Les conseils de vente ont été nombreux après l'avis négatif émis par la quasi-intégralité des analystes en réaction à la publication du rapport trimestriel. Si les résultats de 2019 sont largement conformes aux attentes, les incertitudes se multiplient. Le chiffre d'affaires (CA) du groupe a cédé 1,6%, à 1,45 milliard d'euros, au 4e trimestre. Le CA belge est pratiquement stable. La division Consommateurs affiche des résultats légèrement meilleurs que prévu grâce aux ventes de téléphones portables. Soutenue par la croissance du pôle TIC, la division Entreprises se porte bien elle aussi (+2,3%). La filiale internationale BICS acte en revanche un tassement de 7% de son CA. Le bénéfice opérationnel (Ebitda) sous-jacent a légèrement baissé en un an, à 4...

Les conseils de vente ont été nombreux après l'avis négatif émis par la quasi-intégralité des analystes en réaction à la publication du rapport trimestriel. Si les résultats de 2019 sont largement conformes aux attentes, les incertitudes se multiplient. Le chiffre d'affaires (CA) du groupe a cédé 1,6%, à 1,45 milliard d'euros, au 4e trimestre. Le CA belge est pratiquement stable. La division Consommateurs affiche des résultats légèrement meilleurs que prévu grâce aux ventes de téléphones portables. Soutenue par la croissance du pôle TIC, la division Entreprises se porte bien elle aussi (+2,3%). La filiale internationale BICS acte en revanche un tassement de 7% de son CA. Le bénéfice opérationnel (Ebitda) sous-jacent a légèrement baissé en un an, à 414 millions d'euros. Les mêmes tendances sont constatées sur l'exercice. La croissance de la division Entreprises n'ayant pas réussi à compenser le recul de l'activité Consommateurs et de BICS, le CA consolidé a reculé de 1,7%. L'Ebitda a augmenté de 0,3%, à 1,87 milliard d'euros, soit une marge de 32,9% (32,1% un an plus tôt), sous l'effet de l'allégement des coûts (-2,1%). A 498 millions d'euros, le cash-flow disponible, acquisitions incluses, a progressé de 10% en glissement annuel, mais reste inférieur aux 527 millions escomptés. La chute de 27%, à 373 millions d'euros, du bénéfice net de l'exercice, s'explique par la constitution d'une provision de 253 millions dans le cadre du plan Fit for Purpose, qui imposera le versement d'indemnités de licenciement ces prochaines années; l'on ignore pour l'heure quelles économies de coûts cette restructuration doit permettre de réaliser. Les investissements ont augmenté de 0,8%, à 1,03 milliard d'euros. Proximus va devoir intensifier ses investissements dans le réseau de fibres optiques et, plus tard, dans la 5G. Les pronostics pour 2020 ne seront annoncés que le 31 mars, à l'occasion de la journée des investisseurs, investisseurs dont le CEO Guillaume Boutin aura la lourde tâche de regagner la confiance. Le groupe versera un dividende de 1,5 euro par action au titre de l'exercice 2019; cette somme représente un débours de 486 millions d'euros, soit la quasi-totalité du cash-flow disponible. Compte tenu des investissements à venir, l'on ignore si la politique en matière de dividende pourra être maintenue. Bien que le conseil d'administration soit en principe indépendant, toute décision à ce sujet doit tenir compte de l'Etat belge (53,5% des actions, 56% des droits de vote). Proximus dispose ceci dit d'une marge de manoeuvre suffisante pour s'endetter davantage. La journée des investisseurs devrait permettre d'en apprendre plus. La dette nette ajustée est passée de 2,14 à 2,19 milliards d'euros, soit environ 1,2 fois l'Ebitda (4, pour Telenet). Le rôle de l'Etat, à la fois juge et partie, place Proximus dans une situation difficile en ce qui concerne l'arrivée d'un éventuel quatrième opérateur; plusieurs acteurs se sont récemment ajoutés à la liste et d'autres encore pourraient demander une licence 5G provisoire.L'avenir du dividende et les plans d'investissements alimentent les incertitudes. L'on n'en saura davantage qu'en fin de mois. Sur le plan opérationnel, un CA et une rentabilité stables pourraient être l'objectif maximum réalisable en 2020. Si elle ne peut être totalement exclue, l'idée d'une chute du dividende est, compte tenu de la structure de l'actionnariat, peu probable. Proximus est correctement valorisée depuis la récente baisse de son cours. Conseil: conserver/attendreRisque: moyenRating: 2BCours: 22,71 eurosMarché: Euronext BruxellesTicker: PROX BBCode ISIN: BE0003810273Capit. boursière: 7,7 milliards EURC/B 2019: 20C/B attendu 2020: 13Perf. cours sur 12 mois: +8%Perf. cours depuis le 01/01: -11%Rendement du dividende: 6,6%