La crise sanitaire accélère la transformation de PostNL, qui, d'une entreprise postale classique, se mue en un acteur logistique qui distribue également du courrier. Son centre de gravité, tant s'agissant du chiffre d'affaires (CA) que du bénéfice, s'est définitivement déplacé vers la livraison de paquets. L'entreprise avait achevé le 2e trimestre sur un CA de 516 millions d'euros dans le pôle colis et de 380 millions dans le courrier traditionnel - une évolution plus marquée encore au niveau de la ventilation des bénéfices, puisque la logistique a généré un bénéfice opérationnel de 60 millions d'euros, contre 5 millions pour le courrier. Le confinement a fait s'envoler le commerce en ligne et donc, les expéditions de colis (25% de plus pour PostNL au ...

La crise sanitaire accélère la transformation de PostNL, qui, d'une entreprise postale classique, se mue en un acteur logistique qui distribue également du courrier. Son centre de gravité, tant s'agissant du chiffre d'affaires (CA) que du bénéfice, s'est définitivement déplacé vers la livraison de paquets. L'entreprise avait achevé le 2e trimestre sur un CA de 516 millions d'euros dans le pôle colis et de 380 millions dans le courrier traditionnel - une évolution plus marquée encore au niveau de la ventilation des bénéfices, puisque la logistique a généré un bénéfice opérationnel de 60 millions d'euros, contre 5 millions pour le courrier. Le confinement a fait s'envoler le commerce en ligne et donc, les expéditions de colis (25% de plus pour PostNL au 2e trimestre). Cette croissance ne sera peut-être pas pérenne, mais le changement structurel du comportement d'achat des consommateurs est une vraie bénédiction pour les entreprises de livraison.Mieux encore, pour l'actionnaire: le bénéfice du pôle logistique a crû nettement plus rapidement (+31 millions d'euros) que celui du trafic postal n'a reculé (-12 millions). Ainsi vont les choses désormais. PostNL compense le déclin persistant des volumes de lettres par une stratégie défensive. Sa fusion avec Sandd, les gains d'efficacité et les augmentations de prix contribuent à stopper l'hémorragie. L'accélération de l'activité logistique lui permet de mener une stratégie offensive sur ce plan: elle aura par exemple investi cette année 150 millions d'euros dans l'expansion (+40%) de sa capacité de livraison. Deux centres de tri pour petits colis et deux centres de distribution, dont un en Belgique, seront mis en service en 2021. La combinaison des deux divisions a permis de dégager un bénéfice opérationnel de 54 millions d'euros (39 millions, il y a un an). Les prévisions sont donc largement satisfaites. Ce qui est d'autant plus remarquable qu'en début d'année, PostNL éprouvait des difficultés à répondre aux attentes, en partie parce que l'augmentation du trafic de colis ralentissait. Mais tout reste évidemment possible.La tendance s'est confirmée au 3e trimestre, à un point tel que la direction vient de relever ses prévisions pour l'exercice: le bénéfice opérationnel devrait atteindre 175 millions d'euros au moins, alors que l'entreprise misait jusqu'ici sur un gros 130 millions d'euros. Cette rentabilité accrue accélère la génération de cash-flow disponible, ce qui permettra à PostNL de payer un dividende l'an prochain. Malgré le versement de 205 millions dans le fonds de pension à la fin de cette année (au profit d'une réduction des dépenses de pension par la suite), l'endettement net tombe à moins de deux fois le cash-flow opérationnel. La transaction est notamment financée par une opération de cession-bail de bâtiments (150 millions d'euros). Le dividende payé en 2021 devrait avoisiner 18 centimes d'euro par action, soit un rendement en dividende de 6%.PostNL profite pleinement de l'évolution du comportement d'achat des consommateurs, un phénomène que la crise sanitaire accélère encore. La croissance rapide et rentable du trafic de colis relègue au second plan le déclin du courrier traditionnel. A un ratio cours/bénéfice de 12 et une valeur de l'entreprise (EV) de 6 fois le cash-flow opérationnel, la valorisation reste très acceptable. La baisse du taux d'endettement et la génération de cash-flow disponible semblent pouvoir assurer le paiement d'un dividende ces prochaines années. Nous relevons dès lors notre conseil à "acheter". Conseil: acheterRisque: moyenRating: 1BCours: 2,9 eurosTicker: PNLCode ISIN: NL0009739416Marché: Euronext AmsterdamCapit. boursière: 1,47 milliard EURC/B 2019: 9C/B attendu 2020: 12Perf. cours sur 12 mois: +51%Perf. cours depuis le 01/01: +49%Rendement du dividende: 6%