Royal Dutch Shell (ci-après "Shell") a réalisé les objectifs ambitieux annoncés début 2018. Le vaste programme de cessions initié après la reprise de BG Group a été achevé ; Shell a notamment vendu pour plus de 30 milliards de dollars de champs pétrolifères dans la mer du Nord, au Canada et en Norvège. Au cours des années à venir, la compagnie pétrolière va continuer à se défaire des actifs ne correspondant plus à sa stratégie, tout en procédant à de nouveaux investissements. En vue de doper sa croissance, elle entame cette année l'exploitation de champs pétrolifères au Brésil, en Australie et dans le golfe du Mexique, entre autres. Shell entend aussi renforcer son activité d'extraction de gaz de schiste aux Etats-Unis.
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Royal Dutch Shell (ci-après "Shell") a réalisé les objectifs ambitieux annoncés début 2018. Le vaste programme de cessions initié après la reprise de BG Group a été achevé ; Shell a notamment vendu pour plus de 30 milliards de dollars de champs pétrolifères dans la mer du Nord, au Canada et en Norvège. Au cours des années à venir, la compagnie pétrolière va continuer à se défaire des actifs ne correspondant plus à sa stratégie, tout en procédant à de nouveaux investissements. En vue de doper sa croissance, elle entame cette année l'exploitation de champs pétrolifères au Brésil, en Australie et dans le golfe du Mexique, entre autres. Shell entend aussi renforcer son activité d'extraction de gaz de schiste aux Etats-Unis. La major anglo-néerlandaise a dépensé l'année dernière 24,8 milliards de dollars et escompte stabiliser ses dépenses d'investissement autour de 25-30 milliards de dollars ces prochaines années. Parallèlement, elle cherche à réduire son endettement, qui avait culminé à 80 milliards de dollars après l'achat de BG Group. En2018, Shell est parvenue à gommer quelque 14,5 milliards de dette, à 51 milliards de dollars. Son taux d'endettement est ainsi passé de 25 à 20,3 %. Autre promesse tenue, Shell a lancé un programme de rachats de ses actions sur trois ans pour un montant de 25 milliards de dollars, au terme duquel le flottant sera réduit de près de 7 %. La compagnie en a déjà acquis pour 4,5 milliards de dollars. La 3e tranche a été mise en oeuvre le 31 janvier et court jusqu'au 29 avril ; elle coûtera 2,5 milliards de dollars à Shell. Au 4e trimestre, la major a versé 3,9 milliards de dollars sous la forme de dividendes et sur l'année, près de 16 milliards. Depuis 2018, le dividende est versé entièrement en numéraire. Outre la cession d'actifs, Shell mise sur les importants flux de trésorerie pour atteindre ses nouveaux objectifs. Cela suppose encore de belles performances opérationnelles. Le cash-flow disponible pour les dividendes, rachats d'actions propres et versements d'intérêts est passé de 27,6 milliards de dollars en 2017 à 39,4 milliards en 2018. Au 4e trimestre, le bénéfice net ajusté hors éléments exceptionnels a augmenté de 32 % en base annuelle, à 5,69 milliards de dollars - nettement au-dessus du consensus ( 5,39 milliards). Sur l'ensemble de l'exercice, le bénéfice est en hausse de 36 %, à 21,4 milliards de dollars, son plus haut niveau depuis 2014. Le pôle Upstream (extraction de pétrole et de gaz) a vu son bénéfice plus que doubler grâce à la hausse des cours des hydrocarbures et à la baisse des dépréciations des actifs. Le pôle Mainstream (raffinage et distribution) a en revanche perdu 17 % sur l'année, malgré un bon 4e trimestre. Avec 9,4 milliards de dollars (+78 %), les activités Gaz ont assuré la plus grande partie du bénéfice de Shell. Pour autant, tout n'est pas rose. La production stagne en raison de la baisse des investissements. Cette année, la situation devrait toutefois s'améliorer, grâce aux nouveaux projets : Shell produira 150.000 barils de plus par jour. Shell a prouvé que désendettement, rachat d'actions et dividende élevé ne sont pas incompatibles. La trésorerie est suffisante pour mener à bien les projets, même si le géant dépend des fluctuations des cours du pétrole et du gaz. Shell doit toutefois veiller à ce que les investissements ne diminuent pas trop, car à terme, les réserves doivent être préservées. Nous maintenons pour l'instant notre conseil positif, mais suivons attentivement le titre. Conseil : acheterRisque : moyenRating : 1BCours : 27,2 eurosTicker : RDSA NAMarché : Euronext AmsterdamCode ISIN : GB00B03MLX29Capit. boursière : 223 milliards EUR C/B 2018 : 11C/B attendu 2019 : 11Perf. cours sur 12 mois : +4%Perf. cours depuis le 01/01 : +6%Rendement du dividende : 6%