Les résultats du quatrième trimestre ont propulsé le cours à la hausse (+1,21 dollar, soit +10,3%). Le titre enregistre donc un rebond de 60% environ depuis août. A l'époque pourtant, les choses se présentaient particulièrement mal pour le conglomérat, qu'un rapport accusait de fraude comptable; l'épais document était signé Harry Markopolos, l'homme qui avait révélé l'escroquerie de Bernard Madoff. L'épreuve fut pour Lawrence Culp son plus grand test depuis son arrivée à la tête de General Electric (GE), en octobre 2018. Furieux, le quinquagénaire, très apprécié des analystes et investisseurs, a accusé le lanceur d'alerte de vouloir manipuler le marché; le spécialiste ne cachait en effet pas sa collaboration avec un hedge fund qui, parce qu'il prenait des positions courtes sur l'ac...

Les résultats du quatrième trimestre ont propulsé le cours à la hausse (+1,21 dollar, soit +10,3%). Le titre enregistre donc un rebond de 60% environ depuis août. A l'époque pourtant, les choses se présentaient particulièrement mal pour le conglomérat, qu'un rapport accusait de fraude comptable; l'épais document était signé Harry Markopolos, l'homme qui avait révélé l'escroquerie de Bernard Madoff. L'épreuve fut pour Lawrence Culp son plus grand test depuis son arrivée à la tête de General Electric (GE), en octobre 2018. Furieux, le quinquagénaire, très apprécié des analystes et investisseurs, a accusé le lanceur d'alerte de vouloir manipuler le marché; le spécialiste ne cachait en effet pas sa collaboration avec un hedge fund qui, parce qu'il prenait des positions courtes sur l'action GE, avait tout intérêt à ce que son cours s'effondre. Le CEO de GE a immédiatement acquis pour un peu moins de deux millions de dollars de titres, à un prix juste inférieur à huit dollars l'unité. Le cours s'est stabilisé et six mois plus tard, la transaction peut être qualifiée de lucrative. GE achève le trimestre sur un chiffre d'affaires (CA) de 26,24 milliards de dollars, en recul de 1% en un an (26,50 milliards de dollars). Le CA organique (hors reprises et désinvestissements) des divisions Aviation (+7%, malgré les déboires du Boeing 737 Max), Power (+5%), Renewable Energy (+4%) et Healthcare (+1%) affiche une progression, qu'a toutefois totalement annihilée la chute de celui de GE Capital (-15%, à 2,1 milliards de dollars). Saluons en tout état de cause le relèvement enfin enregistré par GEPower, dont l'hémorragie n'est toutefois peut-être pas totalement endiguée, puisque son carnet de commandes est tombé à 4,5 milliards de dollars (-28%); c'est de cette division que Lawrence Culp avait déprécié le goodwill de près de 22 milliards de dollars dès son entrée en fonction. Le bénéfice ajusté consolidé s'établit à 0,21 dollar par action, soit 50% de plus qu'en octobre-décembre 2018, alors que le consensus misait sur 0,174 dollar. Le bénéfice pour l'exercice atteint donc 0,65 dollar par action, tout en haut de la fourchette prévisionnelle de 0,55-65 dollar. Plus prudente que le consensus (0,67 dollar), la direction évoque un bénéfice de 0,50-0,60 dollar pour 2020. En réussissant une fois encore à clore l'exercice sur des cash-flows plus élevés que prévu et en émettant des prévisions très encourageantes pour 2020, elle a pourtant donné un vrai coup de pouce au cours. Alors que les cash-flows disponibles pour les activités industrielles pronostiqués à la mi-2019 ne dépassaient pas un milliard de dollars, l'on évoquait, dès l'automne, une possible multiplication par deux de ce montant; GE a acté pour l'exercice un chiffre de 2,32 milliards de dollars, et parle de 4 milliards de dollars environ pour 2020. L'endettement des activités industrielles continue donc à s'alléger (rapport dette nette/cash-flows opérationnels tombé de 4,8 en 2018 à 4,2 en 2019). Les analystes espèrent précisément que cette accélération des cash-flows (en plus des cessions d'actifs) ramènera l'endettement du conglomérat à un niveau acceptable. Loin de garder les bras croisés, Lawrence Culp a notamment baissé le dividende trimestriel à 0,01 dollar par action et vendu, pour 21,4 milliards de dollars, Biofarma, l'une des divisions phares du groupe, à Danaher, qu'il dirigeait précédemment. La transaction a incité les investisseurs à considérer le titre d'un autre oeil. L'acharnement avec lequel son CEO cherche à stabiliser un conglomérat en mauvaise posture et à lui rendre des perspectives d'avenir, est digne d'être applaudi. Les analystes sont redevenus optimistes. Conseil: conserver/attendreRisque: élevéRating: 2CCours: 12,83 dollarsTicker: GE USCode ISIN: US369604103Marché: NYSECapit. boursière: 112 milliards USDC/B 2019: 22,5C/B attendu 2020: 21Perf. cours sur 12 mois: +36%Perf. cours depuis le 01/01: +15%Rendement du dividende: 0,3%