Il y a plusieurs semaines, nous avons consacré un article à ce spécialiste des services pétroliers. Ces dernières années, le groupe a beaucoup navigué en eaux troubles, mais est peut-être arrivé à un point d'inflexion. Un des éléments qui ont pesé ces derniers temps sur le cours de SBM est une affaire de corruption présumée avoir eu lieu entre 2007 et 2011. Cette affaire, qui s'est déroulée sous la direction précédente, est entre les mains du ministère public néerlandais et de l'US Department of Justice. SBM avait provisionné 240 millions USD, soit environ 0,9 EUR par action dans ce cadre. Et le jugement est enfin intervenu : l'...

Il y a plusieurs semaines, nous avons consacré un article à ce spécialiste des services pétroliers. Ces dernières années, le groupe a beaucoup navigué en eaux troubles, mais est peut-être arrivé à un point d'inflexion. Un des éléments qui ont pesé ces derniers temps sur le cours de SBM est une affaire de corruption présumée avoir eu lieu entre 2007 et 2011. Cette affaire, qui s'est déroulée sous la direction précédente, est entre les mains du ministère public néerlandais et de l'US Department of Justice. SBM avait provisionné 240 millions USD, soit environ 0,9 EUR par action dans ce cadre. Et le jugement est enfin intervenu : l'indemnité s'élève à 240 millions USD. Le groupe peut la financer avec ses fonds propres et dans les délais (dernière tranche de 70 millions USD le 1er décembre 2016). Un important facteur d'incertitude est dès lors levé, et le montant final est rassurant. Pour autant, tous les problèmes ne sont pas résolus. Une des conséquences de l'affaire est que SBM était jusque-là exclu des projets sur le très lucratif marché brésilien (principal client : Petrobras). Le jugement à présent rendu, les négociations vont pouvoir reprendre avec les autorités brésiliennes. Pour l'heure cependant, les Brésiliens gardent la porte fermée. Un autre point délicat est la position de l'endettement de 2,1 milliards EUR, laquelle représente 3,5 à 4 fois le cash-flow opérationnel récurrent (REBITDA, hors éléments uniques) et dépasse même la capitalisation boursière actuelle. Enfin, on épinglera bien sûr la forte baisse des cours pétroliers ces derniers mois. On attend de savoir dans quelle mesure ce paramètre impactera l'appétit des clients pour de nouveaux projets et troublera possiblement l'image relativement positive du titre. Il y a quelques mois, SBM a indiqué prévoir 80 nouveaux projets au cours des cinq prochaines années, dont une cinquantaine seront suivis activement par SBM. Pour cette année, on mise encore sur deux nouveaux projets FPSO. L'activité du groupe s'articule autour de deux segments : d'une part la conception, la construction et la livraison de terminaux offshore d'importation et d'exportation et les F(P)SO, des pétroliers transformés pour pouvoir stocker du pétrole ou du gaz. D'autre part, le leasing de systèmes de production et de stockage dont le groupe est lui-même propriétaire. L'an 2014 sera encore une année de transition, mais à 11 fois les bénéfices attendus pour 2015, un rapport cours/valeur comptable de 1,1 et un rapport attendu valeur d'entreprise (EV)/cash-flows opérationnels (EBITDA) de 9, l'action paraît bon marché. Il est clair que la valorisation porte toujours les stigmates des dernières années difficiles. L'actionnaire de référence HAL Trust a renforcé sa position dans SBM de 13,4 à 15% ces derniers mois.ConclusionLe ciel s'éclaircit lentement mais sûrement pour SBM Offshore. Avec le jugement rendu dans l'affaire des dessous-de-table, nous avons une raison de plus d'être optimistes (mais restons prudents). Vu le nombre de facteurs d'incertitudes, il ne s'agit pas, jusqu'à nouvel ordre, d'une action de bon père de famille. D'où la note de risque C.Conseil: digne d'achatRisque: moyenRating: 1B