Unilever s'apprête à annoncer les résultats du 4e trimestre, un moment potentiellement délicat. Le groupe a beau être un géant de l'alimentation depuis plus d'un siècle, il souffre de problèmes de croissance. Par souci d'économie, il s'était replié sur le Royaume-Uni l'an passé, mais la pression n'a pas diminué pour autant. Bien que 58% de son chiffre d'affaires (CA) proviennent des émergents, que 14 des 50 marques les plus importantes dans le domaine des biens de consommation lui appartiennent (13 signent un CA annuel de plus d'un milliard d'euros) et que 2,5 milliards d'humains utilisent chaque jour un produit Unilever, la croissance et la rentabilité sont à la traîne par rapport à la concurrence.
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Unilever s'apprête à annoncer les résultats du 4e trimestre, un moment potentiellement délicat. Le groupe a beau être un géant de l'alimentation depuis plus d'un siècle, il souffre de problèmes de croissance. Par souci d'économie, il s'était replié sur le Royaume-Uni l'an passé, mais la pression n'a pas diminué pour autant. Bien que 58% de son chiffre d'affaires (CA) proviennent des émergents, que 14 des 50 marques les plus importantes dans le domaine des biens de consommation lui appartiennent (13 signent un CA annuel de plus d'un milliard d'euros) et que 2,5 milliards d'humains utilisent chaque jour un produit Unilever, la croissance et la rentabilité sont à la traîne par rapport à la concurrence. Le groupe compte trois divisions: Beauty & Personal Care (Axe, Dove et Rexona notamment; 21,1 milliards d'euros de CA, 41% du CA consolidé, 52% du bénéfice opérationnel en 2020), Foods & Refreshment (Ben & Jerry's, Knorr, Lipton, Magnum; 19,1 milliards d'euros, 38% du CA consolidé et 33% du bénéfice opérationnel) et Home Care (Omo, Persil, Sunlight; 10,5 milliards d'euros, 21% du CA consolidé, 15% du bénéfice opérationnel). Les actionnaires en ont assez que l'action fasse depuis trois ans moins bien que celles de Nestlé (40% de moins) et de Procter & Gamble (70%). Le Financial Times a indiqué mi-janvier que la société avait tenté à trois reprises d'acquérir la division grand public (Advil, Aquafresh, Sensodyne, Voltaren) de GlaxoSmithKline (GSK); la dernière fois, elle a proposé 60 milliards d'euros, toujours en vain. Analystes et investisseurs ont très mal pris la nouvelle, car c'eût été trop cher payer pour absorber certaines activités (produits sans ordonnance) dont la direction n'est pas familière. De surcroît, les fusions/acquisitions d'envergure réalisées dans le secteur ces cinq à six dernières années n'ont pas été de francs succès, les exemples les plus douloureux étant le rachat de Kraft Foods par Heinz et de SABMiller par AB InBev. Et comme si l'échec de la tentative sur GSK n'exerçait pas déjà suffisamment de pression sur la direction et en particulier, sur Alan Jope, le CEO, l'activiste américain Nelson Peltz en remet une couche: son fonds spéculatif Trian Fund Management a pris une participation dans Unilever, comme il l'a fait d'ailleurs pour toutes les entreprises du secteur qui ont eu des problèmes cette dernière décennie. Dans un second temps, Nelson Peltz présente un mémoire qui reprend les problèmes et leurs solutions, lesquelles consistent souvent à scinder le groupe. Pour Unilever, il pourrait prôner la séparation et éventuellement, la vente, du pôle alimentaire, une idée que la direction avait d'ailleurs déjà eue dans le contexte de la tentative sur GSK - l'entreprise aurait ainsi pu se développer dans les activités les plus rentables et se défaire de la division alimentaire, moins intéressante, pour doper sa valorisation. A présent, la réponse à l'arrivée de Nelson Peltz est un plan d'assainissement qui va coûter 1.500 postes de direction. Nous recommençons à suivre Unilever, dans lequel nous voyons même un candidat (défensif) au portefeuille, puisqu'il faudra bien que "quelque chose" se produise cette année, qui apaise les actionnaires. A un peu plus de 12 fois le rapport valeur de l'entreprise (EV)/cash-flow opérationnel, l'action présente une valorisation attrayante, puisque sa décote par rapport au secteur est de plus de 30%. Avec une juste valeur de 54 euros pour les 12 à 24 mois qui viennent, nous recommandons d'acheter. Conseil: acheterRisque: faibleRating: 1ACours: 46,64 eurosTicker: UNA NACode ISIN: GB00B10RPZ78Marché: AmsterdamCapit. boursière: 119,43 milliards EURC/B 2021: 19C/B attendu 2022: 17,5Perf. cours sur 12 mois: -2%Perf. cours depuis le 01/01: -1%Rendement du dividende: 3,7%