Le modèle économique d'Alphabet, le holding mère de Google, repose sur les recettes publicitaires, qui représentent plus de 80% de son chiffre d'affaires (CA). Alphabet s'appuie à cet effet sur les sites de Google et de ses partenaires, ainsi que sur YouTube.
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Le modèle économique d'Alphabet, le holding mère de Google, repose sur les recettes publicitaires, qui représentent plus de 80% de son chiffre d'affaires (CA). Alphabet s'appuie à cet effet sur les sites de Google et de ses partenaires, ainsi que sur YouTube. Malgré sa vigoureuse croissance, l'activité cloud génère moins de 8% du CA du groupe. Dès la fin du 1er trimestre, Alphabet avait constaté une diminution de ses recettes publicitaires, en particulier en provenance de secteurs comme le tourisme, l'aviation et l'automobile. Cette tendance s'étant confirmée au 2e trimestre, le CA consolidé a cédé 1,7% de plus, pour tomber à 38,29 milliards de dollars. C'est la première fois dans l'histoire de l'entreprise que les ventes reculent d'une année sur l'autre (elles sont néanmoins supérieures de près d'un milliard de dollars au consensus). Avec une perte de 10% de son CA en glissement annuel, à 21,3 milliards de dollars (56% du CA du groupe), Google Search est le pôle le plus touché. Le moteur de recherche a certes peu de concurrence (91,5% de part de marché), mais une partie des budgets part désormais chez Facebook et Amazon, entre autres. Si le marché de la publicité en ligne continue de grossir, les opérateurs sont aussi plus nombreux. Les recettes publicitaires de YouTube ont toutefois progressé de 5,8%, à 3,8 milliards de dollars, soit près de 10% du CA consolidé. La croissance la plus soutenue est celle de Google Cloud (+43%, à 3 milliards de dollars) mais en termes nominaux, ces 900 millions de plus n'ont pas suffi à compenser le tassement enregistré chez Google Search. Google Cloud bénéficie de l'accélération de la transformation numérique provoquée par le confinement, tant au sein des entreprises (télétravail) qu'au niveau des consommateurs (ventes en ligne). La division comprend à la fois la G Suite (vidéoconférences) et la plateforme Google Cloud (GCP), qui inclut la gestion de bases de données en ligne et le stockage de données en ligne. GCP est numéro 3 mondial, loin derrière AWS (Amazon) et Azure (Microsoft). Google Other (Play Store) a vu son CA s'envoler de 25%, à 5,1 milliards de dollars: le nombre de téléchargements de jeux et d'applications a bondi de 35%. Les Other Bets (voiture autonome, intelligence artificielle) accusent une perte opérationnelle de 1,12 milliard de dollars, sur un CA de 148 millions (-9%). Le bénéfice opérationnel du groupe a cédé 30% en un an, à 6,38 milliards de dollars, faisant tomber la marge opérationnelle de 24% à 17% (consensus: 15,7%). Le cash-flow disponible s'établit à 8,6 milliards de dollars et devrait achever l'exercice à 25-30 milliards de dollars. La trésorerie a augmenté à la fin du 2e trimestre, pour atteindre 121 milliards de dollars. Ce qui n'a pas empêché le groupe d'émettre pour 10 milliards de dollars d'obligations, dont la moitié (5,75 milliards), qui sont des obligations "vertes", serviront à financer des politiques durables. Ces émissions portent la dette à 16 milliards de dollars, soit une trésorerie nette de 105 milliards, ou encore 150 dollars par action environ. Le budget alloué au rachat d'actions a été augmenté de 28 milliards.Le marché de la publicité, principale source de revenus d'Alphabet, se redressant, la baisse du CA n'aura peut-être été qu'un phénomène ponctuel. Ses cash-flows et sa trésorerie permettent au groupe de payer un dividende plus généreux et de procéder à des acquisitions. La valorisation est toutefois trop élevée pour que nous conseillions d'acheter. Conseil: conserver/attendreRisque: moyenRating: 2BCours: 1.641,84 dollarsMarché: NasdaqTicker: GOOG USCode ISIN: US02079K1079Capit. boursière: 1.113 milliards USDC/B 2019: 38C/B attendu 2020: 31Perf. cours sur 12 mois: +40%Perf. cours depuis le 01/01: +23%Rendement du dividende: -