Pour réduire la cyclicité de Picanol, Luc Tack, CEO et actionnaire de référence, avait décidé en 2014 de faire du groupe l'actionnaire principal de Tessenderlo - un choix dont il s'est félicité mi-2020, car sans Tessenderlo, Picanol aurait signé un premier semestre désastreux. Mais les ventes de la division Machines&Technologies (l'ancien Picanol) ont amorcé au 2e semestre un redressement qui se confirme. Car après avoir reculé de 24% entre janvier et juin, le chiffre d'affaires (CA) issu des métiers à tisser a rebondi de 16% (de 215,6 à 250,7 millions d'euros) en glissement annuel, au 2e semestre; sur l'exercice, le recul se limite à 6% (de 478,4 à 451,3 millions d'euros). Grâce, notamment, à une meilleure maîtrise des coûts, le cash-flow opérationnel (Ebitda) ajusté s'est néanmoins amélioré de 6% (de 44,4 à 47,1...

Pour réduire la cyclicité de Picanol, Luc Tack, CEO et actionnaire de référence, avait décidé en 2014 de faire du groupe l'actionnaire principal de Tessenderlo - un choix dont il s'est félicité mi-2020, car sans Tessenderlo, Picanol aurait signé un premier semestre désastreux. Mais les ventes de la division Machines&Technologies (l'ancien Picanol) ont amorcé au 2e semestre un redressement qui se confirme. Car après avoir reculé de 24% entre janvier et juin, le chiffre d'affaires (CA) issu des métiers à tisser a rebondi de 16% (de 215,6 à 250,7 millions d'euros) en glissement annuel, au 2e semestre; sur l'exercice, le recul se limite à 6% (de 478,4 à 451,3 millions d'euros). Grâce, notamment, à une meilleure maîtrise des coûts, le cash-flow opérationnel (Ebitda) ajusté s'est néanmoins amélioré de 6% (de 44,4 à 47,1 millions d'euros), avec un recul de 52% (de 28,3 à 13,5 millions d'euros) au 1er semestre et un bond de 109% (de 16,1 à 33,6 millions d'euros) au deuxième. Le bénéfice opérationnel (Ebit) ajusté a même augmenté de 66% (de 22,8 à 33,1 millions d'euros). Pour rester en pole position, le groupe investit continuellement et a pu lancer en septembre la nouvelle TeryPlus-i, machine à tisser à jet d'air polyvalente, que les clients s'arrachent. Le CA du groupe Tessenderlo, réparti entre les divisions Agro, Biovalorisation, Solutions industrielles et la centrale électrique T-Power, a stagné au second semestre de 2020, après une hausse au 1er semestre. La division Agro, soit en premier lieu Tessenderlo Kerley, spécialisée dans les engrais à base de résidus de raffinage, a vu son CA reculer de 12% au 2e semestre (de 250,1 à 220,7 millions d'euros) et de 3% sur l'année (de 602,8 à 582,9 millions d'euros), mais reste la division phare en termes de CA et de contribution à l'Ebitda (125,6 millions d'euros en 2020, soit, en termes réels, 6% de plus qu'en 2019). Tessenderlo Kerley va construire une nouvelle usine d'engrais liquides à Geleen (Pays-Bas) et étudie également les possibilités en Europe de l'Est. Mais c'est la division Biovalorisation (transformation de déchets d'abattage et gélatine) qui a connu le redressement le plus spectaculaire par rapport à 2019; les conditions de marché favorables, mais surtout la rénovation des usines, et l'accent mis sur les produits à plus forte valeur ajoutée et la plus grande fiabilité des clients ont permis une hausse du CA de 6% en 2020 (de 543,1 à 575,7 millions d'euros) et un bond de 45% de l'Ebitda ajusté (de 49,6 à 81,9 millions d'euros). Une unité distincte (Violleau) misant sur le segment en pleine croissance des engrais organiques voit le jour.La division Solutions industrielles (systèmes de canalisations en plastique et traitement de l'eau) signe également une belle année. Malgré une augmentation limitée du CA (2%), l'Ebitda ajusté a progressé de 28% (de 38 à 53 millions d'euros). Enfin, la centrale à gaz T-Power a généré un CA en légère baisse, à 34,9 millions d'euros; plus efficace, elle dégage toutefois un Ebitda ajusté de 54,1 millions d'euros (+6%). Au total, le CA du groupe s'est replié de 1%, à 2,19 milliards d'euros, mais l'Ebitda ajusté a augmenté de 16% (de 279,9 à 361,7 millions d'euros) et le bénéfice s'établit à 55,4 millions d'euros (3,1 euros par action). La position de trésorerie a encore gonflé, à 345,9 millions d'euros. De nombreuses actions Tessenderlo ont été rachetées et le groupe a récemment annoncé avoir investi 45,4 millions d'euros pour une participation minoritaire (10%) dans le suisse Rieter, plus grand fournisseur mondial de systèmes de filature de fibres courtes. Aucun dividende ne sera versé. En tenant compte de la reprise des machines à tisser et d'un premier semestre plutôt stable pour le groupe Tessenderlo, nous préférons actuellement investir dans Picanol (digne d'achat; rating 1B) que dans Tessenderlo.Conseil: acheterRisque: moyenRating: 1BCours: 77,00 eurosTicker: PIC BBCode ISIN: BE0003807246Marché: Euronext BruxellesCapit. boursière: 1,36 milliard EURC/B 2020: 25C/B attendu 2021: 23Perf. cours sur 12 mois: +58%Perf. cours depuis le 01/01: +26%Rendement du dividende: -