Le cours du pétrole est à nouveau sous pression. Tous les géants de l'industrie se préparent dès lors à une longue période de prix bas, notamment en réduisant leurs dépenses. Jusqu'à présent, Royal Dutch Shell tablait sur un cours du pétrole de 70 à 110 USD par baril à long terme et les nouveaux projets étaient évalués sur cette base. Le groupe abandonne désormais cette hypothèse et prend en compte la nouvelle réalité économique. Shell prévoit environ 30 milliards USD de dépenses d'investissement pour cette année, un montant en baisse de 20% par rapport à l'an dernier. Dans le cadre du programme d'économies en cours de 4 milliards USD, 6500 licenciements ont égalem...

Le cours du pétrole est à nouveau sous pression. Tous les géants de l'industrie se préparent dès lors à une longue période de prix bas, notamment en réduisant leurs dépenses. Jusqu'à présent, Royal Dutch Shell tablait sur un cours du pétrole de 70 à 110 USD par baril à long terme et les nouveaux projets étaient évalués sur cette base. Le groupe abandonne désormais cette hypothèse et prend en compte la nouvelle réalité économique. Shell prévoit environ 30 milliards USD de dépenses d'investissement pour cette année, un montant en baisse de 20% par rapport à l'an dernier. Dans le cadre du programme d'économies en cours de 4 milliards USD, 6500 licenciements ont également été annoncés lors de la publication des résultats trimestriels. Cela ne signifie pas pour autant qu'il n'y ait plus de marge pour de nouveaux projets. La transaction la plus notable fut l'annonce du rachat du concurrent britannique BG Group au début de cette année. Elle sera réglée à la fois en liquidités et en actions, et affiche actuellement une valeur estimée d'environ 70 milliards USD. BG Group est surtout performant dans le domaine du GNL (gaz naturel liquide), un segment dans lequel il est le troisième opérateur mondial. En outre, BG possède d'importants intérêts au Brésil, où il dispose de nombreuses réserves de pétrole en haute mer, et détient également des réserves de gaz en Australie. Si elle est approuvée par les actionnaires et les autorités de la concurrence, la transaction pourra en principe être bouclée au début de l'an prochain. Côté investisseurs, c'est toutefois le scepticisme qui prédomine, et l'action a perdu 15%. C'est pourquoi la direction s'est lancée dans une offensive de charme et met tout en oeuvre pour convaincre les actionnaires. Le dividende a été garanti pour les six trimestres à venir, et sera vraisemblablement encore relevé. De plus, Shell veut lancer un nouveau programme de rachat d'actions propres en 2017, assorti d'un budget d'au moins 25 milliards USD jusqu'en 2020. Actuellement, les cash-flows ne sont pas suffisants pour payer les dividendes, mais Shell a encore de la marge pour accroître son endettement. Au 2e trimestre, les cash-flows opérationnels ont baissé à 6,1 milliards USD, contre encore 8,6 milliards USD il y a un an. Ces cash-flows augmenteront à nouveau une fois le rachat de BG finalisé. Au terme du 1er semestre, Shell disposait de 27 milliards USD de liquidités, pour une dette totale de 52,9 milliards USD. Le groupe combiné vendra encore pour environ 30 milliards USD d'actifs non essentiels sur la période 2016-2018. Par rapport à la concurrence, le bénéfice net a mieux résisté que prévu au 2e trimestre (3,4 milliards USD). Le segment upstream a enregistré une baisse du bénéfice opérationnel de 4,7 à 1 milliard USD, mais grâce à l'augmentation des marges sur le raffinage, le bénéfice des activités downstream a bondi de 1,3 à 3 milliards USD.ConclusionL'action Shell affichait des performances médiocres depuis l'annonce du rachat, mais les résultats trimestriels meilleurs que prévu ont permis de regagner le terrain perdu. Si les conditions restent difficiles dans le secteur de l'énergie, le potentiel de croissance dans le gaz associé au rendement élevé (6%) et à la valorisation basse (1 fois la valeur comptable) font de Shell une action intéressante.Conseil: digne d'achatRisque: moyenRating: 1B