Le groupe belge continue d'"accompagner" efficacement le marché dans l'évolution attendue de ses chiffres. Nous connaissons peu d'entreprises cotées (belges) capables d'annoncer des mauvaises nouvelles aussi franchement que le producteur flamand de métiers à tisser. En marge de la publication de résultats record pour 2013, le groupe avait annoncé sans ambages qu'il escomptait un "net affaiblissement" du marché des métiers à tisser en 2014. Finalement, cela s'est traduit par une baisse de 23,5% de son chiffre d'affaires (CA) sur les trois premiers mois de l'an dernier. Ce qui démontre une fois de plus le caractère cyclique de l'activité. Le marché...

Le groupe belge continue d'"accompagner" efficacement le marché dans l'évolution attendue de ses chiffres. Nous connaissons peu d'entreprises cotées (belges) capables d'annoncer des mauvaises nouvelles aussi franchement que le producteur flamand de métiers à tisser. En marge de la publication de résultats record pour 2013, le groupe avait annoncé sans ambages qu'il escomptait un "net affaiblissement" du marché des métiers à tisser en 2014. Finalement, cela s'est traduit par une baisse de 23,5% de son chiffre d'affaires (CA) sur les trois premiers mois de l'an dernier. Ce qui démontre une fois de plus le caractère cyclique de l'activité. Le marché ne s'est toutefois pas montré surpris par le CA de 111,8 millions EUR réalisé au 1er trimestre. A comparer à un CA record de 146 millions EUR sur la même période l'an dernier. Par ailleurs, le groupe a souffert de la vigueur de l'euro par rapport à l'an dernier. La branche Industries (avec Proferro et PsiControl, mais aussi Melotte, un petit acteur en impression 3D) est parvenu à progresser et à séduire de nouveaux clients "externes", mais a confessé une demande plus faible dans les Weaving Machines. Pour la direction, ces chiffres sont en ligne avec les prévisions, puisque la prévision avancée lors de la publication des résultats annuels, selon laquelle son CA du 1er semestre 2014 serait comparable à celui du 1er semestre 2012 (CA de 219,1 millions EUR; -28% par rapport à 2013), a été confirmée. Pour la première fois, Tessenderlo Group (lire notre Portefeuille en p.12) est source de bonnes nouvelles. Comme vous le savez, l'an dernier, Picanol a surpris le marché en investissant son excédent de liquidités dans une participation de 27,5% dans Tessenderlo. Picanol est ainsi devenu en une seule fois le plus grand actionnaire de Tessenderlo Group. Le prix de rachat s'est élevé à 22 EUR par action. Après le trading update bien meilleur que prévu, le cours s'est hissé pour la première fois au-delà de ce prix d'achat. La participation de Tessenderlo Group dans la capitalisation totale de Picanol s'élève aujourd'hui à 38%. La valeur boursière des activités de métier à tisser totalise environ 300 millions EUR. La direction de Picanol a indiqué vouloir rester investie dans le groupe chimique sur le long terme mais n'a pas encore expliqué comment elle souhaitait en exploiter le potentiel. Quoi qu'il en soit, le groupe est proche de l'excellence opérationnelle. Pour rappel, l'an dernier, Picanol a enregistré un CA record de près de 560 millions EUR (21% de mieux que les 461,7 millions EUR de 2012). Son bénéfice net s'est hissé de 55,3 à 73,2 millions EUR (+32%) ou 4,13 EUR par action (à mi-parcours +68% ou 2,39 EUR par action). Cela dit, cette fois encore, le groupe n'a pas évoqué le versement d'un dividende.ConclusionNous devons donc nous retourner sur 2012 pour pouvoir avancer des prévisions pour cette année. Nous tablons donc sur un bénéfice proche de 3 EUR par action. Le cours demeure étonnamment solide car l'action est toujours bon marché, à un rapport C/B attendu de moins de 10 et surtout un ratio EV/EBITDA inférieur à 4. Le conseil est inchangé, même si nous n'avons pas d'ambitions démesurées par rapport au titre à court terme.Conseil: digne d'achatRisque: moyenRating: 1B