'environ 30 à 35 milliards d'euros chaque année, sur la base d'un baril à 60 dollars, une estimation qui nous semble prudente. En termes de branches, l'amont (exploration et production) s'est distingué, avec un bénéfice en hausse de 300 millions, à 1,5 milliard d'euros, grâce à l'appréciation des cours du pétrole. Le renchérissement du cours du brut a en revanche pesé sur l'aval (raffinage et chimie), dont le bénéfice s'est effrité de 34%, à 1,7 milliard d'euros, plombé par la baisse des marges de raffinage et la hausse des coûts de maintenance des installations. Le bénéfice de la division gaz a pour sa part presque doublé, à 2,4 milliards d'euros. La hausse des coûts y a été compensée par l'augmentation des volumes de gaz naturel liquéfié (GNL). La hausse des prix, même si elle est restée limitée par rapport à celle du brut (13% seulement) a aussi joué. La demande de GNL a fortement augmenté en Asie. A l'instar de ses concurrents Total et BP, Royal Dutch Shell a cédé à la pression des actionnaires et décidé de racheter ses actions. Le groupe avance à pas prudents et limite les achats du trimestre en cours à deux milliards d'euros, tout en visant un montant total de 25 milliards d'euros d'actions d'ici à 2020. La direction a toutefois annoncé qu'elle attendrait que le gearing (ratio dette/capitalisation) ait diminué à 20% - il se situe actuellement à 23,6%, contre 25,8% il y a un an encore. Si la compagnie souhaite atteindre cet objectif le plus vite possible, elle reste tributaire de l'évolution des flux de trésorerie: pour chaque augmentation du cours du baril de 10 dollars, la trésorerie s'étoffe de six milliards de dollars.Analystes et investisseurs attendaient beaucoup de Royal Dutch Shell. Le bénéfice publié est certes inférieur au consensus, mais le groupe affiche des flux de trésorerie très réjouissants. En outre, il lance un programme de rachat d'actions que le marché attendait depuis longtemps et qui vient s'ajouter à un dividende véritablement royal. Si Royal Dutch Shell reste dépendant de l'évolution des cours pétroliers et gaziers, aucune mauvaise surprise n'est à attendre à ce niveau, selon nous. Conseil : acheterRisque : moyenRating : 1BCours : 25,63 eurosTicker : RDSA NACode ISIN : GB00B03MLX29Marché : Euronext AmsterdamCapit. boursière : 239 milliards EUR C/B 2017 : 13,5C/B attendu 2018 : 12Perf. cours sur 12 mois : +28 %Perf. cours depuis le 01/01 : +2,5 %Rendement du dividende : 5,6 %