Le groupe énergétique Royal Dutch Shell n'est associé à BP par les analystes que depuis l'an dernier. Nous avons toujours considéré ce scénario comme peu probable. Ce qui n'empêche pas que Shell se soit malgré tout interrogé sur les entreprises qui correspondraient le mieux au groupe. L'allègement des investissements semble contraster avec le souhait de réaliser des acquisitions, et pourtant... Pour les grands groupes énergétiques, il est devenu plus intéressant d'acheter des parts de marché pour croître de manière organique. Pendant la semaine de Pâques, Shell a donc lancé une offre amicale sur son pair britannique BG Group. BG (British Gas) est une ancienne ...

Le groupe énergétique Royal Dutch Shell n'est associé à BP par les analystes que depuis l'an dernier. Nous avons toujours considéré ce scénario comme peu probable. Ce qui n'empêche pas que Shell se soit malgré tout interrogé sur les entreprises qui correspondraient le mieux au groupe. L'allègement des investissements semble contraster avec le souhait de réaliser des acquisitions, et pourtant... Pour les grands groupes énergétiques, il est devenu plus intéressant d'acheter des parts de marché pour croître de manière organique. Pendant la semaine de Pâques, Shell a donc lancé une offre amicale sur son pair britannique BG Group. BG (British Gas) est une ancienne société publique qui avait été capitalisée en son temps par Margaret Thatcher. Le groupe britannique est surtout spécialisé dans le Liquified Natural Gas (gaz naturel liquide; GNL) où il est le troisième acteur mondial. En outre, BG a d'importantes participations au Brésil, où il gère d'énormes stocks de pétrole en haute mer. Au Brésil, BG est le partenaire de Petrobras. Shell verse 47 milliards de livres sterling (GBP) ou 65,3 milliards EUR, en liquide et sous la forme d'actions. En considérant les dettes, ce montant atteint même 78 milliards EUR. La partie Actions représente environ un tiers. Cela correspond à une prime de quelque 52% par rapport au dernier cours de Bourse de BG. Cela semble beaucoup, mais de cette manière, Shell s'est assuré d'avoir le soutien des actionnaires, et se couvre contre une possible contre-offre d'un autre acteur. Les actionnaires de BG conserveront environ un cinquième de la société combinée. L'accord doit encore être approuvé par les autorités de la concurrence de plusieurs pays. Compte tenu de la complexité de l'opération, la fusion ne sera pas opérationnelle avant le début de l'an prochain. Shell se concentrait déjà beaucoup sur le gaz naturel, et étendra encore cette branche avec la reprise de BG. La société combinée devient leader sur le marché mondial du gaz. Le marché du GNL est en plein essor et devrait s'approprier une partie du marché du charbon et même du pétrole. Shell prévoit de réaliser des économies d'échelle à concurrence de 2,5 milliards EUR par an. Le groupe énergétique devra évidemment faire appel aux marchés des capitaux pour financer cette reprise. Cela dit, les actionnaires de Shell ne doivent pas s'inquiéter par rapport au dividende. La direction a en effet confirmé qu'en 2015, elle verserait un dividende de 1,88 USD par action, et que ce montant serait au moins aussi élevé l'année suivante. Qui plus est, Shell entend également commencer 2017 avec un nouveau programme de rachat d'actions propres. Jusqu'en 2020 inclus, la société rachètera au moins 25 milliards USD d'actions propres. Shell comme BG seront contraints de vendre des activités secondaires pour quelque 30 milliards USD.ConclusionL'acquisition de BG Group est une manoeuvre positive malgré la prime élevée. Shell impute le fait que son propre cours de Bourse ait moins largement baissé au paiement partiel en actions. Shell deviendra ainsi le plus grand acteur dans le gaz naturel. A 1,1 fois la valeur comptable et avec un rendement de plus de 6% (brut), nous estimons que Shell présente une valorisation intéressante. Nous relevons le conseil, tout comme la note de risque.Conseil: digne d'achatRisque: moyenRating: 1B