Coup de théâtre chez le géant pharmaceutique français la semaine dernière : cet été, le train de la hausse semblait s'être finalement mis en marche, après des résultats de 2etrimestre encourageants et un relèvement des prévisions annuelles, qui avaient porté le cours à un niveau proche de 90 EUR fin septembre. Hélas ce gain de cours a été gommé en peu de temps. Pourtant, les chiffres du 3etrimestre démontrent que le groupe est à nouveau dans une phase de croissance. Les projections annuelles ont du reste été confirmées. Mais l'entreprise se dit inquiète pour l'an prochain en raison de la pression sur les prix rencontrée aux USA dans le domaine du diabète...

Coup de théâtre chez le géant pharmaceutique français la semaine dernière : cet été, le train de la hausse semblait s'être finalement mis en marche, après des résultats de 2etrimestre encourageants et un relèvement des prévisions annuelles, qui avaient porté le cours à un niveau proche de 90 EUR fin septembre. Hélas ce gain de cours a été gommé en peu de temps. Pourtant, les chiffres du 3etrimestre démontrent que le groupe est à nouveau dans une phase de croissance. Les projections annuelles ont du reste été confirmées. Mais l'entreprise se dit inquiète pour l'an prochain en raison de la pression sur les prix rencontrée aux USA dans le domaine du diabète (produit phare : Lantus). Apparemment, c'est la goutte qui a fait déborder le vase et conduit au licenciement du CEO Christopher Viehbacher. Ce dernier et le conseil d'administration étaient apparemment en mésentente depuis quelques années déjà. La recherche d'un nouveau directeur s'est engagée, mais le marché a réagi de manière violente à l'annonce. Car Viehbacher n'était rien de moins que l'architecte de la transformation de Sanofi, qui l'avait ramenée sur la voie de la croissance, avec la création de 7 plateformes de croissance. Celles-ci ont représenté au 3etrimestre déjà 78,1% du chiffre d'affaires (CA) total. L'ambition du groupe de produire au moins 80% de son CA à partir de ces 7 plateformes d'ici fin 2015 semble dès lors parfaitement réaliste. La croissance supérieure à la moyenne du groupe s'est du reste confirmée au 3etrimestre : +10% pour les plateformes de croissance, contre +5,1% au niveau du groupe. Viehbacher avait même exprimé son intention de vendre la partie "plus ancienne" de son portefeuille (7 à 8 milliards EUR de CA). Manifestement, il n'avait cependant pas demandé son avis au conseil d'administration à ce sujet, qui est devenu un point de désaccord entre eux. La première plateforme est celle des Emerging Markets (33,2% du CA du groupe sur les 9 premiers mois, 9,9% de croissance du CA sur cette période), ensuite Diabète (21,2%; 12,5%) avec donc quelques incertitudes pour 2015, puis Vaccins (Sanofi Pasteur; 11,3%; 4,1%), Consumer Health Care (10,2% ; 17,3%), Genzyme (spécialiste des maladies rares, groupe racheté - 7,5%; 25,1%), Animal Health Care' (médecine vétérinaire - 6,3%; 5,3%), et enfin Autres produits innovants (2,4%; 17,9%). Après 9 mois, les 7 plateformes de croissance enregistrent une croissance globale de 10,8%, contre 5% au niveau du groupe. Les chiffres du 3etrimestre sont dès lors parfaitement en ligne avec le reste de l'année. Qui plus est, l'entreprise gère un pipeline solide, avec d'importants dossiers à introduire à la FDA l'an prochain. Vu la chute de cours, l'action est désormais très intéressante, à un rapport C/B attendu pour 2014 de 14 et pour 2015 de 13, un rendement de dividende attendu de 4% et un rapport valeur d'entreprise (EV)/cash-flow opérationnel (EBITDA) de 10. ConclusionHeureusement, nous avions vendu récemment un tiers de notre position dans Sanofi. Car le géant pharma est à nouveau dans une phase de croissance et en l'occurrence, sa décote de 23% par rapport à la moyenne du secteur n'est pas logique. D'où le relèvement de conseil, pour renforcer notre position. Une valeur pour le (plus) long terme.Conseil: digne d'achatRisque: faibleRating: 1A