Le groupe canadien Potash Corp est le premier producteur mondial d'engrais potassiques (élément K, potasse), mais aussi un producteur important de phosphate (P) et d'azote (N). La décision prise par Uralkali l'an dernier de mettre un terme au cartel Belarusian Potash Co (BPC) a sonné le glas de la stratégie consistant à privilégier les prix par rapport aux volumes appliquée par BPC et Canpotex - le cartel canadien composé, outre Potash Corp, de Mosaic et Agrium - depuis plusieurs années. Les deux cartels contrôlent ensemble les deux tiers du marché. Après une forte baisse au 2e semestre 2013, ces derniers mois ont été marqués par un léger redressement des prix. Avec une capacité de production mondiale de 75 millions de t...

Le groupe canadien Potash Corp est le premier producteur mondial d'engrais potassiques (élément K, potasse), mais aussi un producteur important de phosphate (P) et d'azote (N). La décision prise par Uralkali l'an dernier de mettre un terme au cartel Belarusian Potash Co (BPC) a sonné le glas de la stratégie consistant à privilégier les prix par rapport aux volumes appliquée par BPC et Canpotex - le cartel canadien composé, outre Potash Corp, de Mosaic et Agrium - depuis plusieurs années. Les deux cartels contrôlent ensemble les deux tiers du marché. Après une forte baisse au 2e semestre 2013, ces derniers mois ont été marqués par un léger redressement des prix. Avec une capacité de production mondiale de 75 millions de tonnes, une demande attendue de 58 millions de tonnes en 2014 et une nette baisse des prix pour la plupart des matières premières agricoles, le potentiel haussier semble cependant limité. Le marché s'est cependant calmé et vu l'énorme défi que représente la production alimentaire à plus long terme - qui doit augmenter de 70% d'ici à 2050 -, les perspectives du secteur restent positives. Potash Corp a réduit son train de vie à la fin de l'an dernier et a diminué son personnel de 18%. L'entreprise présente cependant un fort potentiel de croissance, puisqu'elle a investi 8,3 milliards de dollars canadiens (CAD) dans 4,2 millions de tonnes de capacité de production supplémentaire - à comparer aux 9 millions de tonnes de production attendue cette année - au cours de la décennie écoulée. De ce fait, les Canadiens prendront à leur compte 40% de la croissance attendue de la capacité mondiale au cours des quatre prochaines années. Les économies et les extensions de capacité doivent entraîner une baisse significative des coûts de production de 30 USD par tonne d'ici 2016. Le programme d'investissement terminé garantit un surcroît de cash-flows libres d'au moins 750 millions USD par an au cours des années à venir. Les cash-flows libres moyens s'élevaient à 1,25 milliard USD entre 2010 et 2013. Potash Corp a principalement affecté ces cash-flows supplémentaires à une forte augmentation du dividende. Alors qu'il ne dépassait pas 0,13 USD par action en 2010, le dividende atteindra 1,33 USD en 2013 et 1,4 USD en 2014. Potash Corp voulait ainsi séduire les investisseurs en actions à fort rendement de dividende et a aujourd'hui l'intention de les fidéliser. Les Canadiens ont également clôturé un programme de rachat d'actions propres en juillet, dans le cadre duquel 5% des actions en circulation ont été rachetées à une moyenne de 34 USD par action, pour un investissement total de 1,4 milliard USD. Un nouveau plan d'allocation du capital sera présenté d'ici fin 2014. Potash Corp a surpassé les attentes au 2e trimestre. Le bénéfice net de 0,56 USD action était certes inférieur de 23% à celui de l'an dernier (0,73 USD par action), mais nettement supérieur aux prévisions (0,44 USD par action). Le prix moyen réalisé sur la potasse a progressé de 250 USD la tonne au 1er trimestre, à 263 USD la tonne (356 USD au 2e trimestre 2013). L'entreprise a relevé sa fourchette de prévisions pour ses bénéfices 2014 : d'entre 1,5 et 1,8 USD à entre 1,7 et 1,9 USD par action. ConclusionPotash Corp est un leader absolu dans le secteur des engrais. Après le recul du cours, l'action s'échange à 15 fois le bénéfice attendu pour 2015. Nous relevons la note en raison des coûts de production réduits et qui s'améliorent encore, de l'attention accrue pour la création de valeur actionnariale et du potentiel de croissance à long terme dégagé par les extensions de capacité.Conseil: digne d'achatRisque: moyenRating:1B