Le producteur flamand de bouteilles et préformes en PET dirigé par les frères De Cuyper est une entreprise solide, dont la croissance est prévisible. Si le groupe a fait couler l'encre l'an dernier, c'est en raison de ce qu'on a appelé la "guerre des aérosols". Elle opposait Resilux et le groupe helvético-néerlandais AirOPackTechnology Group (ATG) du Néerlandais Quint Kelders. L'enjeu était le contrôle de la joint-venture fondée en 2009, AirOLux, la société à l'origine de la technologie AirOPack AirOPack. Cette technologie révolutionnaire permet de remplir des bouteilles en PET à air comprimé - et donc sans gaz propulseur (aérosol) - de liquides, de poudres, de gaz et de produits de viscosité moyenne à élevée (crèmes, mousses, gels). C'est le rachat de la part de Resilux par ATG qui...

Le producteur flamand de bouteilles et préformes en PET dirigé par les frères De Cuyper est une entreprise solide, dont la croissance est prévisible. Si le groupe a fait couler l'encre l'an dernier, c'est en raison de ce qu'on a appelé la "guerre des aérosols". Elle opposait Resilux et le groupe helvético-néerlandais AirOPackTechnology Group (ATG) du Néerlandais Quint Kelders. L'enjeu était le contrôle de la joint-venture fondée en 2009, AirOLux, la société à l'origine de la technologie AirOPack AirOPack. Cette technologie révolutionnaire permet de remplir des bouteilles en PET à air comprimé - et donc sans gaz propulseur (aérosol) - de liquides, de poudres, de gaz et de produits de viscosité moyenne à élevée (crèmes, mousses, gels). C'est le rachat de la part de Resilux par ATG qui a mis un terme au conflit. Resilux a reçu 62 millions d'euros. Le terme mis à cet accord de collaboration qui semblait si prometteur a certes déçu les actionnaires, mais se révèle, avec un peu de recul, moins grave, à plus forte raison depuis qu'on a appris qu'ATG avait enregistré une perte colossale l'an dernier. Et alors que personne ne doutait du potentiel de croissance des activités traditionnelles de Resilux, le marché s'est étonné d'apprendre, il y a deux mois, que le mastodonte américain du private equity Bain Capital (75 milliards de dollars d'actifs) avait lancé une offre de reprise conditionnelle sur le producteur flamand. Le fonds de capital-investissement américain offrait 195 euros en liquide par action Resilux, ce qui valorisait le groupe belge à 390 millions d'euros, soit une prime " classique " de 20% par rapport au cours (162,5 euros) au moment de l'annonce. Récemment cependant, les Américains ont renoncé à lancer l'offre, car le temps d'analyse nécessaire annoncé par les autorités de la concurrence allemandes aurait trop freiné la transaction. Dans le segment classique PET, Resilux figure au sommet en Europe. Sur le plan technologique, l'entreprise de Wetteren est non seulement à l'avant-garde, mais elle enregistre aussi une croissance solide. Même si c'était moins visible au niveau des résultats annuels 2016. La valeur ajoutée (meilleur critère que le chiffre d'affaires en raison de l'impact important des prix des matières premières) a progressé de 3% (chiffre d'affaires en hausse de " seulement " 1%), à 74,5 millions d'euros. Cette hausse s'est traduite par une augmentation de 4,4% du cash-flow opérationnel (EBITDA) à 40,2 millions d'euros et une progression de 6% du bénéfice opérationnel (EBIT), à 25,8 millions d'euros. Le résultat net est ressorti à 19,2 millions d'euros (+7% ou 9,6 euros par action). Du moins si on ne prend en considération que les activités classiques (PET) de Resilux. En incluant la plus-value sur la vente de sa participation dans AirOLux, le bénéfice net ressort à 59,7 millions d'euros ou 29,5 euros par action. Mais évidemment, il s'agit d'un résultat unique. Depuis le rachat d'AirOLux, Resilux affichait une position nette de trésorerie de 22,3 millions d'euros (ou environ 11 euros par action) fin 2016. Le groupe en a profité pour réaliser une petite acquisition (7,1 millions d'euros de chiffre d'affaires en 2016) en Serbie (Borverk). Espérons que l'entreprise pourra désormais se concentrer sur ses activités traditionnelles. Nous pouvons nous attendre à de nouvelles initiatives industrielles, et peut-être à une ou plusieurs acquisitions (ciblées). À 7 fois le rapport entre la valeur d'entreprise escomptée (EV) et le cash-flow opérationnel (EBITDA) 2017, l'action est sous-valorisée. Comme on a pu le voir, un observateur sérieux a déjà estimé l'entreprise à 195 euros par action. Nous relevons assurément notre conseil. Conseil : digne d'achatRisque : faibleRating : 1ADevise : euroMarché : Euronext BruxellesCapit. boursière : 325 millions d'eurosC/B 2016 : 5,5C/B attendu 2017 : 15Perf. cours sur 12 mois : +23 %Perf. cours depuis le 01/01 : +5,5 %Rendement du dividende : 1,2 %