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r200,05 EUR - 3C Le 6 février, on a appris que le géant pétrolier français Total (actionnaire de référence avec près de 57% du capital) avait reçu une offre ferme pour sa participation majoritaire dans le producteur wallon d'engrais Rosier. En début de semaine, nous avons appris que Total avait accepté l'offre et qu'une offre de rachat a été faite sur l'ensemble des titres. L'offre en question, de 192 EUR par action (200 EUR - 8 EUR de dividende brut) émane de Borealis, l'un des principaux fournisseurs de solutions en plastique, produits chimiques et engrais. Cette offre est en soi une bonne nouvelle pour le petit producteur wallon spécialisé dans les engrais composés (NPK). Sur le plan industriel, elle est assurément porteuse d'opportunités. La présence de la major pétrolière Total dans l'actionnariat de Rosier est un héritage de l'histoire. L'actionnaire principal a longtemps été Elf Aquitaine, rachetée par Total à la fin du siècle dernier. Au cours des années suivantes, on s'est plusieurs fois demandé si Total ne revendrait pas ses actions Rosier, sans que ces rumeurs ne débouchent sur rien de concret. Jusqu'à aujourd'hui. La condition imposée par Borealis était également de pouvoir finaliser l'acquisition de GPN, le 1er producteur français d'engrais à base d'azote. La stratégie de Borealis vise clairement à atteindre une position de leader en Europe dans le secteur des engrais. Jusqu'ici, le tableau est positif. La mauvaise nouvelle est cependant que l'offre lancée par Borealis sur la participation de Total ne dépasse pas 200 EUR par action (y compris le dividende de l'exercice 2012). Un montant très décevant, car il correspond à peu près au cours le plus bas de ces cinq dernières années. L'offre intervient d'ailleurs après une année 2012 décevante en termes de résultats pour le producteur wallon d'engrais. Borealis est contraint de lancer bientôt une offre de reprise. Celle-ci le sera à 203,38 EUR par action (211,38 - 8 EUR de dividende brut). L'objectif étant de supprimer l'action des listes de cotation. Une offre de rachat interviendra en effet si au moins 95% des actions sont récoltées par l'offre. Le secteur des engrais a connu des extrêmes ces dernières années. Ce que nous avons également constaté au niveau de l'évolution du résultat de cette small cap spécialisée dans les engrais, surtout composés (NPK). Ceci ressort également des chiffres de 2012. L'année dernière, Rosier a été affecté par un affaiblissement de la demande d'engrais composés, précisément son coeur de métier. Les volumes ont baissé par rapport à 2011, mais ce repli a été compensé par une augmentation de prix au 1er semestre de l'exercice passé. Dès lors, le chiffre d'affaires (CA) a tout de même augmenté de près de 5% (de 265,5 à 278,4 millions EUR). L es faibles volumes et les coûts plus élevés compriment les marges : le résultat opérationnel (EBIT) a atteint à peine 3,2 millions EUR, contre encore 9,6 millions EUR en 2011. Ce qui représente seulement une marge d'EBIT de 1,2%, contre encore 3,6% en 2011. Le résultat net a également dévissé de 2/3, de 6,6 à 2,3 millions EUR. Par action, il passe de 25,75 à 8,89 EUR. Cela signifie donc que la quasi-totalité du bénéfice net doit être utilisée pour pouvoir maintenir le dividende à 8 EUR bruts par action (6 EUR nets). L'offre n'intervient pas à un moment idéal pour l'actionnaire particulier : précisément après une année 2013 moins bonne. Le prix offert est égal à la valeur comptable par action et représente seulement 1/3 du cours maximum de 2008. Compte tenu de la capitalisation boursière limitée de Rosier (à peine 51 millions EUR), le prix ne représente pas grand-chose pour un géant comme Total. Le timing n'est donc favorable que du point de vue de Borealis. Nous attendrions dès lors et ne participerions pas encore à l'offre.Le prix offert est trop bas. Le conseil demeure "conserver/attendre" (rating 3C) ou "ne pas participer à l'offre".