Le groupe pétrolier et gazier néerlando-britannique Royal Dutch Shell (ci-après, RDS) se distingue de ses concurrents depuis plusieurs décennies déjà grâce au dividende stable, sinon en hausse, qu'il verse. Après le rachat de BG Group en 2016, il avait promis, parallèlement au versement du dividende, de lancer un programme de rachats d'actions à hauteur de 25 milliards de dollars. Il aura fallu attendre l'été 2018 pour que celui-ci démarre. A ce jour, RDS a racheté pour 12 milliards de dollars de ses titres. Une nouvelle tranche de 2,75 milliards de dollars court jusqu'au 27 janvier. Alors que le groupe souhaitait clore ce programme fin 2020, la directrice financière, Jessica Uhl, vient d'indiquer que les rachats pourraient, selon l'évolution de l'offre et la d...

Le groupe pétrolier et gazier néerlando-britannique Royal Dutch Shell (ci-après, RDS) se distingue de ses concurrents depuis plusieurs décennies déjà grâce au dividende stable, sinon en hausse, qu'il verse. Après le rachat de BG Group en 2016, il avait promis, parallèlement au versement du dividende, de lancer un programme de rachats d'actions à hauteur de 25 milliards de dollars. Il aura fallu attendre l'été 2018 pour que celui-ci démarre. A ce jour, RDS a racheté pour 12 milliards de dollars de ses titres. Une nouvelle tranche de 2,75 milliards de dollars court jusqu'au 27 janvier. Alors que le groupe souhaitait clore ce programme fin 2020, la directrice financière, Jessica Uhl, vient d'indiquer que les rachats pourraient, selon l'évolution de l'offre et la demande, s'étaler sur une plus longue période. En d'autres termes, RDS craint de ne pouvoir générer des flux de trésorerie suffisants pour couvrir les investissements et la rémunération des actionnaires sans s'endetter davantage. Jessica Uhl a concédé en outre que la réduction du taux d'endettement à 25% pourrait être plus longue que prévu. Au 3e trimestre, le groupe a remboursé pour 7,2 milliards de dollars d'emprunts. Compte tenu d'une dette nette actuelle de 73,5 milliards de dollars, le ratio s'élève à 27,9%. Le trimestre passé, RDS a racheté pour 2,9 milliards de dollars d'actions propres et affecté 3,8 milliards de dollars aux dividendes (dépense annuelle de plus de 15 milliards). Ben Van Beurden, le CEO du groupe, a tenté de rassurer le marché: les rachats d'actions et l'allègement de la dette se poursuivront, mais les circonstances de marché en détermineront le rythme; par ailleurs, la promesse de verser 125 milliards de dollars aux actionnaires entre 2021 et 2025 sera honorée. Sur le plan opérationnel, le 3e trimestre a été mitigé. Le bénéfice net ajusté du groupe s'est élevé à 4,77 milliards de dollars; c'est 15% de moins qu'un an plus tôt - le cours moyen du pétrole a baissé de 17% en un an, pénalisant l'amont (exploration et production) -, mais plus que le consensus (3,91 milliards). La bonne santé des activités dans le gaz naturel liquéfié et de trading a compensé le recul des marges de la raffinerie et de la chimie. En amont, le bénéfice a diminué de 1,9 à 0,9 milliard de dollars alors qu'en aval (raffinage et marketing), il s'est hissé de 2 à 2,2 milliards, en un an. Passée de 2,3 à 2,7 milliards de dollars, la part de la division gaz dans le bénéfice consolidé est la plus élevée. A l'issue du 3e trimestre, le cash-flow disponible atteignait 10,1 milliards de dollars (8 milliards un an plus tôt). Le groupe est du reste bien parti pour atteindre son objectif de cession d'actifs non stratégiques à hauteur de cinq milliards de dollars au cours de 2019-2020. Malgré la mise en service de nouveaux champs de gaz en Australie et à Trinité-et-Tobago, la production a reculé de 1% en un an, à 3,56 millions de barils équivalent pétrole par jour. Les nouveaux projets devraient gonfler le cash-flow opérationnel de cinq milliards de dollars d'ici à fin 2020.Si nous déplorons l'annonce de la prolongation des rachats d'actions, il nous semble plus important de retenir que la rémunération des actionnaires est préservée. Le cash-flow reste en effet élevé, malgré la baisse du cours du brut. A 5,8 fois la valeur de l'entreprise, la valorisation s'inscrit entre celle de Total et de BP. RDS est nettement meilleur marché que les américaines Exxon et Chevron, qui versent d'ailleurs un dividende bien moins élevé. RDS demeure donc une valeur de rendement attrayante. Conseil: acheterRisque: moyenRating: 1BCours: 26,76 eurosTicker: RDSA NAMarché: Euronext AmsterdamCode ISIN: GB00B03MLX29Capit. boursière: 212,3 milliards EUR C/B 2019: 12C/B attendu 2020: 12Perf. cours sur 12 mois: +4%Perf. cours depuis le 01/01: +4,5%Rendement du dividende: 6,3%