bpost échoue toujours à compenser l'inflexion des bénéfices due à la contraction des volumes de courrier par une hausse de ceux générés par l'activité distribution de colis et par Radial, sa filiale logistique américaine. L'entreprise pronostique pour cette année un bénéfice opérationnel ajusté de 240 millions à 270 millions d'euros, soit 15% de moins que les 310 millions d'euros enregistrés en 2019 (bénéfice opérationnel de 424 millions encore en 2018). Le repli envisagé pour cette année devrait de surcroît être bien plus marqué que prévu, puisque ces chiffres ne tiennent pas encore compte de la crise sanitaire, laquelle affectera lourdement les bénéfices même si la distribution de courrier se poursuit et que, circonstances obligent, celle des...

bpost échoue toujours à compenser l'inflexion des bénéfices due à la contraction des volumes de courrier par une hausse de ceux générés par l'activité distribution de colis et par Radial, sa filiale logistique américaine. L'entreprise pronostique pour cette année un bénéfice opérationnel ajusté de 240 millions à 270 millions d'euros, soit 15% de moins que les 310 millions d'euros enregistrés en 2019 (bénéfice opérationnel de 424 millions encore en 2018). Le repli envisagé pour cette année devrait de surcroît être bien plus marqué que prévu, puisque ces chiffres ne tiennent pas encore compte de la crise sanitaire, laquelle affectera lourdement les bénéfices même si la distribution de courrier se poursuit et que, circonstances obligent, celle des colis augmente.La direction craint une chute de 9% à 11% des volumes de courrier classique cette année. Ce serait un nouveau coup dur pour bpost, incapable de compenser les baisses supérieures à 8% par des majorations de prix et par une plus grande efficience. Malgré l'augmentation de 5% des tarifs, le chiffre d'affaires (CA) du pôle Mail & Retail va céder 5%, un revers dont les répercussions, sur le bénéfice opérationnel, seront bien plus marquées encore. Si le fléchissement du CA grève le bénéfice opérationnel, c'est que les dépenses ne sont pas encore maîtrisées, elles non plus. La marge bénéficiaire tombera par conséquent de 12,4% en 2019 à 8-10% cette année. Le courrier classique assurant toujours l'essentiel du bénéfice opérationnel, les progrès constatés dans les autres divisions ne suffiront pas, tant s'en faut, à stabiliser le bénéfice.La division Parcels & Logistics Europe et Asie, elle, poursuit sur sa lancée. Son CA a augmenté de 5% en 2019, tandis que son bénéfice opérationnel ajusté bondissait de plus de 70%, de 38 millions à 65 millions d'euros. Reste que cette envolée en rythme annuel coïncide avec la diminution du bénéfice que Mail & Retail subit en un seul trimestre. L'activité Colis pronostique pour cette année un rebond d'un peu plus de 10% de son CA et une marge bénéficiaire de 6% à 8%, ce qui est à peu près conforme aux résultats de l'an passé; l'on ne peut donc pas encore espérer de miracles de sa part sur le plan des bénéfices.A plus long terme, c'est la contribution de la division Parcels & Logistics Amérique du Nord, autrement dit Radial, qui devrait sauver la situation. Radial achève le quatrième trimestre sur un bénéfice de 10 millions d'euros, mais l'ensemble de l'exercice sur une perte de 3 millions d'euros. Ses ventes devraient s'accélérer cette année de 5% environ, pour une marge de 2%. Sa contribution au bénéfice serait donc de quelque 40 millions d'euros, bien insuffisant actuellement pour endiguer l'hémorragie globale.Si le dividende versé au titre de 2019 atteint 85% encore du bénéfice net (0,73 euro par action, dont 0,62 euro ont été payés en décembre), pour les exercices qui suivent, la direction ne veut pas s'engager sans savoir ce que les plans d'investissement vont absorber en liquidités - les activités logistiques en Europe et aux Etats-Unis ont en effet besoin de temps et d'investissements pour atteindre une taille critique.Depuis la chute du titre et malgré un bénéfice revu à la baisse pour 2020, la valorisation, à un ratio cours/bénéfice de 8 et un rendement du dividende estimé à 8%, est particulièrement attrayante. Mais le repli des bénéfices n'est toujours pas maîtrisé et la crise sanitaire est désormais un problème de plus. Nous conseillons toujours de conserver. Conseil: conserverRisque: moyenRating: 2BTicker: BPOSTCode ISIN: BE0974268972Marché: Euronext BruxellesCapit. boursière: 1,24 milliard EURC/B 2019: 12C/B attendu 2020: 8Perf. cours sur 12 mois: -23%Perf. cours depuis le 01/01: -35%Rendement du dividende: 8%