La direction du fabricant d'aliments pour bétail se dit, à juste titre, déçue par les résultats du semestre. A l'exception du chiffre d'affaires, tous les principaux paramètres ont reculé en glissement annuel. Et encore: si le chiffre d'affaires a augmenté de 2%, c'est grâce à deux acquisitions récentes, sans quoi il aurait cédé 0,5%. Le cash-flow opérationnel (Ebitda) s'est tassé de 20% (28%, sans les acquisitions). Le bénéfice opérationnel et le bénéfice net ont chuté de 44% et de 46% par rapport à l'an passé, plombant toutes les marges bénéficiaires au passage.
...

La direction du fabricant d'aliments pour bétail se dit, à juste titre, déçue par les résultats du semestre. A l'exception du chiffre d'affaires, tous les principaux paramètres ont reculé en glissement annuel. Et encore: si le chiffre d'affaires a augmenté de 2%, c'est grâce à deux acquisitions récentes, sans quoi il aurait cédé 0,5%. Le cash-flow opérationnel (Ebitda) s'est tassé de 20% (28%, sans les acquisitions). Le bénéfice opérationnel et le bénéfice net ont chuté de 44% et de 46% par rapport à l'an passé, plombant toutes les marges bénéficiaires au passage.En cause: l'incapacité dans laquelle se trouve le groupe de répercuter suffisamment la hausse des cours des matières premières sur la clientèle, dont nombre des marchés de débouché ont été confinés. La fermeture de l'horeca a étouffé la demande de viande, de produits laitiers et d'oeufs partout où ForFarmers est actif, ce qui empêche ses propres clients d'absorber et de répercuter toute augmentation des prix des aliments pour bétail. Les prix des denrées précitées se stabilisent lentement, mais dans une mesure toujours insuffisante. La direction assure que le groupe finira par augmenter ses tarifs, mais pas aussi rapidement qu'il l'aurait fait normalement. La pression sur les marges va donc se maintenir quelques mois encore. C'est du reste l'ensemble du secteur de l'alimentation animale qui est pris en étau entre l'envolée des prix des intrants et la quasi-absence de possibilités de la répercuter à brève échéance - selon la direction, la clientèle estime que le secteur aura à coeur de ne pas la mettre en difficulté et donc, de n'ajuster que modérément et progressivement ses tarifs. Par ailleurs, un "incident" qui, en raison de contrats mal évalués, entraînera un recul de 4 millions d'euros de l'Ebidta, s'est produit en Allemagne. Compte tenu de la confiance, déjà très faible, du marché, la direction ne peut plus se permettre aucune erreur. Sans surprise, le cours de l'action s'est tassé de plus de 5% en réaction aux chiffres.La pression sur les marges est, ceci dit, également source d'opportunités. Avec une abondance de fonds propres (41% du total du bilan) et un ratio d'endettement net (dette nette/Ebitda) de 0,7, ForFarmers demeure extrêmement sain, ce qui le met en mesure de participer au mouvement de consolidation. Yoram Knoop, son CEO, n'y va pas par quatre chemins: le contexte est darwinien. C'est pourquoi le groupe souhaite s'implanter, par le biais d'acquisitions, dans deux nouveaux marchés, de préférence non européens, où l'agriculture a plus d'opportunités de se développer tout en étant soumise à moins de contraintes environnementales. On n'en sait pas plus sur les cibles qui sont, apparemment, identifiées. A moyen terme, la direction va devoir démontrer sa capacité à concrétiser ses ambitions. Elle entend réduire les dépenses de 7 millions d'euros en 2021 et 2022; il semblerait qu'elle soit sur la bonne voie. Elle a ajouté que d'ici à la fin de l'année, des innovations permettront d'alléger considérablement l'empreinte écologique de la clientèle, ce qui constituerait un atout majeur pour une agriculture européenne justement très critiquée sur ce point. ForFarmers conserve divers atouts, comme son bilan, qui devrait lui permettre de gagner des parts de marché, sa faible valorisation, certes en partie justifiée, et un rendement en dividende de plus de 5% brut. Nous passons toutefois à un avis neutre, jusqu'à ce que la direction prouve sa capacité à capitaliser sur ces avantages. Conseil: conserver/attendreRisque: moyenRating: 2BCours: 4,63 eurosTicker: FFARMCode ISIN: NL0011832811Marché: Euronext AmsterdamCapit. boursière: 440 millions EURC/B 2020: 36C/B attendu 2021: 11Perf. cours sur 12 mois: -15%Perf. cours depuis le 01/01: -13%Rendement du dividende: 5,8%