Royal Dutch Shell (ci-après, Shell) a surpris en se défaisant de ses champs de pétrole de schiste américains. Le groupe britannico-néerlandais, actif dans ce secteur depuis 2012 seulement, avait pourtant qualifié, pas plus tard que l'an passé, le Texas de zone clé, et annoncé un investissement de trois milliards de dollars par an dans cette dizaine de milliers d'hectares situés dans le bassin permien, à l'ouest de l'Etat. La zone produit 175.000 barils d'équivalent pétrole par an, soit 6% de la production totale de Shell. L'acquéreur est le groupe américain Conoco Phillips, qui a mis sur la table un peu plus de 9,5 milliards de dollars. Les activités schiste américaines avaient accusé une perte de près de 500 millions de dollars en 2020, mais l'année avait é...

Royal Dutch Shell (ci-après, Shell) a surpris en se défaisant de ses champs de pétrole de schiste américains. Le groupe britannico-néerlandais, actif dans ce secteur depuis 2012 seulement, avait pourtant qualifié, pas plus tard que l'an passé, le Texas de zone clé, et annoncé un investissement de trois milliards de dollars par an dans cette dizaine de milliers d'hectares situés dans le bassin permien, à l'ouest de l'Etat. La zone produit 175.000 barils d'équivalent pétrole par an, soit 6% de la production totale de Shell. L'acquéreur est le groupe américain Conoco Phillips, qui a mis sur la table un peu plus de 9,5 milliards de dollars. Les activités schiste américaines avaient accusé une perte de près de 500 millions de dollars en 2020, mais l'année avait été ce que l'on sait.En mai dernier, un tribunal néerlandais avait ordonné à Shell de réduire ses émissions de CO2 d'ici fin 2030 de 45% par rapport à 2019, alors que le groupe, qui veut être totalement neutre sur le plan climatique pour 2050, parlait de 20%. La direction affirme que la vente n'a rien à voir avec le jugement, mais c'est difficile à croire. Reste aussi à savoir si le climat en bénéficiera: Shell vendant par toutes sortes de canaux trois fois plus de pétrole qu'il n'en produit, il n'est pas à exclure qu'il écoule la production de Conoco Phillips. Il avait, auparavant déjà, cessé d'extraire du pétrole des sables bitumineux au Canada, et cédé la moitié de son extraction pétrolière terrestre au Nigeria. Il va commencer à fournir de l'électricité et du gaz issus de parcs éoliens et solaires aux consommateurs privés et compte produire des biocarburants pour l'aviation. La vente représente un bénéfice comptable de 2,5 milliards de dollars; 7 milliards de dollars seront utilisés pour le rachat d'actions propres et le solde servira à continuer à alléger la dette et à investir. L'entreprise a achevé le deuxième trimestre sur un bénéfice net de 3,4 milliards de dollars, contre une perte record de 18,1 milliards un an plus tôt. Corrigé des effets de stock, des produits exceptionnels et des postes de dépenses, le bénéfice net a atteint 5,5 milliards de dollars, contre 638 millions en 2020. Le chiffre d'affaires a dépassé 60 milliards de dollars (+100%), tandis que les cash-flows opérationnels grimpaient à 14,2 milliards de dollars. Le cash-flow disponible après investissements s'établit à 9,7 milliards de dollars, dont une partie a servi à rembourser les dettes (dette nette de 65,7 milliards, en baisse de 5,5 milliards) et à augmenter les dividendes. Shell avait l'an passé dû réduire son dividende (de 0,47 à 0,16 dollar par action) pour la première fois depuis la Seconde Guerre mondiale. Le dividende a par la suite été relevé à deux reprises de 4%, mais il est à présent augmenté de 38%, à 0,24 dollar; cela reste deux fois moins qu'avant la pandémie, mais représente une dépense de deux milliards de dollars de plus par trimestre. Le groupe va par ailleurs racheter pour deux milliards de dollars d'actions propres cette année encore - outre les rachats effectués à la suite de la vente des actifs de schiste.L'action s'est bien redressée depuis le plancher atteint en mars 2020, mais elle se négocie toujours 25% sous son niveau d'avant-crise, alors que le cours du pétrole n'avait plus été aussi élevé depuis trois ans. La perception qu'ont les investisseurs du secteur a donc changé. Les généreuses rémunérations restent le principal argument en faveur des sociétés énergétiques classiques. A une fois la valeur comptable, nous maintenons notre conseil. Conseil: acheterRisque: moyenRating: 1BCours: 19,17 eurosTicker: RDSA NACode ISIN: GB00B03MLX29Marché: Euronext AmsterdamCapit. boursière: 150 milliards EURC/B 2020: 31C/B attendu 2021: 7,5Perf. cours sur 12 mois: +71%Perf. cours depuis le 01/01: +31%Rendement du dividende: 2,7%