Les trimestres à venir seront cruciaux pour ce qui était jusqu'à présent la division la plus rentable de l'américaine Qualcomm. Qualcomm Technology Licensing (QTL) a signé plus de 300 contrats de prêt de brevets pour la communication sans fil (3G, 4G et depuis peu 5G), principalement avec des producteurs d'appareils mobiles, en échange de royalties sous la forme d'un pourcentage du chiffre d'affaires réalisé sur le produit final (smartphone, tablette, etc.). Ce système est défavorable à des entreprises comme Apple actives sur le segment premium, qui doivent donc payer plus cher cet accès à la propriété intellectuelle. Apple et Qualcomm n'étant pas parvenues à trouver un accord, la firme à la pomme, confortée par l'issue des procès intentés en Chine et en Co...

Les trimestres à venir seront cruciaux pour ce qui était jusqu'à présent la division la plus rentable de l'américaine Qualcomm. Qualcomm Technology Licensing (QTL) a signé plus de 300 contrats de prêt de brevets pour la communication sans fil (3G, 4G et depuis peu 5G), principalement avec des producteurs d'appareils mobiles, en échange de royalties sous la forme d'un pourcentage du chiffre d'affaires réalisé sur le produit final (smartphone, tablette, etc.). Ce système est défavorable à des entreprises comme Apple actives sur le segment premium, qui doivent donc payer plus cher cet accès à la propriété intellectuelle. Apple et Qualcomm n'étant pas parvenues à trouver un accord, la firme à la pomme, confortée par l'issue des procès intentés en Chine et en Corée du Sud, où Qualcomm a été accusée d'abus de position dominante et condamnée respectivement à 975 et 854 millions de dollars d'amende, a porté plainte auprès de la Federal Trade Commission (FTC) américaine. Apple veut aller encore plus loin et exige une modification complète de la structure tarifaire; elle a suspendu tous les paiements de royalties depuis l'an dernier, ce qui affecte les recettes de Qualcomm. L'issue du procès est cruciale. Plusieurs scénarios sont possibles. Il y a fort à parier que Qualcomm n'écopera pas d'une simple amende, mais devra aussi baisser ses royalties, qui ne seront plus uniquement déterminées par le prix de vente du produit final. Des inconnues subsistent: quid des nouvelles bases de calcul? Apple sera-t-elle la seule concernée? Un arrangement devra aussi être trouvé pour les arriérés de royalties (entre 2,9 et 6,2 milliards de dollars) qu'Apple doit encore à Qualcomm. En 2017, le gouvernement américain avait bloqué l'acquisition du géant technologique, considérant que son portefeuille de brevets revêtait une importance stratégique - il s'agit de rester en bonne position dans la course mondiale à la 5G; il ne tolérera sans doute pas que sa perle soit affaiblie.Outre les brevets, Qualcomm dispose de sa propre division semi-conducteurs, Qualcomm Chipset Technology (QCT), qui revendique plus de 50% des parts de marché dans le segment des appareils mobiles. L'entreprise tente désormais de se diversifier dans la RFID (fréquences radio) et l'Internet des Objets. L'an dernier, Qualcomm a affecté 30 milliards de dollars à des rachats d'actions propres pour compenser l'échec du rachat de NXP Semiconductor. Ces rachats ont réduit le nombre d'actions en circulation de 17% sur les quatre derniers trimestres. Le bénéfice par action a donc augmenté. Qualcomm avait encore 10,3 milliards de dollars en caisse fin décembre. La dette totale s'établissant à 16,4 milliards de dollars, l'endettement net s'élevait à 6,1 milliards de dollars. Qualcomm a également alloué 3,5 milliards de dollars au dividende en 2018. L'action affiche ainsi un rendement attrayant de 4%. Au terme du premier trimestre de 2019, l'entreprise disposait encore de 7,8 milliards de dollars. Les semi-conducteurs et la technologie sans fil pour appareils mobiles sont des marchés de croissance: c'est une bonne nouvelle pour Qualcomm, bien positionnée dans les deux segments. Les autres atouts de l'entreprise américaine sont le dividende attrayant et les rachats d'actions propres. Mais l'issue du litige sur les brevets avec Apple constitue un énorme point d'interrogation. Dans le scénario le plus défavorable, l'impact négatif sur le cash-flow pourrait être très lourd. En l'absence de certitude dans ce dossier crucial, nous restons sur la touche.Conseil: conserverRisque: élevéRating: 2CCours: 57,44 dollarsTicker: QCOM USMarché: New York Stock ExchangeCode ISIN: US7475251036Capit. boursière: 69,5 milliards USDC/B 2018: 18,2C/B attendu 2019: 15,4Perf. cours sur 12 mois: +9,3%Perf. cours depuis le 01/01: +1,4%Rendement du dividende : 4,3%