Le groupe américain Qualcomm est leader de marché dans le segment des semi-conducteurs pour appareils mobiles comme les smartphones et les tablettes. Il gagne de l'argent de deux manières grâce à son leadership: par la vente de semi-conducteurs et grâce aux droits intellectuels perçus sur plusieurs protocoles pour la communication mobile qu'il a développés. Les fabricants d'appareils mobiles qui exploitent cette technologie doivent lui verser une commission par appareil vendu. Si au cours de la décennie écoulée Qualcomm avait connu une croissance explosive, celle-ci a malheureusement commencé à faiblir. Le marché des smartphones et des tablettes est progressivement mature. Et le segment plus coûteux des sem...

Le groupe américain Qualcomm est leader de marché dans le segment des semi-conducteurs pour appareils mobiles comme les smartphones et les tablettes. Il gagne de l'argent de deux manières grâce à son leadership: par la vente de semi-conducteurs et grâce aux droits intellectuels perçus sur plusieurs protocoles pour la communication mobile qu'il a développés. Les fabricants d'appareils mobiles qui exploitent cette technologie doivent lui verser une commission par appareil vendu. Si au cours de la décennie écoulée Qualcomm avait connu une croissance explosive, celle-ci a malheureusement commencé à faiblir. Le marché des smartphones et des tablettes est progressivement mature. Et le segment plus coûteux des semi-conducteurs est en retrait, ce qui est fâcheux. À l'exercice 2015, le chiffre d'affaires du groupe avait reculé de 3%, et on s'attend, pour l'exercice à peine écoulé également (12mois jusqu'à fin septembre), à un chiffre d'affaires inférieur _ les résultats n'ont pas encore été publiés. Le spécialiste des études de marché Gartner entrevoit même un tassement du marché du smartphone cette année. Une évolution "seulement" stable du marché étant attendue en 2017 et en 2018, il est clair que la croissance doit être recherchée ailleurs. Qualcomm a déjà pris les devants, en mettant en place une importante restructuration qui implique le licenciement de 15% de son personnel. Mais les mesures d'économies ne suffisent pas. C'est pourquoi l'entreprise a misé sur la diversification pour réduire sa dépendance au segment mobile. Elle vise notamment des segments comme les serveurs, les véhicules autonomes (sans chauffeur), les drones et l'Internet des objets. Cependant, elle a entrepris cette diversification un peu tard. En vue de soutenir la croissance, Qualcomm a dès lors décidé de faire une offre de reprise amicale sur NXP Semiconductor. Il s'agit de l'ancienne division Semi-conducteurs de Philips, qui avait été scindée en 2006 du groupe d'électronique néerlandais et est cotée depuis 2010 sur le Nasdaq. En absorbant l'an dernier Freescale Semiconductor pour 16milliards de dollars, NXP est devenu le septième groupe de semi-conducteurs au monde. Il produit des semi-conducteurs pour les voitures, un segment dans lequel il est leader de marché, et aussi pour les applications industrielles. Contrairement à Qualcomm, qui sous-traite la production, NXP a des usines propres. Avec un chiffre d'affaires attendu en 2016 d'environ 9,5milliards de dollars (USD), NXP est certes moins grand que Qualcomm, qui affiche un chiffre de vente de 23,2milliards USD, mais l'entité combinée deviendra le 4egroupe de semi-conducteurs au monde. Qualcomm débourse 110USD par action NXP. En incluant les dettes de NXP, la transaction a une valeur totale de 47milliards USD, ce qui en fait l'acquisition la plus importante du secteur. Pas moins de neuf autorités de la concurrence doivent encore approuver l'opération, mais comme les activités des deux entreprises se complètent bien, il ne devrait pas y avoir de mauvaise surprise. L'acquisition de NXP sera financée à la fois par les réserves liquides et l'émission de nouvelles dettes. ConclusionLes activités de NXP complètent parfaitement celles de Qualcomm. L'intégration promet néanmoins d'être complexe car les deux groupes sont très différents. Depuis la forte hausse enregistrée après le creux de janvier, l'action n'est plus bon marché. Bien que l'opération soit positive à long terme, elle est la source d'incertitudes à plus brève échéance. Nous attendrions.Conseil : conserver/attendreRisque : moyenRating : 2B