Pour la deuxième fois de suite, la publication des résultats trimestriels de Netflix a entraîné une vague de dégagements en Bourse. Cinq mois à peine après son sommet historique de 701 dollars, l'action se négocie désormais à 225 dollars. En janvier déjà, le cours avait plongé de 20% en raison de prévisions décevantes (+2,5 millions d'abonnés au premier trimestre, chiffre qui n'a même pas été atteint, alors que le consensus en attendait 5,8 millions). Netflix a même vu le nombre d'utilisateurs payants baisser pour la première fois depuis 2011.
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Pour la deuxième fois de suite, la publication des résultats trimestriels de Netflix a entraîné une vague de dégagements en Bourse. Cinq mois à peine après son sommet historique de 701 dollars, l'action se négocie désormais à 225 dollars. En janvier déjà, le cours avait plongé de 20% en raison de prévisions décevantes (+2,5 millions d'abonnés au premier trimestre, chiffre qui n'a même pas été atteint, alors que le consensus en attendait 5,8 millions). Netflix a même vu le nombre d'utilisateurs payants baisser pour la première fois depuis 2011.La crise sanitaire ayant accéléré son développement, le spécialiste du streaming avait déjà mis en garde à plusieurs reprises contre un ralentissement de la croissance du nombre de ses abonnés avec la réouverture de l'économie; toutefois, personne n'anticipait une contraction. Or, le nombre d'utilisateurs payants a diminué de 200.000 au premier trimestre, pour s'établir à 221,6 millions; sur une base annuelle, la croissance a tout de même encore été de 6,7%. Le chiffre d'affaires du groupe a augmenté de près de 10% sur un an, à 7,87 milliards de dollars. A 1,6 milliard de dollars, le bénéfice net a dépassé les attentes. Netflix a profité de la hausse du dollar, qui a réduit sa dette libellée en euros; le groupe affiche un bénéfice comptable de 162 millions de dollars. Parmi les circonstances atténuantes, Netflix a invoqué l'interruption de ses services en Russie (0,7 million d'abonnés). Hors Russie, la croissance (0,5 million) reste cependant très décevante. Autre problème: le partage des données de connexion, qui ampute la clientèle d'environ 100 millions d'utilisateurs; le groupe étudie des abonnements multi-ménages pour y remédier. Sur le trimestre en cours, le nombre d'abonnés devrait encore diminuer de 2 millions (+1,5 million il y a un an). Le marché est loin d'être saturé (selon le cabinet Nielsen, le streaming représentait 28,6% du temps d'écran aux Etats-Unis en février), mais Netflix, qui en détient 6,4%, est confronté à une concurrence toujours plus nombreuse: Comcast, Disney, Amazon, Viacom et Apple, ou encore YouTube. Malgré son avantage en termes d'offre (internationale et locale) et de convivialité, Netflix pèche par ses prix. Toutefois, le tableau n'est pas totalement noir. Ainsi, le cash-flow disponible a été positif (+801,7 millions de dollars) au premier trimestre; Netflix estime qu'il le restera sur l'ensemble de l'année 2022. En 2021, cela n'avait été le cas que sur un trimestre. Or, un cash-flow disponible positif est crucial pour cette activité très capitalistique, dont les acteurs veulent pouvoir financer eux-mêmes les investissements dans le contenu et la diversification (par exemple, les jeux) sans avoir à recourir aux marchés des capitaux. Netflix disposait de 6 milliards de dollars de liquidités au terme du premier trimestre - un montant globalement stable par rapport au trimestre précédent. Sa dette nette s'élevait au 31 mars à 8,6 milliards de dollars, soit à 1,3 fois le cash-flow opérationnel (Ebitda) annualisé. Avant la publication du rapport trimestriel, le consensus tablait sur un bénéfice comparable à celui de l'année dernière (11 dollars). Cette prévision semble désormais incertaine. La bonne nouvelle est qu'après des années de survalorisation, l'action Netflix s'échange désormais à un niveau raisonnable. En outre, le cash-flow disponible devrait rester positif. De surcroît, un effondrement des bénéfices semble peu probable, vu que le groupe a rehaussé ses tarifs. Nous relevons notre conseil, de négatif à neutre. Conseil: conserver/attendreRisque: élevéRating: 2CCours: 223,94 dollarsTicker: NFLX USCode ISIN: US64110L1061Marché: NasdaqCapit. boursière: 100 milliards USD C/B 2021: 20C/B attendu 2022: 20,5Perf. cours sur 12 mois: -60%Perf. cours depuis le 01/01: -62%Rendement du dividende: -