Compte tenu de la forte pression exercée sur les marges du groupe ces dernières années et de son endettement élevé, l'éclatement de la pandémie avait provoqué un mouvement de panique parmi ses actionnaires. Mais la direction a immédiatement réagi, faisant pour un temps de la gestion de la trésorerie sa préoccupation majeure; elle a sabré dans les coûts, interrompu l'activité de nombre de ses usines et mis la majorité du personnel en chômage temporaire. Elle a en outre étoffé les liquidités de Balta en levant une ligne de crédit renouvelable de 72,7 millions d'euros en Europe et aux Etats-Unis. Plus important encore est l'accord très tôt conclu avec les principaux créanciers, en vertu duquel les banques ont accepté que jusqu'à la fin du deuxième trime...

Compte tenu de la forte pression exercée sur les marges du groupe ces dernières années et de son endettement élevé, l'éclatement de la pandémie avait provoqué un mouvement de panique parmi ses actionnaires. Mais la direction a immédiatement réagi, faisant pour un temps de la gestion de la trésorerie sa préoccupation majeure; elle a sabré dans les coûts, interrompu l'activité de nombre de ses usines et mis la majorité du personnel en chômage temporaire. Elle a en outre étoffé les liquidités de Balta en levant une ligne de crédit renouvelable de 72,7 millions d'euros en Europe et aux Etats-Unis. Plus important encore est l'accord très tôt conclu avec les principaux créanciers, en vertu duquel les banques ont accepté que jusqu'à la fin du deuxième trimestre de 2021, le calcul des covenants tienne compte des répercussions de la crise sanitaire. Balta avait achevé l'exercice 2019 sur une dette financière nette correspondant à 4 fois son cash-flow opérationnel (Ebitda); six mois plus tard, l'endettement était passé, abstraction faite de la norme IFRS 16 (applicable aux contrats de location), à 5,9 fois l'Ebitda. Il est retombé au cours du troisième trimestre à 4,7 fois l'Ebitda grâce aux cash-flows dégagés (30,4 millions d'euros), un résultat rendu possible par le redressement du chiffre d'affaires (CA) et par l'exécution de NEXT. La crise sanitaire avait interrompu ce programme destiné à améliorer la rentabilité du groupe mais il a repris au début du mois de juillet. Les divisions ont évolué en ordre dispersé, au troisième trimestre. L'activité Rugs (tapis) enregistre une hausse de 11% (à 48,3 millions d'euros) de son CA en glissement annuel; c'est sur le marché américain que l'accélération, portée notamment par la progression des ventes en ligne, est la plus marquée. Le CA de la division Residential (moquettes tuftées et tissées) est identique à celui de l'an passé (47,1 millions d'euros), celui de la division Commercial chute de 23,7%. Le CA du groupe cède par conséquent 7,2% (à 144,4 millions d'euros) et après neuf mois, 19% (à 410,8 millions). Comme le suggère l'évolution du taux d'endettement, la rentabilité est encourageante. Malgré le tassement du CA, l'Ebitda corrigé s'est envolé de 26,3% (à 21,8 millions d'euros). C'est dans la division Rugs que son évolution est la plus spectaculaire (+164%, de 2,6 à 6,9 millions d'euros), mais Residential se défend bien elle aussi (de 3,5 à 7,3 millions, soit une multiplication par plus de deux). Seule la division Commercial continue de voir l'Ebitda reculer (-32%, de 10,5 à 7,1 millions d'euros). La marge d'Ebitda (cash-flow opérationnel/chiffre d'affaires) du groupe est passée de 11,1% à 15,1%, compensant dans une large mesure les piètres résultats du deuxième trimestre. Au terme des trois premiers trimestres, la marge d'Ebitda s'établit à 9,8%, soit une baisse d'un pour cent en un an. La direction s'est abstenue d'émettre des pronostics pour l'exercice. Notons que le fonds spéculatif néerlandais Farringdon Capital Management a souligné sa confiance dans le groupe en portant début novembre sa participation à un peu plus de 5%. La situation n'est facile pour personne, et l'est moins encore pour les entreprises à la fois très endettées et peu rentables. La direction a cependant jusqu'à présent parfaitement géré la crise, d'où notre décision de relever à nouveau notre conseil, malgré le récent rebond du cours. En effet, l'action est faiblement valorisée. Elle se destine, toutefois, à l'investisseur conscient des risques. Conseil: acheterRisque: élevéRating: 1CCours: 2,24 eurosTicker: BALTA BBCode ISIN: BE0974314461Marché: Euronext BruxellesCapit. boursière: 80,5 millions EURC/B 2019: 12C/B attendu 2020: -Perf. cours sur 12 mois: -16%Perf. cours depuis le 01/01: -20%Rendement du dividende: -