On ne peut vraiment dire que le marché a réagi de manière enthousiaste aux résultats annuels 2013 et aux perspectives 2014 du géant pharmaceutique français. A la moitié de l'année, il était clair que l'année ne serait pas un excellent cru. En 2013, le groupe a réalisé un chiffre d'affaires (CA) de 32,95 milliards EUR, soit 5,7% de moins que l'année précédente, mais l'essentiel du repli (5,2%) tient aux pertes de change. L'an dernier, Sanofi a tiré 33% de son CA des pays émergents et est à ce titre le premier géant pharma aussi fermement ancré à ces régions. Pour autant, le CA a encore reflué. Les Français ont été les plus affectés, il est vrai, par le patent cliff (perte de la protection des brevets d'importants médicam...

On ne peut vraiment dire que le marché a réagi de manière enthousiaste aux résultats annuels 2013 et aux perspectives 2014 du géant pharmaceutique français. A la moitié de l'année, il était clair que l'année ne serait pas un excellent cru. En 2013, le groupe a réalisé un chiffre d'affaires (CA) de 32,95 milliards EUR, soit 5,7% de moins que l'année précédente, mais l'essentiel du repli (5,2%) tient aux pertes de change. L'an dernier, Sanofi a tiré 33% de son CA des pays émergents et est à ce titre le premier géant pharma aussi fermement ancré à ces régions. Pour autant, le CA a encore reflué. Les Français ont été les plus affectés, il est vrai, par le patent cliff (perte de la protection des brevets d'importants médicaments). Au cours des 5 années écoulées, Sanofi a notamment vu expirer ses brevets sur plusieurs blockbusters (médicaments dont les ventes annuelles dépassent 1 milliard USD) comme le Lovenox (contre les caillots sanguins), le Taxotere (cancer), l'Avapro (hypertension) et le Plavix (anticoagulant). Au total, le manque à gagner consécutif à l'expiration des brevets s'est monté à 1,25 milliard EUR sur la seule année dernière. Le CEO du groupe, Christopher Viehbacher s'est donc vu confier la lourde tâche, en 2008, d'accompagner Sanofi vers la croissance pendant cette période de patent cliff. Et celui-ci a pu annoncer qu'au dernier trimestre de l'an dernier, le CA à taux de change constant avait à nouveau progressé de 6,5%. Le bénéfice par action a même connu une hausse de 17,1% sur la même période (30,8% sans considérer les écarts de change), à 1,37 EUR. Pour autant, l'exercice n'a pu être sauvé. Le bénéfice annuel par action est ressorti à 5,05 EUR, ce qui représente un repli de 17,8% (-9,8% à taux de change constants). Selon Viehbacher, le groupe pharma français est à nouveau à la veille d'une ère de croissance du CA et le patent cliff est digéré. Pourtant, le cours a malgré tout reflué en réaction aux perspectives annoncées pour cette année. La croissance escomptée du bénéfice par action de 4 à 7% est considérée comme trop faible par les analystes, qui avaient espéré au moins 8%. Cela dit, la direction préfère peut-être se montrer prudente dans un premier temps, dans l'espoir de pouvoir relever ses projections dans le courant de l'année. Ces dernières années, Viehbacher a créé 7 plateformes de croissance. L'une d'entre elles est celle des Emerging Markets. Un autre pôle de croissance intéressant est le diabète, avec une molécule très prometteuse actuellement : Lantus (ventes en hausse de 20% en 2013, à pas moins de 5,7 milliards EUR). Epinglons également les vaccins, département dans lequel Sanofi Pasteur a acquis une réputation mondiale. La spécificité de Sanofi est cependant la plateforme de croissance Genzyme. Début 2011, Sanofi a racheté cette entreprise biotechnologique américaine, spécialiste de la sclérose en plaques et des maladies rares, pour 20 milliards USD. A la fin de l'an dernier, ces sept plateformes de croissance ont assuré 72,9% du CA du groupe et d'ici à 2015, leur contribution devrait passer à 80%. Ces derniers jours, le cours de Sanofi évolue au gré de la spéculation par rapport à la vente éventuelle par L'Oréal de sa participation de 8,9% dans le géant pharma français et leur rachat potentiel par Sanofi. ConclusionSanofi est prête pour une nouvelle phase de croissance mais doit encore convaincre le marché de son potentiel. L'action est intéressante dans une perspective de (plus) long terme, à un rapport C/B de 13 pour 2014 et un rapport valeur d'entreprise (EV)/cash-flow opérationnel (EBITDA) de 9.Conseil: digne d'achatRisque: faibleRating: 1B