L'énorme hausse des prix du pétrole et du gaz est, bien sûr, du pain bénit pour le prestataire de services pétroliers franco-américain. Elle est d'ailleurs pour tout géant du secteur synonyme de croissance des bénéfices, laquelle rend possibles des investissements supplémentaires dans l'exploration et l'exploitation pétrolières. Car ce n'est pas de sitôt que la planète sera décarbonée: l'industrie a beau être priée par certains d'accélérer sa sortie des énergies fossiles, elle est encouragée par d'autres à continuer à investir pour assurer une production de pétrole et de gaz suffisante au cours des prochaines décennies.
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L'énorme hausse des prix du pétrole et du gaz est, bien sûr, du pain bénit pour le prestataire de services pétroliers franco-américain. Elle est d'ailleurs pour tout géant du secteur synonyme de croissance des bénéfices, laquelle rend possibles des investissements supplémentaires dans l'exploration et l'exploitation pétrolières. Car ce n'est pas de sitôt que la planète sera décarbonée: l'industrie a beau être priée par certains d'accélérer sa sortie des énergies fossiles, elle est encouragée par d'autres à continuer à investir pour assurer une production de pétrole et de gaz suffisante au cours des prochaines décennies.Pour Schlumberger, ces dernières années n'ont pas été un long fleuve tranquille. En 2019, Paal Kibsgaard est parti à la retraite après avoir dirigé le groupe et son conseil d'administration durant près de 10 ans. Il a passé le flambeau au Français Olivier Le Peuch, qui pouvait se targuer alors d'une ancienneté de 32 ans au sein du groupe. Le nouveau CEO en a littéralement nettoyé le bilan, en réduisant, de nombreux milliards d'euros, la valeur d'acquisitions anciennes. Les années 2020 et 2021 ont été marquées par la crise sanitaire et ses effets sur les prix du pétrole. Leur envolée, cette année, s'est amplifiée avec la guerre en Ukraine. Au premier trimestre, le chiffre d'affaires (CA) du groupe s'est élevé à 5,962 milliards de dollars (USD); s'il a progressé de 14% en glissement annuel, il a toutefois reculé de 4% en rythme trimestriel. Heureusement, il a dépassé de plus de 2% le consensus (5,94 milliards). En raison de la crise sanitaire, Schlumberger n'avait été que légèrement bénéficiaire en 2020 et au début de 2021. Le bénéfice récurrent (avant éléments exceptionnels) par action passe de 0,21 USD au premier trimestre de 2021 à un joli 0,34 USD (+62%) un an plus tard, mais déçoit en glissement trimestriel (-17%; 0,41 USD au quatrième trimestre de 2021). Il a néanmoins lui aussi battu le consensus (0,33 USD). Schlumberger doit son excellente position sur le marché - il est le numéro un mondial - à sa technologie de pointe et à sa présence dans pas moins de 85 pays. A 1,28 milliard USD au premier trimestre, le CA nord-américain a progressé de 32% en un an; il a contribué à hauteur de 21,4% au CA consolidé, contre un peu moins de 19% à la même période un an plus tôt. Le CA réalisé en dehors des Etats-Unis s'est pour sa part accru de 10% en un an, à 4,63 milliards USD. Pour 2022, le consensus vise un bénéfice de 1,86 USD par action, soit 0,58 USD ou 45% de plus qu'en 2021; ce serait le bénéfice le plus élevé des cinq dernières années. Pour 2023, les analystes s'attendent à une amélioration plus nette encore: il atteindrait 2,62 USD par action. Schlumberger augmente le dividende trimestriel de 40% (de 0,125 à 0,175 USD par action). Le portefeuille modèle n'a accueilli Schlumberger que pour une brève durée, l'an passé; alors que son cours s'était fortement redressé, les résultats en demi-teinte du troisième trimestre ont fini de nous convaincre de prendre nos bénéfices. Et nous avons bien fait, car l'action s'est dépréciée ensuite, avant de remonter. Il eût fallu la repêcher au moment opportun, car elle a atteint plus tard de nouveaux sommets. Pour l'heure à 22 fois le bénéfice escompté en 2022 et à un rapport valeur de l'entreprise (EV)/cash-flow d'exploitation (Ebitda) attendu de 11,5, elle est susceptible de se replier, surtout après son excellente performance sur ces derniers mois. D'où le maintien de notre conseil "à vendre", qui sera revu en temps utile.Conseil: acheterRisque: moyenRating: 3BCours: 38,73 dollarsTicker: SLB USCode ISIN: AN8068571086Marché: NYSECapit. boursière: 54,73 milliards USDC/B 2021: 27C/B attendu 2022: 22Perf. cours sur 12 mois: +46%Perf. cours depuis le 01/01: +30%Rendement du dividende: 1,8%