En tant que premier producteur d'engrais à base de potassium, Potash Corp n'est pas épargné par les conséquences de la sortie unilatérale du cartel Belarusian Potash Co (BPC) par le groupe russe Uralkali fin juillet 2013. Cette décision a mis un terme à la stratégie "price-over-volume" appliquée depuis des années par les cartels. Les prix des engrais à base de potasse ont depuis lors baissé de 25% et sont sortis de leur plancher autour de 300 USD par tonne ces derniers mois. Comble de malchance: les prix des engrais à base de phosphate et d'azote ont également baissé, de sorte que ces activités n'ont pu empêcher la chute des résultats. Régulièrement, on annonce la remise sur pied du cartel BPC, mais même ...

En tant que premier producteur d'engrais à base de potassium, Potash Corp n'est pas épargné par les conséquences de la sortie unilatérale du cartel Belarusian Potash Co (BPC) par le groupe russe Uralkali fin juillet 2013. Cette décision a mis un terme à la stratégie "price-over-volume" appliquée depuis des années par les cartels. Les prix des engrais à base de potasse ont depuis lors baissé de 25% et sont sortis de leur plancher autour de 300 USD par tonne ces derniers mois. Comble de malchance: les prix des engrais à base de phosphate et d'azote ont également baissé, de sorte que ces activités n'ont pu empêcher la chute des résultats. Régulièrement, on annonce la remise sur pied du cartel BPC, mais même si c'était le cas, la situation du marché ne changerait pas fondamentalement à court terme. Entre 2008 et 2013, la capacité de production mondiale a progressé de 10 millions de tonnes, à 66 millions. D'ici à 2017, 10 millions de tonnes de capacité supplémentaires viendront s'y ajouter, la moitié provenant de Potash Corp. La demande, en revanche, se stabilise depuis 2008, autour de 55 millions de tonnes (53,2 millions de tonnes en 2013; 55 à 57 millions de tonnes attendues en 2014). La demande doit renouer avec une tendance haussière à terme, pour répondre aux besoins alimentaires croissants de la population mondiale, en augmentation. Ces derniers trimestres, les bénéfices de Potash Corp ont été sous pression. Sur les deux premiers trimestres 2013, le groupe a encore dégagé un bénéfice net de respectivement 0,63 USD et 0,73 USD par action, mais au 3e trimestre, le bénéfice net par action a baissé à 0,41 USD (0,74 USD en 2012) et au 4etrimestre même à 0,24 USD (0,48 USD en 2012). Sur base annuelle, cela donne un bénéfice net par action de 2,04 USD en 2013, contre 2,37 USD en 2012 et encore 3,51 USD en 2011. Potash Corp prévoit cette année de transporter 8,2 à 8,6 millions de tonnes, contre 8,1 millions de tonnes en 2013 et 7,2 millions de tonnes en 2012. Au 1er trimestre 2014, Potash Corp a enregistré un bénéfice net de 0,40 USD par action, contre 0,63 USD par action au cours de la même période de 2013, soit un repli de 36,5%, mais tout de même un peu mieux que prévu. Le CEO sortant Bill Doyle - remplacé à partir du 1erjuillet par Jochen Tilk- a en conséquence rétréci la fourchette des prévisions pour 2014 de 1,4 à 1,8 USD à 1,5 à 1,8 USD par action. L'action s'est redressée ces derniers mois de la violente raclée prise de l'été dernier. Un programme de rachat d'actions propres (2 milliards USD à maximum 5% des actions en circulation) et surtout des rumeurs d'acquisition y ont contribué. En 2010, BHP Billiton a lancé une offre de rachat hostile de 40 milliards USD (43,33 USD par action) sur Potash Corp, qui a été bloquée cependant par les autorités canadiennes. Seul, BHP met sur pied le gigantesque projet Jansen (investissement de 16 milliards USD, première production en 2020) à Saskatchewan. BHP a déjà suggéré qu'il envisageait de trouver un partenaire pour Jansen, et Potash Corp semble être le candidat idéal. Cette année, Potash Corp finalisera un important programme d'investissements de 8 milliards USD, entamé en 2009.ConclusionPotash Corp est un leader mondial absolu dans le secteur des engrais. La société présente une structure de coûts faible, ce qui est un atout en cette ère "post-BPC". Sa valorisation a cependant beaucoup augmenté, à 23 fois le bénéfice attendu pour 2014. Compte tenu des perspectives de long terme encourageantes, nous confirmons le conseil.Conseil: conserverRisque: moyenRating: 2B