Croissance et marges plantureuses ne caractérisent plus EVS, et ce depuis quelques années. Pour être précis, depuis 2012. Si l'entreprise ne parvient pas à renouer avec la croissance cette année, l'on peut d'ores et déjà s'attendre à ce que sa direction annonce des résultats trimestriels dans le rouge, en 2019.
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Croissance et marges plantureuses ne caractérisent plus EVS, et ce depuis quelques années. Pour être précis, depuis 2012. Si l'entreprise ne parvient pas à renouer avec la croissance cette année, l'on peut d'ores et déjà s'attendre à ce que sa direction annonce des résultats trimestriels dans le rouge, en 2019. Le numéro 1 de la production de matériel et de logiciels destinés au traitement d'images professionnelles pour l'industrie des médias assiste, impuissant, à l'érosion de ses marges. En 2012, la capitalisation boursière d'EVS dépassait encore les 600 millions d'euros. Actuellement, elle ne fluctue qu'autour de 270 millions d'euros, notamment parce que la marge d'Ebitda (cash-flow d'exploitation/chiffre d'affaires), encore proche de 50% il y a six ans, s'est érodée à 30%. Cette année est une année paire: une année traditionnellement meilleure car marquée par de grands événements sportifs (après les Jeux olympiques d'hiver, qui se sont déroulés en Corée du Sud en février, il y a actuellement, mais personne ne l'ignore, la Coupe du monde de football, en Russie), lors desquels l'entreprise, grâce à sa position unique sur le marché de la retransmission en direct, tire des revenus supplémentaires de la location de matériel. Or EVS a publié des résultats décevants pour le premier trimestre. Et ce n'est pas la seule mauvaise nouvelle. Les projections de la direction pour l'ensemble de cet exercice ont surpris les investisseurs. Un chiffre d'affaires prévisionnel situé entre 115 et 130 millions d'euros, autrement dit un chiffre comparable à celui qu'EVS a réalisé l'an dernier (118,8 millions d'euros), ne laisse aucun doute: les ventes et bénéfices ne seront plus nettement supérieurs à ceux que l'entreprise enregistrait les années impaires. Ces dernières années, les entreprises de médias et chaînes de télévision n'investissent plus ou que peu, la concurrence féroce, de Netflix, surtout, pesant sur leurs revenus publicitaires. L'action se négocie à un quart de son sommet d'il y a dix ans. La marge bénéficiaire d'EVS s'amenuise chaque année; celle de l'exercice courant pourrait bien être la plus faible de l'actuelle décennie. Et le dividende... est en baisse constante (il a été réduit de moitié entre les exercices 2014 et 2017). Il ne serait dès lors pas étonnant que l'exercice 2018 soit décevant. D'aucuns ne se laissent pourtant pas envahir par le pessimisme et osent encore espérer une " bonne " année 2019. Epinglons tout de même que la valorisation d'EVS prend en compte la situation: le rapport cours/bénéfice attendu est proche de 10 et le ratio valeur de l'entreprise (EV)/Ebitda attendu est de 6,5. C'est pourquoi nous formulons pour l'action une recommandons plus favorable que la dernière fois, sans toutefois conseiller l'achat, à ce stade. Conseil : conserver/attendreRisque : moyenRating : 2BCours : 19,84 eurosTicker : EVS BBCode ISIN : BE0003820371Marché : Euronext BruxellesCapit. boursière : 270 millions EURC/B 2017 : 12C/B attendu 2018 : 10Perf. cours sur 12 mois : -43 %Perf. cours depuis le 01/01 : -32 %Rendement du dividende : 5,0 %