L'annonce de sa restructuration avait fait couler beaucoup d'encre. Et son action. Mais si les chiffres du quatrième trimestre ont légèrement déçu le marché, les projections annuelles ont, elles, été atteintes, en 2018. Tandis que le chiffre d'affaires (CA) domestique reculait de 0,8%, celui de BICS, qui regroupe les activités internationales du groupe, s'est repris au quatrième trimestre, résultat de l'intégration de TeleSign (+0,5%); le CA consolidé a fléchi d'un demi-pour cent, à un peu moins de 1,47 milliard d'euros, contre 1,475 milliard attendu. Ce sont en particulier le prépayé et la voix fixe qui n'ont pas satisfait les attentes, de même que la division Entreprises. L'Internet (hausse de 2,2% du nombre de clients), la télévision (500.000 nouveau...

L'annonce de sa restructuration avait fait couler beaucoup d'encre. Et son action. Mais si les chiffres du quatrième trimestre ont légèrement déçu le marché, les projections annuelles ont, elles, été atteintes, en 2018. Tandis que le chiffre d'affaires (CA) domestique reculait de 0,8%, celui de BICS, qui regroupe les activités internationales du groupe, s'est repris au quatrième trimestre, résultat de l'intégration de TeleSign (+0,5%); le CA consolidé a fléchi d'un demi-pour cent, à un peu moins de 1,47 milliard d'euros, contre 1,475 milliard attendu. Ce sont en particulier le prépayé et la voix fixe qui n'ont pas satisfait les attentes, de même que la division Entreprises. L'Internet (hausse de 2,2% du nombre de clients), la télévision (500.000 nouveaux clients, ou +3,2%) et le mobile post-payé (134.000 nouveaux clients, ou +3,5%) ont continué d'assurer la croissance. A respectivement 4,46 et 5,8 milliards d'euros à l'issue de l'exercice 2018, le CA domestique et le CA combiné sont demeurés stables, par rapport à la fin de 2017. Le CA moyen par utilisateur mobile a reculé, de 22,8 à 22,6 euros. Tuttimus, l'offre convergente, attire toujours de nouveaux clients (+148.000 en 2018). Le cash-flow opérationnel brut (Ebitda) a progressé de 0,9% au quatrième trimestre, à 449 millions d'euros, un niveau légèrement inférieur aux prévisions (452 millions), mais sur l'année, il a gagné 2,4%, à 1,865 milliard. Vu l'intensification de la concurrence et le succès grandissant des services de streaming, Proximus revoit son modèle d'affaires. Comme Telenet, le groupe étoffe son offre, notamment d'une formule combinant l'Internet, la téléphonie mobile et la télévision en streaming par le biais d'une application. Chez Proximus, il s'agit d'EPIC Combo, qui sera proposée dès le mois d'avril. D'autres nouvelles formules suivront cette année.Proximus a annoncé s'attendre pour 2019 à un CA comme un Ebitda stables. Or, le consensus avait tablé sur une légère croissance. Le groupe entend réaliser une économie brute de 240 millions d'euros d'ici à la fin de l'exercice 2021. Pour y parvenir, il procédera à 650 licenciements; fin 2018, le groupe employait 12.658 personnes. La direction poursuit les négociations avec les syndicats. Autant dire qu'elle marche sur des oeufs: l'Etat belge, qui détient 53,5% des actions, sera d'autant plus prudent que des élections approchent. Entre ce dernier et les actionnaires privés, les tensions s'intensifient.Proximus compte verser pour 2019 un même dividende que pour l'exercice précédent (1,5 euro par action), au terme duquel le cash-flow disponible fut, à 451 millions d'euros, bien moindre qu'escompté (consensus : 491 millions). Il n'a que partiellement suffi au versement du dividende (485 millions). La hausse de l'Ebitda, en glissement annuel, n'a hélas pas compensé les dépenses d'investissement, la hausse du taux d'imposition et les coûts liés au programme de retraite anticipée. La dette nette s'est établie à un peu moins de 2,15 milliards d'euros, dont 231 millions devront être remboursés cette année. Pour l'heure à un peu plus de 1,1 fois l'Ebitda, elle est légèrement plus élevée que celle d'Orange Belgium (0,9 fois) mais bien en deçà de celle de Telenet (4,3 fois).Proximus connaît une phase de transition. Le groupe n'a d'autre choix que de se réinventer. Mais vu la stagnation de ses ventes, il ne peut agir qu'au niveau de la rentabilité. Or, en tant qu'entreprise semi-publique, Proximus a les mains liées. Heureusement, son dividende est attrayant. Conseil: conserver/attendreRisque: moyenRating: 2BCours: 22,36 eurosMarché: Euronext BruxellesTicker: PROX BBCode ISIN: BE0003810273Capit. boursière: 7,6 milliards EURC/B 2018: 14,5C/B attendu 2019: 13Perf. cours sur 12 mois: -11%Perf. cours depuis le 01/01: -5%Rendement du dividende: 6,7%