Nous vous avions prévenus que les chiffres de l'exercice 2017 pourraient nous laisser quelque peu sur notre faim. Le bilan en demi-teinte de cette "année de transition", pour reprendre les termes de la direction - une expression à la mode, dans le milieu -, ne s'explique pas que par les difficultés qu'a éprouvées le groupe à rivaliser avec une année 2016 très florissante. Il est également imputable au temps perdu au début de l'année 2017. L'exercice venait en effet à peine de commencer lorsque le mastodonte américain du capital-investissement Bain Capital (qui gère non moins de 75 milliards de dollars) a lancé une offre de rachat amiable sur Resilux (à 195 euros par action). L'objet de la manoeuvre: fusionner Resilux avec l'entreprise britannique Petainer. Fin mars, les Américains ont toutefois renoncé à cette tentative de rachat, en concertation avec le conseil d'administration de Resilux. Une év...

Nous vous avions prévenus que les chiffres de l'exercice 2017 pourraient nous laisser quelque peu sur notre faim. Le bilan en demi-teinte de cette "année de transition", pour reprendre les termes de la direction - une expression à la mode, dans le milieu -, ne s'explique pas que par les difficultés qu'a éprouvées le groupe à rivaliser avec une année 2016 très florissante. Il est également imputable au temps perdu au début de l'année 2017. L'exercice venait en effet à peine de commencer lorsque le mastodonte américain du capital-investissement Bain Capital (qui gère non moins de 75 milliards de dollars) a lancé une offre de rachat amiable sur Resilux (à 195 euros par action). L'objet de la manoeuvre: fusionner Resilux avec l'entreprise britannique Petainer. Fin mars, les Américains ont toutefois renoncé à cette tentative de rachat, en concertation avec le conseil d'administration de Resilux. Une éventuelle intervention des autorités de la concurrence allemandes aurait pu occasionner des mois de retard... La valeur ajoutée globale - qui constitue un meilleur étalon que le chiffre d'affaires (CA) étant donné les répercussions importantes des prix des matières premières - a encore progressé de 6,3%, à 76,8 millions d'euros (CA: +11,9%) en 2017; le cash-flow d'exploitation (Ebitda), lui, a effectué un mouvement de recul pour se fixer à 37,4 millions d'euros (-1,4%). Sous l'effet de la hausse des amortissements et des réductions de valeur, le bénéfice d'exploitation (Ebit) a même reculé de 8,1% (21,7 millions d'euros). Le bénéfice net s'est élevé à 16,52 millions d'euros (+0,3% ou 8,16 euros par action), si, du moins, on ne prend en considération que les activités "traditionnelles" de Resilux. Les chiffres de 2017 n'englobent pas les dépenses exposées par le groupe (frais de consultance) jusqu'à ce que Bain Capital renonce à le racheter. Quant aux chiffres de 2016, ils ne tenaient pas compte des contributions relatives à la vente des actions de la joint-venture AirOLux. Cette cession est la conséquence du verdict rendu dans le cadre de la "guerre des aérosols" que se sont livrée Resilux et le groupe néerlando-suisse AirOPack Technology Group (ATG) de l'homme d'affaires néerlandais Quint Kelders. Finalement, ATG a racheté la participation de Resilux au prix de 62 millions d'euros. Une partie de ce montant (33 millions d'euros) a été versée aux actionnaires à la mi-septembre 2017 sous la forme d'une réduction de capital (fiscalement avantageuse). Chaque actionnaire a en effet perçu 16,30 euros par action. En distribuant autant de dividendes, la famille De Cuyper a envoyé un signal clair quant au fait qu'elle n'entend nullement se lancer dans l'immédiat dans de grandes opérations de rachat. Dans le secteur traditionnel de production de PET, le groupe de Wetteren émarge au gotha technologique absolu. Resilux opte résolument pour une stratégie de croissance alimentée par ses propres ressources, en développant de nouveaux produits et en procédant à de petites acquisitions ciblées, à échelle locale. Au printemps 2017, le groupe a réalisé une opération de rachat d'ampleur modeste en Serbie (Borverk). A l'automne, il a jeté son dévolu sur le groupe suisse Signode Industrial Group, connu sous le nom de Poly Recycling et spécialisé dans les activités de recyclage PET, d'être racheté par Resilux. Vu la stagnation des bénéfices, le dividende "de base" pour l'exercice 2017 reste inchangé (deux euros brut par action). Le fait que Resilux a investi l'an dernier 18,7 millions d'euros, dont 4,5 millions d'euros en immeubles, prouve que le groupe ambitionne de retrouver la voie de la croissance cette année. Pour y parvenir, il a également investi dans huit nouvelles machines, à Wetteren et aux Etats-Unis principalement. Nous nous attendons à une croissance du Rebitda de 5 à 10% (au bas mot) cette année. Resilux vise de nouveau la croissance, et surtout organique. Nous pouvons nous attendre à ce que le groupe développe de nouveaux produits, ouvre de nouvelles usines et réalise encore l'une ou l'autre opération de rachat (ciblée). Valorisée à sept fois le rapport escompté entre la valeur de l'entreprise (EV) et l'Ebitda et à 13 fois le bénéfice attendu pour cette année, l'action demeure sous-valorisée. Conseil : acheter Risque : faible Rating : 1ACours : 143 eurosTicker : RES BBCode ISIN : BE0003707214Marché : Euronext Bruxelles Capit. boursière : 290 millions EURC/B 2017 : 18C/B 2018 attendu : 13Perf. cours sur 12 mois : -15 %Perf. cours depuis le 01/01 : -1 %Rendement du dividende : 1,4 %