Le rendement (hausse du cours + dividendes) de Solvay reste nettement en retrait par rapport au principal indice d'actions de la Bourse de Bruxelles: le titre a rapporté au cours de la dernière décennie 75%, contre 94% pour le Bel 20. Solvay a sur cette même période fait partie des lanternes rouges au sein de l'indice Euro Stoxx 600 Chemicals, avant d'entamer un redressement il y a quelques mois.
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Le rendement (hausse du cours + dividendes) de Solvay reste nettement en retrait par rapport au principal indice d'actions de la Bourse de Bruxelles: le titre a rapporté au cours de la dernière décennie 75%, contre 94% pour le Bel 20. Solvay a sur cette même période fait partie des lanternes rouges au sein de l'indice Euro Stoxx 600 Chemicals, avant d'entamer un redressement il y a quelques mois. L'exposition du groupe au secteur de la navigation aérienne (problèmes du 737 Max de Boeing) et à celui de l'industrie pétrolière et gazière, n'est évidemment, en pleine crise sanitaire, pas un cadeau. En témoigne, la dépréciation de près de 1,5 milliard d'euros annoncée fin juin sur Cytec, spécialiste des matériaux composites légers destinés à l'industrie automobile et aéronautique acquis en 2016. Le coût de la transaction avait à l'époque suscité de nombreux commentaires, dont la dépréciation prouve aujourd'hui qu'ils n'étaient pas tout à fait infondés. L'entreprise belge continue par ailleurs à payer de généreux dividendes, ce qui ralentit le remboursement de ses dettes (dont celle liée à la reprise de Cytec). Ses résultats trimestriels sont néanmoins conformes aux prévisions des analystes, si bien que l'action s'est envolée à leur annonce. Solvay a achevé le troisième trimestre sur un chiffre d'affaires en baisse de 18,4% (-14,3% en termes organiques, c'est-à-dire abstraction faite des acquisitions et cessions), de 2,578 à 2,103 milliards d'euros (consensus: 2,208 milliards, ou 5% de plus), un tassement identique à celui du deuxième trimestre (-18%). Le chiffre d'affaires a cédé 13,5% (de 7,803 à 6,751 millions d'euros) en neuf mois. A 11,9%, le ralentissement de la croissance organique est moins marqué. Le cash-flow opérationnel (Ebitda) cède 21,4%, à 473 millions d'euros (601 millions, un an plus tôt), alors que, soulignons-le, le consensus tablait sur un Ebitda de 450 millions d'euros, en retrait de 5% par rapport au chiffre réel. La marge d'Ebitda est passée de 23,3% au troisième trimestre de 2019 à 22,5% au troisième trimestre, pourtant difficile, de cette année. L'Ebitda achève la période janvier-septembre à 1,481 milliard d'euros, soit un repli de 17,5% en un an (1,796 milliard). Le bénéfice sous-jacent est arrêté à 176 millions d'euros pour le troisième trimestre, et à 522 millions pour les neuf premiers mois de l'exercice. Les analystes ont apprécié le bond à 366 millions d'euros (+17,1%, en glissement annuel) des cash-flows disponibles, qu'explique une stricte maîtrise des coûts; tout porte à croire qu'à l'issue de l'exercice, les flux de trésorerie disponibles s'établiront aux alentours de 900 millions d'euros, ce qui correspondrait à une envolée de 50% en un an. Solvay maîtrisant parfaitement ses coûts, ses flux de trésorerie disponibles sont demeurés élevés malgré la crise. Les investisseurs, tant belges qu'internationaux, recommencent à s'intéresser à l'action. La valorisation a légèrement augmenté mais à 1,3 fois la valeur comptable et moyennant un Ebitda qui devrait tourner autour de 7 en 2021, elle n'est toujours pas très élevée. Vu le regain d'intérêt à l'étranger, nous relevons notre conseil. Conseil: acheterRisque: moyenRating: 1BCours: 95,60 eurosTicker: SOLB BBCode ISIN: BE0003470755Marché: Euronext BruxellesCapit. boursière: 10,21 milliards EURC/B 2019: 15C/B attendu 2020: 19Perf. cours sur 12 mois: -6%Perf. cours depuis le 01/01: -8%Rendement du dividende: 4,1%