Cela n'étonnera personne: Moët Hennessy - Louis Vuitton (LVMH), groupe de luxe par excellence, n'a pas été épargné par le Covid-19. Rompant avec la tradition, le groupe a fait état d'une baisse de son chiffre d'affaires (CA) et de son bénéfice en 2020. Une très forte résilience a toutefois été constatée au deuxième semestre, ce que les investisseurs ont salué: l'action a mis le cap vers de nouveaux sommets et franchi pour la première fois la barre des 500 euros. Au berceau de la pandémie, en Chine, où le groupe a été en difficulté dès le premier trimestre, les troisième et quatrième trimestres ont été marqués par un redressement sans égal dans les autres régions.
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Cela n'étonnera personne: Moët Hennessy - Louis Vuitton (LVMH), groupe de luxe par excellence, n'a pas été épargné par le Covid-19. Rompant avec la tradition, le groupe a fait état d'une baisse de son chiffre d'affaires (CA) et de son bénéfice en 2020. Une très forte résilience a toutefois été constatée au deuxième semestre, ce que les investisseurs ont salué: l'action a mis le cap vers de nouveaux sommets et franchi pour la première fois la barre des 500 euros. Au berceau de la pandémie, en Chine, où le groupe a été en difficulté dès le premier trimestre, les troisième et quatrième trimestres ont été marqués par un redressement sans égal dans les autres régions. Après un recul de 15% du CA du groupe au premier trimestre, puis de 38% au deuxième trimestre du fait des confinements décrétés aux quatre coins de la planète, la baisse des ventes s'est limitée à 7% au troisième trimestre et à 3% au quatrième (à 14,3 milliards d'euros). Sur l'ensemble de l'exercice, le CA atteint 44,65 milliards d'euros; c'est 17% de moins qu'en 2019, une année record, où les ventes avaient atteint 53,67 milliards d'euros (au terme du troisième trimestre, le recul, en un an, atteignait 21%). La croissance organique (acquisitions et désinvestissements non pris en compte) est elle aussi en recul, de 16%. Même en temps de crise, le numéro un mondial du luxe peut toujours compter sur sa division Mode&Maroquinerie. Alors que le CA de toutes les autres divisions se contractait, celui de la division phare a progressé de pas moins de 18% sur un an, sur la période d'octobre à décembre 2020. Florilège de marques renommées à l'international, telles que Louis Vuitton, Fendi, Donna Karan, Givenchy ou encore Kenzo, la division revendiquait, l'année dernière, 47,5% du CA du groupe. Elle a joué un rôle crucial en cette année de crise, surtout sur le plan de la rentabilité, puisqu'elle a apporté 86,5% du bénéfice d'exploitation (Ebit) du groupe, ou 7,19 des 8,30 milliards d'euros. Le recul du bénéfice de la division s'étant limité à 2%, LVMH a pu annoncer un bénéfice en baisse de "seulement" 28% (11,50 milliards d'euros, en 2019). Même en pleine pandémie, les sacs Dior Bobby, vendus plus de 3.000 dollars pièce, se sont arrachés.L'autre division restée plus ou moins d'aplomb en 2020 est Vins&Spiritueux (Moët&Chandon, Dom Perignon, Veuve Cliquot, Château d'Yquem ou Hennessy, pour ne citer que quelques-unes des marques de renom). La croissance organique n'y a baissé que de 14% en un an (de 5,58 à 4,75 milliards d'euros). Le bénéfice y a quant à lui reculé de 20% (de 1,73 à 1,39 milliard d'euros). La division Distribution sélective, qui, outre les boutiques Sephora, comprend notamment le groupe DFS (la première chaîne de boutiques de luxe pour voyageurs, avec plus de 1.100 boutiques), a particulièrement souffert en 2020: son CA a cédé 30%, passant de 14,79 à 10,15 milliards d'euros. C'est également la seule division dont le résultat s'est inscrit dans le rouge (-203 millions d'euros, à comparer au bénéfice de 1,39 milliard d'euros de 2019). La division Parfums&Cosmétiques n'a pas brillé non plus, ses CA et Ebit ayant reculé de 22% et de 88% (de 683 à 80 millions d'euros!) respectivement. Avec un recul de 59% seulement (de 736 à 302 millions d'euros), la maison Montres&Joaillerie a fait légèrement mieux sur le plan du bénéfice. Elle reste la plus petite division à l'aune du CA (3,36 milliards d'euros). Mais la donne pourrait bien changer dès lors que LVMH, au terme de négociations mouvementées et après avoir mis quelque 15 milliards d'euros sur la table, s'apprête à accueillir le joaillier Tiffany&Co en son sein. Analystes et investisseurs ont réagi avec un enthousiasme modéré aux résultats annuels du géant du luxe. LVMH est une action de grande qualité, mais très onéreuse: la valeur de l'entreprise correspond à quelque 24 fois le cash-flow opérationnel (Ebitda) et 35 fois le bénéfice escomptés pour 2021. Son cours ayant franchi le seuil magique des 500 euros, la capitalisation boursière dépasse 250 milliards d'euros. Conseil: conserver/attendreRisque: faibleRating: 2ACours: 505,40 eurosTicker: MC FPCode ISIN: FR0000121014Marché: Euronext ParisCapit. boursière: 251,5 milliards EURC/B 2020: 57C/B attendu 2021: 35Perf. cours sur 12 mois: +28%Perf. cours depuis le 01/01: -1%Rendement du dividende: 1,1%