Le départ, abondamment commenté, de Dominique Leroy, n'a eu aucune incidence sur les résultats opérationnels du troisième trimestre. Proximus s'est évidemment mis en quête d'un nouveau CEO; l'on devrait en savoir plus à ce propos dans quelques semaines.
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Le départ, abondamment commenté, de Dominique Leroy, n'a eu aucune incidence sur les résultats opérationnels du troisième trimestre. Proximus s'est évidemment mis en quête d'un nouveau CEO; l'on devrait en savoir plus à ce propos dans quelques semaines. Le chiffre d'affaires (CA) a cédé 2,3% en un an, à 1,4 milliard d'euros. Le CA belge (hors BICS, la volatile filiale internationale) a reculé de 2%, à 1,07 milliard d'euros. Le recrutement de clients pour l'Internet à haut débit et la téléphonie mobile (abonnements) a dépassé les attentes. Le nombre de lignes fixes est toujours en chute libre et les nouveaux abonnés à la télévision ont été moins nombreux que prévu. Proximus, qui dispose, grâce à Scarlet, d'une marque propre à bas prix, souffre moins que Telenet de la concurrence d'Orange Belgium. Sur le marché professionnel, la concurrence croissante de ces deux opérateurs, à qui une série d'acquisitions dans les services informatiques et de sécurité a permis de gagner des parts de marché, pèse sur son CA. La direction table désormais pour l'exercice sur une baisse de 1,5% de son CA belge, qu'elle espérait initialement stable. Le cash-flow opérationnel (Ebitda) n'en atteint pas moins 470 millions d'euros (+0,5%) pour le groupe et 430 millions (+0,4%) pour le volet belge, une performance à mettre au crédit d'une plus stricte maîtrise des coûts (-2,9%). Proximus et Orange Belgium ont décidé cet été de constituer une joint-venture qui sera chargée de la gestion conjointe des réseaux mobiles. Proximus économisera de la sorte de35 à 40 millions d'euros par an sur l'achat, la maintenance et la réparation d'antennes. La pression syndicale l'empêche de réaliser les mêmes économies que ses concurrents. Le Plan de transformation de Dominique Leroy, qui prévoyait la perte de 1.900 emplois, avait fait grincer des dents. Deux médiateurs sociaux avaient même été chargés de calmer le jeu, non sans résultat apparemment, puisque la CEO intérimaire Sandrine Dufour espère que les négociations aboutiront cette année encore. Le Plan doit permettre au groupe d'économiser jusqu'à 240 millions d'euros à l'horizon 2022. Il s'agit d'un montant brut, puisque des dépenses de restructuration et de formation seront consenties par ailleurs. Abstraction faite des acquisitions, l'opérateur a dégagé en neuf mois 482 millions d'euros de cash-flows disponibles. Un acompte sur dividende de 0,5 euro sera payé le 6 décembre; Proximus avait payé déjà un euro par action, soit un débours de 325 millions. L'arrivée de la 5G et le déploiement du réseau de fibre optique (Fibernet) vont exiger de nouveaux investissements. Pour la 5G, on attend la mise aux enchères; quant au réseau, les investissements y afférents représentent d'ores et déjà un milliard d'euros par an: si Proximus doit ou veut accélérer ces projets, ce pourrait être au détriment du dividende. L'endettement net est passé de 2,13 milliards d'euros fin décembre à 2,01 milliards fin septembre, pour un rapport dette nette/Ebitda escompté de près de 1,2. La dette a une durée moyenne de 5,7 ans, pour un taux d'intérêt de 1,8% en moyenne.En Belgique, Proximus résiste mieux à Orange que Telenet, même si l'évolution de son CA et de ses marges n'est guère enthousiasmante. L'action est correctement valorisée mais son meilleur atout est, de loin, son dividende. Les incertitudes qui entourent la baisse des tarifs de gros, de même que l'évolution du dividende et des investissements, vont s'intensifier l'an prochain. A conserver pour l'instant. Conseil: conserver/attendreRisque: moyenRating: 2BCours: 26,85Marché: Euronext BruxellesTicker: PROX BBCode ISIN: BE0003810273Capit. boursière: 9,1 milliards EURC/B 2018: 16,4C/B attendu 2019: 15,9Perf. cours sur 12 mois: +29,3%Perf. cours depuis le 01/01: +10,1%Rendement du dividende: 5,6%