Acteur du luxe par excellence, Moët Hennessy Louis Vuitton (LVMH) a, pendant des années, habitué analystes et actionnaires à une croissance spectaculaire de son chiffre d'affaires (CA). Les attentes ont quasiment toujours été dépassées, jusqu'au double faux pas du 4e trimestre de 2019. Car à 8%, la croissance organique (à l'exclusion des acquisitions) a non seulement été inférieure à celle des trimestres précédents (11% sur les neuf premiers mois de l'année), mais aussi au consensus (8,7%). Ce sont principalement les manifestations à Hong Kong qui ont pesé dans la balance - car l'effet probablement négatif du coronavirus ne sera perceptible qu'au premier trimestre de 2020.
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Acteur du luxe par excellence, Moët Hennessy Louis Vuitton (LVMH) a, pendant des années, habitué analystes et actionnaires à une croissance spectaculaire de son chiffre d'affaires (CA). Les attentes ont quasiment toujours été dépassées, jusqu'au double faux pas du 4e trimestre de 2019. Car à 8%, la croissance organique (à l'exclusion des acquisitions) a non seulement été inférieure à celle des trimestres précédents (11% sur les neuf premiers mois de l'année), mais aussi au consensus (8,7%). Ce sont principalement les manifestations à Hong Kong qui ont pesé dans la balance - car l'effet probablement négatif du coronavirus ne sera perceptible qu'au premier trimestre de 2020. Si, logiquement, le cours ne s'est pas envolé à la publication des résultats, l'on ne peut parler de catastrophe. Le groupe connaît toujours une croissance supérieure à celle de la concurrence (pour le secteur du luxe dans son ensemble, la progression, en 2019, est estimée à 6%), car il excelle dans l'art d'identifier les nouveaux talents du design et séduit aussi les milléniaux et la génération Z. De 15% (de 46,82 à 53,67 milliards d'euros), la croissance qu'il a réalisée en 2019 est impressionnante. LVMH a vu son CA passer de 20 milliards d'euros au début de la décennie à plus de 50 milliards en 2019. La croissance organique ayant ralenti au dernier trimestre, elle s'élève à 10%. En novembre 2019, le géant du luxe a encore frappé un grand coup: en s'offrant le prestigieux bijoutier américain Tiffany & Co pour près de 15 milliards d'euros (l'acquisition devrait être achevée mi-2020), il est devenu un acteur planétaire incontournable de la joaillerie. Mais la plus grande division, et aussi la plus rentable, reste incontestablement Mode&Maroquinerie, qui affiche encore une croissance de 15% du CA au 4e trimestre (+18% entre janvier et fin septembre). Florilège de marques renommées à l'international, telles que Louis Vuitton ou Fendi, la division pesait, en 2019, 41,4% du CA et près de 64% du bénéfice d'exploitation (Ebit) - contre quelque 59% seulement en 2018. Son Ebit a augmenté de 24% sur l'exercice écoulé (de 5,94 à 7,34 milliards d'euros), contre +15% seulement au niveau du groupe (de 10 à 11,50 milliards). L'autre division très rentable est Vins&Spiritueux, avec notamment les marques renommées Moët&Chandon, Dom Perignon ou Hennessy; en termes organiques, son CA a progressé de 6% sur l'exercice (+7% sur les neuf premiers mois de l'année, +3% au 4e trimestre). Les volumes de champagne ont en revanche déçu. La division Distribution sélective qui, outre les boutiques Sephora, comprend surtout le groupe DFS, a vu, au 4e trimestre, son CA augmenter d'un pour cent seulement en termes organiques. Sur l'exercice, la croissance organique retombe donc à 5%. Les résultats de Sephora ont été dopés par les débuts exceptionnels de Fenty Beauty, la nouvelle ligne de maquillage de la star de la pop Rihanna. La baisse des ventes à Hong Kong a toutefois lourdement pesé sur la division. Depuis l'annonce de l'apparition du coronavirus en Chine, un marché crucial pour le géant du luxe, le cours a cédé quelque 10%, en janvier. Cela peut sembler cynique, mais s'il devait baisser encore, nous n'en serions pas désolés, puisque nous pourrions alors envisager l'intégration du titre dans le portefeuille modèle. A 25 fois le bénéfice attendu cette année et avec une valeur d'entreprise correspondant à 14 fois le cash-flow opérationnel (Ebitda), la valorisation du titre a déjà diminué. Conseil: conserver/attendreRisque: faibleRating: 2ACours: 396,1 eurosTicker: MC FPCode ISIN: FR0000121014Marché: Euronext ParisCapit. boursière: 200,1 milliards EURC/B 2019: 28C/B attendu 2020: 25Perf. cours sur 12 mois: +41%Perf. cours depuis le 01/01: -4%Rendement du dividende: 1,5%