Esther Berrozpe n'a pas l'intention de se contenter de demi-mesures. Actionnaires et investisseurs peuvent d'ores et déjà noter la date du 21 juin dans leur agenda: c'est ce jour-là que la nouvelle CEO dévoilera son plan destiné à remettre sur les rails le producteur de solutions d'hygiène personnelle pour bébés (langes), femmes (tampons) et seniors (incontinence). Car les résultats du 1er trimestre laissent franchement à désirer.
...

Esther Berrozpe n'a pas l'intention de se contenter de demi-mesures. Actionnaires et investisseurs peuvent d'ores et déjà noter la date du 21 juin dans leur agenda: c'est ce jour-là que la nouvelle CEO dévoilera son plan destiné à remettre sur les rails le producteur de solutions d'hygiène personnelle pour bébés (langes), femmes (tampons) et seniors (incontinence). Car les résultats du 1er trimestre laissent franchement à désirer. Esther Berrozpe a déjà pris un certain nombre de décisions drastiques. A la nomination d'un nouveau CFO s'est ajoutée la création du poste de chief supply chain officer, destiné à améliorer l'efficacité opérationnelle et le service à la clientèle. Avant cela, le conseil d'administration avait fait l'objet de remaniements assez inédits pour une entreprise belge cotée; pas moins de six administrateurs y ont fait leur entrée, lui conférant au passage un caractère très international. Autant de signes que la nouvelle patronne entend aller au fond des choses. Elle connaissait d'ailleurs les défis qui l'attendaient, puisqu'elle est administratrice indépendante d'Ontex depuis 2019. A l'occasion de la publication des résultats de l'exercice 2020, la CEO d'origine basque avait pris soin d'avertir que le 1er trimestre serait médiocre; le recul de l'action est donc resté somme toute limité. Mais il est clair qu'Ontex n'a pas encore su regagner la confiance des investisseurs. Son chiffre d'affaires (CA) à périmètre comparable a diminué de 11,1%, à 510,2 millions d'euros (574,2 millions un an plus tôt). Sur la base du CA publié, la chute s'établit à 16,5%, à 479,7 millions d'euros (consensus: 469,8 millions). Le cash-flow opérationnel (Ebitda) ajusté a cédé près de 25%, à 49,6 millions d'euros (66 millions un an plus tôt). Cette baisse de l'Ebitda par rapport au CA fait passer de 11,5% à 10,3% la marge d'Ebitda. Les analystes tablaient cependant sur un repli plus marqué encore de l'Ebitda (45,5 millions d'euros) et de la marge d'Ebitda (9,7%). Cela fait des années que le groupe d'Alost est trop endetté. Son endettement net s'élevait fin mars à 845,4 millions d'euros, un niveau inchangé par rapport aux 847,6 millions annoncés fin décembre, mais une amélioration de 3% depuis mars 2020 (871,1 millions). Avec le tassement de l'Ebitda toutefois, le taux d'endettement est remonté de 3,37 fin mars 2020 à 3,6 fin 2020 et 3,86 au 31 mars 2021. Le nouveau CFO va devoir étudier les possibilités de refinancement. La faiblesse de son assise financière explique la décision prise par le groupe de ne pas distribuer de dividende cette année. La CEO table certes sur un redressement du CA à partir du 2e trimestre, mais aussi sur une nette hausse des prix des matières premières jusqu'à la fin de l'année. Ontex n'est pas un cas désespéré. Elle affiche toujours de très bons fondamentaux et dispose d'une véritable marge de manoeuvre. Son cours et sa valorisation (moins de 0,7 fois la valeur comptable) sont surtout le reflet des nombreux problèmes accumulés ces dernières années, mais ils ne tiennent pas compte des améliorations escomptées - nous sommes convaincus que des décisions stratégiques seront prises d'ici à la mi-2021. Ontex reste une belle opportunité pour les 12 à 24 prochains mois. Nous recommandons toujours d'acheter le titre. Conseil: acheterRisque: moyenRating: 1BCours: 10,85 eurosTicker: ONTEX BBCode ISIN: BE0974276082Marché: Euronext BruxellesCapit. boursière: 893,5 millions EURC/B 2020: 12,5C/B attendu 2021: 12Perf. cours sur 12 mois: -29%Perf. cours depuis le 01/01: -1%Rendement du dividende: -